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#213 : Le Fétichiste

Un cadavre féminin mutilé est porté à l'attention de Mulder par un agent du Minnesota, qui attribue ce crime à des extra-terrestres. Ne partageant pas ce point de vue, Mulder est malgré tout chargé de l'enquête lorsqu'une prostituée est assassinée selon le même mode opératoire. Mais alors qu'il mène son enquête, cette affaire commence à avoir un effet inquiétant sur le comportement de Scully.

Popularité


4.25 - 4 votes

Titre VO
Irresistible

Titre VF
Le Fétichiste

Première diffusion
13.01.1995

Première diffusion en France
03.11.1995

Vidéos

Irresistible, trailer

Irresistible, trailer

  

Photos promo

Dana s'effondre, en pleurs, dans les bras de Fox

Dana s'effondre, en pleurs, dans les bras de Fox

Donald

Donald "Donnie" Pfaster - Le Fétichiste

Scully a été kidnappée

Scully a été kidnappée

Plus de détails

Réalisation:
David Nutter

Scénario:
Chris Carter

Guest stars:
Nick Chinlund (Donald Addie Pfaster),

Glynis Davies (Ellen),

Deanna Milligan (Satin),

Tim Progosh (M. Fiebling),

Christine Willes (L'agent Karen Kosseff)...

 

213 - Le fétichiste

 

À Minneapolis, Donnie Pfaster, un fétichiste, travaille pour les pompes funèbres. Il coupe les cheveux d’une jeune fille récemment décédée.

Le cercueil d’une femme, Catherine Ann Terle, a été profané. Ses ongles et ses cheveux ont été coupés. Cette affreuse profanation terrorise Scully au point où elle a de la difficulté à enquêter sur cette affaire. Mulder émet l’hypothèse que le fétichiste tuera bientôt afin de se procurer des cadavres et lorsqu’il aura goûté à la chaleur d’un corps vivant, il ne pourra plus s’en passer.

Donnie assassine une prostituée, voyant que ses cheveux sont bien traités et que ses ongles sont impeccables. Lorsque Mulder, Scully et Bocks (agent les aidant dans cette affaire) retrouvent le corps, les cheveux et les ongles ont été arrachés.

En assistant à un cours, Pfaster aborde et se montre trop insistant auprès d’une jeune femme nommée Coed. Il se retrouve en prison. Dans un rêve, Scully se voit sur une table d’autopsie, elle ouvre les yeux et voit un démon. Le téléphone sonne, c’est Mulder la prévenant qu’un homme a été arrêté, mais malheureusement, ce n’est pas lui. Pfaster est son voisin de cellule, il demande les noms des agents, le suspect se souvient seulement du nom de Scully. Un gardien vient libérer Pfaster, Coed a retiré sa plainte. Scully se concentre sur les preuves, elle retourne à Washington et trouve une empreinte sur la prostituée. Elle avertit son partenaire.

Avant de retourner à Minneapolis, Scully rencontre un psychologue, Mme Kosseff. Elle lit en elle : Scully est vulnérable après tous les évènements qu’elle a vécus, elle demande de l’aide parce qu’elle est incapable de régler son problème seule. Elle n’ose pas parler de sa peur à Mulder parce qu’il se sentirait obligé de la protéger, de plus, elle ne veut pas le perturber avec ses ennuis. Scully désire retrouver sa force.

Grâce à l’empreinte de Scully, les policiers font une descente chez Pfaster, il est absent, mais ils trouvent des cheveux. À ce moment, Scully arrive à Minneapolis et loue une voiture. Pfaster la suit et provoque un accident, il l’enlève. Pendant ce temps, Mulder s’inquiète de l’arrivée tardive de Scully. Un agent vient prévenir Bocks et Mulder que la voiture a été trouvée, mais sur les lieux de l’accident, Scully n’est pas là, mais de la peinture blanche est retrouvée sur la voiture de l’agent.

À l’appartement de Pfaster, Scully est attachée et effrayée. Lorsqu’elle regarde le visage de Donnie, elle voit un démon. Au commissariat, Bocks reçoit les analyses de la voiture, rien ne les aide. Mulder apprend que personne n'a vu Scully sortir de l’agence de location. En cherchant où habite la mère de Pfaster, ils découvrent qu’elle est morte voilà un an et que sa dernière voiture est de couleur blanche.

Chez Donnie, Scully revoit le démon. Se tenant près d’un escalier, elle attaque Pfaster et ils tombent tous les deux dans l’escalier. À ce moment, les policiers entrent dans la maison. Pfaster est arrêté et Mulder aide Scully à libérer ses poignets. Elle s’effondre dans les bras de Mulder en pleurant, laissant enfin échapper toutes ses frayeurs accumulées depuis son enlèvement. En conclusion, Donnie est enfermé dans sa cellule.

SCÈNE 1

POMPES FUNÈBRES JANELLI-HELLER

Une adolescente se tient devant la chaire et prononce un difficile éloge funèbre.

Jeune femme : ... Je pense que nous éprouvons tous un sentiment de vide, pas seulement dans nos cœurs, mais aussi dans nos vies. Tout le monde aimait Jennifer, non seulement parce que c'était une personne exceptionnelle... mais aussi parce que c'était le genre d'amie qui était toujours là pour vous. Tu vas nous manquer, Jennifer. Ton sourire va nous manquer... ton rire et ton sens de l'humour vont nous manquer. Le temps que nous aurions pu passer ensemble va nous manquer. Nous garderons ces souvenirs près de nos cœurs jusqu’à ce que nous nous retrouvions dans le Royaume de Dieu.

Les personnes en deuil défilent devant le cercueil.

Plan sur Donnie Pfaster, un employé des pompes funèbres, debout près d’une porte sur le côté de la chaire. Son regard trahit une intense fascination. Cette expression s’évanouit lorsque Jackson Toews, son supérieur, s’approche de Donnie.

Toews : (à voix basse) La famille a demandé une célébration funéraire dès maintenant. J’ai reporté l’inhumation à demain après-midi. Nous garderons le corps ici cette nuit.

Les personnes en deuil sont désormais parties. Donnie s'approche du cercueil et regarde la jeune fille.

Donnie : (sincèrement)  Quelle belle jeune fille.

Donnie caresse tendrement les cheveux de la jeune fille, puis referme le couvercle.

Plan sur le funérarium, de nuit. Jackson Toews entre dans une pièce sombre, à la recherche de quelque chose. Il entend un bruit, se retourne et scrute l'obscurité.

Toews : Il y a quelqu'un ?

La pièce est silencieuse. On entend le bruit d'un cercueil qui se referme.

Toews : (il est maintenant vraiment effrayé) Qui est là ? (Une silhouette sombre se déplace entre les cercueils.) J'ai dit : qui est là ?

La silhouette ressemble à celle d’une créature démoniaque, semblable à une gargouille. Toews se retourne, terrifié, trouve l’interrupteur et allume la lumière. Il se retourne pour voir 

Toews : (surpris) Donnie ? Qu’est-ce que vous faites ici si tard ? 

Donnie : Je travaille.

Toews : (remarquant une paire de ciseaux dans la main de Donnie) Vous travaillez ? À cette heure-ci ? (remarquant une traînée de mèches de cheveux blonds éparpillées sur le sol) Mais qu'est-ce que vous faisiez ? (ouvrant le cercueil, pour découvrir que les cheveux de la jeune fille morte ont été coupés) Fichez le camp d'ici, espèce de monstre ! Fichez le camp, et ne revenez pas!

Donnie se retourne et s'éloigne, un sourire démoniaque sur le visage.

 

SCÈNE 2

CIMETIÈRE

Mulder, Scully et l'agent spécial Moe Bocks se dirigent vers une tombe.

Bocks : … J’ai reçu un appel de la police de Minneapolis, qui voulait que le FBI vienne jeter un œil. Dès qu’il y a un truc un peu bizarre, c’est comme ça : on appelle Moe Bocks. Comme si j’étais copain avec tous les cinglés de la ville. Je me suis donc précipité ici pour voir ce qu'il en était, et j'ai été stupéfait par ce qu'on m'a montré. En vingt-deux ans, je n'ai jamais rien vu de tel. J'ai jeté un coup d'œil au cadavre et j'ai tout de suite appelé mon pote Andi Schnider, au MUFON. Vous connaissez Andi ?

Mulder : Non.

Bocks : Eh bien, lui, il vous connaît.

Mulder : Pourquoi avez-vous appelé le MUFON ?

Bocks : Je voulais savoir s’il y avait eu beaucoup d'activités OVNI dans la région.

Mulder : Vous pensez que cette tombe a été déterrée par des extraterrestres, Agent Bocks ?

Bocks : Elle présente toutes les marques caractéristiques, vous ne trouvez pas ? Je veux dire, si l'on en croit la littérature.

Mulder : La littérature ?

Bocks : Vous savez bien. La façon dont les cheveux et les ongles ont été coupés. Un peu comme dans les cas de mutilations de bétail.

Scully est visiblement bouleversée à la vue du corps.

Mulder : Je suis désolé de vous décevoir, Agent Bocks, mais ça ne me semble pas être l'œuvre d'extraterrestres.

Bocks : (déçu) Ah bon ? Comment pouvez-vous en être sûr ?

Mulder : J'ai déjà vu ce genre de chose. Quand je travaillais à la Section des Crimes Viiolents. La personne qui a déterré ça a probablement utilisé une pelleteuse. Si vous preniez des empreintes du sol dans cette zone, vous trouveriez sûrement des traces récentes et nettes provenant d'un garage quelque part par ici.

Bocks : Vous pensez ?

Mulder : Il travaille peut-être ici, mais c'est peu probable. Par contre, il a sûrement déjà travaillé dans un cimetière ou une morgue à un moment ou à un autre. Il s'est sans doute déjà fait prendre, mais vous ne trouverez aucune trace de ça. Ce n'est pas très bon pour les affaires quand ce genre d'histoires se répandent.

Bocks : (pour être sûr) Vous dites qu'un humain est responsable de tout ça ?

Mulder : Si on peut l'appeler comme ça.

Bocks : (embarrassé) Eh bien, je me sens vraiment idiot.

Scully jette un dernier regard dans la tombe ; cette image lui donne un frisson glacial. Mulder et Scully retournent à leur voiture, tandis que Bocks reste sur place.

Mulder : Ça va, Scully ?

Scully : Oui… J’ai lu des articles sur des cas de profanation de cadavres, mais c’est la première fois que j’en vois un.

Mulder : Rien ne peut te préparer à ça. C'est presque impossible à imaginer.

Scully : Pourquoi font-ils ça ?

Mulder : Certaines personnes collectionnent les salières et les poivrières. Les fétichistes collectionnent les choses mortes. Des cheveux, des ongles... personne ne sait vraiment pourquoi. Même si, personnellement, je n'ai jamais vraiment compris l'intérêt des salières et des poivrières.

Scully : (regarde Mulder avec curiosité) Parfois, tu me surprends, Mulder.

Mulder : Pourquoi ?

Il ouvre la portière de la voiture pour Scully, puis fait le tour du véhicule pour monter.

Scully : Pourquoi cela ne t'a-t-il pas choqué tout à l'heure ?

Mulder : Je m'y étais préparé avant de quitter Washington.

Scully : (elle lui lance un regard ; ils sont maintenant dans la voiture) Tu savais dès le début que cela n'avait rien à voir avec les ovnis ?

Mulder : Je m'en doutais.

Scully : Mulder, on a pris l'avion pendant trois heures pour venir ici. Notre avion ne repart que demain soir. Si tu t'en doutais, pourquoi...

Mulder : (sort deux billets de sa poche) Les Vikings contre les Redskins, au Metrodome. Ligne des 40 yards, Scully. Toi et moi.

 

SCÈNE 3

FICICELLO FAMILY FROZEN FOODS

Marilyn est assise derrière un bureau et mène un entretien avec Donnie Pfaster.

Marilyn : Vivez-vous depuis longtemps dans la région des Twin Cities, M. Pfaster ?

Donnie : J'ai grandi ici. Je suis parti pendant quelques années.

Marilyn : Quel métier exerciez-vous auparavant ?

Donnie : Cosmétique. Coiffure et maquillage.

Marilyn : Oh, c'est intéressant.

Donnie : Si vous me permettez cette remarque, la couleur de votre rouge à lèvres est ravissante. C'est « Eté Indien » ?

Marilyn : (flattée) Oui. Oui, c'est ça. Vous postulez pour un poste de livreur...

Donnie : Pour financer mes études. J'ai repris mes études.

Marilyn : (sourit, en notant cela) Qu'est-ce que vous étudiez ?

Donnie : Les religions comparées.

Marilyn : Oh. Êtes-vous croyant vous-même ?

Donnie : Oui. Très.

Marilyn : (sourit, se penchant en avant) Je ne devrais probablement pas vous dire ça, mais M. Ficicello accorde beaucoup d’importance aux convictions religieuses. Il est très fier de l’honnêteté de ses employés.

Donnie : Pouvez-vous le mentionner sur ma lettre de candidature ?

Marilyn : Je joindrai une petite note.

Elle lui fait un clin d’œil.

Donnie : Merci.

 

SCÈNE 4

L'agent Bocks est assis dans son bureau et regarde le match entre les Vikings et les Redskins. Scully et Mulder entrent. Bocks baisse le son de la télévision.

Bocks : Je suis content d'avoir pu vous rattraper avant votre départ.

Mulder fixe l'écran muet d'un air envieux.

Bocks : (tendant un dossier à Scully) On a trouvé d'autres dépouilles exhumées.

Scully : Avez-vous reçu le rapport médico-légal sur celui-ci ?

Bocks : (acquiesçant) Il y avait bien quelqu'un dans la tombe. Il a coupé les cheveux avec des ciseaux crantés. Je ne sais pas trop quoi penser de ce type.

Mulder : combien de corps au total ?

Bocks : Trois ces deux derniers jours.

Mulder : Que pouvez-vous me dire d'autre sur l'examen des corps ?

Bocks : Les cheveux ont été coupés sur la tête de deux des corps. Sur le troisième, les ongles ont été arrachés avec ce qui ressemble à une pince à bec fin.

Scully regarde les photos contenues dans le dossier et se voit parmi les victimes ! Une vague de nausée l'envahit. Elle pose le dossier sur le bureau et quitte la pièce. Mulder le remarque.

Mulder : Bon, je veux que vous rédigiez une note confidentielle à l'attention de tout le personnel de ce bureau et de tous les services de police de l'agglomération.

Bocks : Pour dire quoi ?

Mulder : Que les Twin Cities ont affaire à un fétichiste de plus en plus actif.

Bocks : Un quoi ?

Mulder : Un fétichiste de plus en plus actif. La sécurité doit être renforcée autour des cimetières de la ville. Les morgues, les pompes funèbres et les hôpitaux doivent être prévenus. Il faut lancer un avertissement concernant la présence possible d'un agresseur dans la région.

Bocks : (hésitant) On n'est pas à New York, Agent Mulder. Ici, les gens laissent encore leurs portes ouvertes. Ça va leur faire peur.

Mulder : Vous pouvez omettre les détails les plus macabres dans votre communiqué de presse.

Bocks : Pourquoi voulez-vous semer la panique, de toute façon ? Je veux dire, si ce type ne s'en prend qu'aux morts...

Mulder : Sa pulsion devient de plus en plus forte. Il pourrait en venir à commettre des meurtres pour se procurer des cadavres. Une fois qu'il aura goûté à un corps chaud, il en voudra probablement davantage.

Bocks : (secouant la tête) Peut-être que je suis resté trop longtemps isolé ici, dans le Grand Nord.

Mulder : Comment ça ?

Bocks : Les gens se demandaient pourquoi ils avaient mis autant de temps à attraper ce gamin à Milwaukee. Ils pensaient que quelqu’un aurait remarqué qu’il tuait ces jeunes garçons. En réalité, ils refusaient de croire que ça puisse arriver.

Mulder : Si vous attrapez ce type avant qu’il ne tue, ils pourront peut-être continuer à croire ça.

Bocks : J'ai bien peur que nous n'ayons ni les effectifs ni l'expertise nécessaires pour agir rapidement. Ça va être difficile de rassembler tout le monde un samedi. Il faudra peut-être attendre lundi ou mardi avant que tout soit prêt.

Devant le bureau, Scully est assise seule, l'air troublé. Elle sursaute quand Mulder se penche par la porte, mais elle ne le regarde pas.

Mulder : Je vais annuler notre vol. On a du travail ici. (Scully fixe le vide, toujours sans le regarder.) Scully ?

Scully : J'arrive tout de suite.

Mulder retourne à l'intérieur, tandis que Scully reste là, bouleversée.

 

SCÈNE 5

BUREAU DE L'AGENT BOCKS

Sur l'écran d'un ordinateur s'affichent des informations concernant toutes sortes de meurtriers et de psychopathes, accompagnées de leurs photos.

Voix off de Scully : Il n'existe pas de modèle complet ni de profil psychologique type du fétichiste de la mort. D'après les données issues des dossiers de l'Unité des sciences comportementales du FBI, cette pulsion résulte d'un déséquilibre complexe des valeurs et du non-respect des normes culturelles et des mœurs sociales – souvent accompagné d'une aliénation extrême vis-à-vis des interactions sociales normales et des formes traditionnelles de relation avec les autres. Il s'agit le plus souvent d'un homme blanc, doté d'une intelligence dans la moyenne ou supérieure à la moyenne. Des cas de fétichistes ayant un QI supérieur à 150 ont été recensés. L'évolution de la pathologie peut être retracée depuis le stade du fantasme jusqu'à la mise en œuvre finale des pulsions fétichistes, y compris l'homicide opportuniste. L'agent Mulder est fermement convaincu que le suspect dans cette affaire s'achemine vers ce type d'acte. D'après la lecture de ces dossiers, je pense que le fétichisme de la mort pourrait jouer un rôle plus important qu'on ne le soupçonne dans les cas de meurtres en série. Une fois qu'il commence à tuer, c'est le meurtre lui-même qui détourne l'attention d'un mobile plus profond. Un mobile que la plupart des gens, y compris les forces de l'ordre, n'osent pas imaginer. Il est en quelque sorte plus facile de croire, comme le fait l'agent Bocks, aux extraterrestres et aux ovnis, qu'à ce genre de monstre inhumain et de sang-froid capable de tuer des vivants pour se nourrir de leurs cadavres.

 

SCÈNE 6

Donnie Pfaster roule dans sa voiture, dans une rue bordée de prostituées. Il s'arrête près de deux prostituées, dont l'une (Satin) se penche en s'appuyant contre la voiture.

Satin : Salut.

Donnie : Salut.

Satin : Tu cherches quelqu'un pour passer la nuit ?

Donnie : Oui.

Satin : Tu veux te garer au coin de la rue là-bas ?

Donnie : Je suis intéressé pour quelques heures.

Satin : (souriant) Où as-tu envie d'aller ?

 

SCÈNE 7

APPARTEMENT DE DONNIE

Donnie et Satin entrent. C'est un appartement ordinaire.

Satin : (se serrant dans ses bras) Tu n'as pas de chauffage ici ? Il fait un froid de canard.

Donnie : Le chauffage est en panne. Je vais te faire couler un bain.

Il se dirige vers la salle de bains.

Dans la salle de bain de Donnie, de petites bouteilles de shampoing et de savon sont soigneusement disposées sur le rebord de la baignoire. L'eau coule, Donnie ajoute du bain moussant dans l'eau. Satin entre.

Donnie : Tes cheveux sont-ils traités ?

Satin : Quoi ?

Donnie : As-tu besoin d'un shampoing pour les cheveux traités chimiquement ?

Satin : Tu veux que je me lave les cheveux ?

Donnie : Je suis prêt à payer un supplément si c'est quelque chose d'inhabituel.

Satin : (elle le regarde, puis se baisse pour retirer ses chaussures à talons hauts. Ses ongles sont longs et vernis en rouge vif)  Personne ne m'a jamais demandé ça.

Le téléphone sonne dans une autre pièce de la maison.

Donnie : (il sort de la salle de bains) Excuse-moi. (Dans sa chambre, il répond au téléphone.) Allô.

Marilyn : Est-ce M. Pfaster ?

Donnie : Oui.

Marilyn : Bonjour, c'est Marilyn de Ficicello Frozen Foods. Désolée de vous déranger si tard, mais j'appelle pour vous dire que vous êtes embauché, M. Pfaster. Nous aimerions que vous commenciez tout de suite.

Satin : (arrivant dans le couloir) Hé, qu'est-ce qui se passe ici ? L'eau est glacée. (elle entre dans la chambre, vêtue uniquement d'une serviette. Son expression se transforme en une expression de terreur) Oh mon Dieu...

La chambre de Donnie est remplie de couronnes funéraires, dont la plupart sont fanées. Il regarde Satin calmement.

Marilyn : (au téléphone) M. Pfaster… ?

Donnie : Oui. C’est une excellente nouvelle. Merci beaucoup.

Il raccroche le téléphone et regarde Satin, qui recule dans le couloir.

Satin : Ne t’approche pas de moi ! Laisse-moi tranquille !

Donnie se lève et s’avance vers elle.

 

SCÈNE 8

Dans une ruelle, la nuit, des voitures de police sont garées tout autour ; on aperçoit un corps recouvert de draps de satin bleu.

Bocks : On attend toujours que quelqu’un identifie le corps. (S’approchant avec Mulder et Scully) À en juger par le quartier, je dirais qu’il s’agissait probablement d’une prostituée.

La prostituée, qui se tenait aux côtés de Satin lorsque Donnie l'a prise en stop, s'approche, aperçoit le corps et devient hystérique.

La prostituée : Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! Qui lui a fait ça ? Qui a fait ça ?

Elle est emmenée de force.

Mulder : C'est lui ?

Bocks : On dirait bien. Une entaille au couteau sur toute la longueur du torse. Tous ses cheveux ont été coupés. Il lui a arraché les ongles. Mais cette fois, il lui a aussi coupé quelques doigts. Vous voulez voir le corps ?

Mulder s'avance vers le corps, Scully ne le suit pas. Il se retourne vers elle.

Scully : J'ai besoin d'une minute.

 

SCÈNE 9

DANS UN BEAU QUARTIER

DE JOUR

Donnie Pfaster, vêtu de son uniforme de livreur, sort d’un véhicule de livraison avec un bac de produits surgelés. Il se dirige vers l’une des maisons et frappe à la porte. Une femme vient ouvrir.

Donnie : Bonjour. Je suis votre nouveau livreur.

Ellen : Oh, bonjour. Entrez. (Ils se dirigent tous les deux vers la cuisine. Donnie commence à ranger les produits dans le congélateur, tandis qu’Ellen étale de la pâte à cookies sur des plaques en métal.) On vous a confié l’ancien secteur de Skip ?

Donnie : Oui, madame. Je crois bien. Je viens de commencer dans l’entreprise.

Ellen : Skip nous livrait depuis si longtemps qu'on pensait qu'il serait toujours là. Avant même que les enfants naissent. (Lisa, la fille d'Ellen, entre dans la cuisine.) Lisa, voici…

Donnie : Donnie. Donnie Pfaster.

Lisa : Oh, salut. (à sa mère) Je vais chez Steve, maman.

Ellen : D'accord. Amuse-toi bien.

Lisa : (à Donnie) Salut.

Donnie : Salut.

Il la regarde s'en aller.

Ellen : (à Donnie, après le départ de Lisa) Nous avons trois filles.

Donnie : Oh. (il sourit poliment en fermant la porte du congélateur) Excusez-moi, mais puis-je utiliser vos toilettes pour me laver les mains ?

Ellen : Oh, bien sûr. Il y a des toilettes en bas, près de la véranda.

Dans la salle de bains , Donnie se lave soigneusement les mains. Il les sèche, puis baisse les yeux vers une poubelle. Il se penche, la soulève et y plonge la main. Il en retire une boule de poils, la regarde avec tendresse et la porte à son visage pour en sentir la texture. Il la glisse ensuite dans sa poche et repose la poubelle. Il se retourne pour sortir et, lorsqu'il ouvre la porte, il se retrouve nez à nez avec Ellen.

Ellen : Je voulais juste vous dire que, lorsque nous ne sommes pas à la maison, nous laissons toujours la porte de derrière ouverte ici.

Donnie : Oh, d'accord. Je m'en souviendrai.

 

SCÈNE 10

MORGUE DU COMTÉ

Un groupe d'hommes (médecins et médecins légistes) se tient autour du corps d'une prostituée décédée, recouvert d'un drap de satin, sur la table d'autopsie. Scully entre pour procéder à l'autopsie ; tous les hommes lui font place en silence.

Voix off de Scully : La mort est un événement immuable. Que ce soit pour des raisons naturelles ou non, lorsqu’un corps cesse de fonctionner, la cause de cet événement peut être clairement établie. Un corps a une histoire à raconter.

Elle repousse le drap de satin et allume le micro au-dessus de la table d’autopsie.

Scully : Il est 11 h 14, lundi 14 novembre. La défunte est une femme d'une vingtaine d'années...

Sa voix s'éteint.

Voix off de Scully : Si la victime a été étranglée, l'examen des veines oculaires le révélera. Si la victime a été abattue, les blessures d'entrée et les résidus de poudre peuvent servir à reconstituer les événements ayant conduit au décès et aider à établir un mobile éventuel. La température corporelle, de préférence celle de la rate, est un indicateur précis de l'heure du décès. Tout comme la rigidité cadavérique, les lividités et le taux de sodium dans le sang. Si le corps a été déplacé, le sable, les petits cailloux, les débris végétaux, voire le pollen, peuvent être prélevés et analysés pour déterminer l'emplacement de la scène de crime d'origine et situer la position du corps au moment du décès. Les taches et résidus extra cutanés peuvent indiquer l'utilisation de poison ou de toxines. Les cheveux et les fibres, les éclats de verre, le plastique, voire les exosquelettes d'insectes peuvent servir à reconstituer les circonstances dans lesquelles le décès s'est produit. (Scully est désormais assise devant l'ordinateur de l'agent Bocks ; ses paroles sont retranscrites à l'écran.) Il est peut-être ironique, et seuls ceux d'entre nous qui menons ces examens et utilisons ces éléments pour reconstituer un récit peuvent le comprendre, que la mort, tout comme la vie elle-même, soit un drame avec un début, un milieu et une fin.

Au terme de cet examen, je suis d'avis que la victime a été victime d'un homicide commis dans le but exprès de lui prélever les cheveux et les ongles. (On entend toujours la voix off de Scully, mais on voit désormais Mulder lire un document sur l'ordinateur de Scully.)  L'heure du décès ne peut être déterminée avec précision en raison de ce qui, selon moi, doit avoir été une immersion dans un environnement froid, très probablement de l'eau. La mort est survenue à la suite d'une hémorragie et d'un traumatisme causés par une profonde blessure au couteau qui a sectionné l'artère pulmonaire. Parmi les preuves examinées, aucun élément ni aucune combinaison d'éléments ne permet de dresser un portrait clair du meurtrier, si ce n'est le mobile suggéré par la nature bizarre du crime. Pour mémoire, j'estime également qu'à l'exception des homicides d'enfants, qui peuvent être plus tragiques et odieux, il s'agit là d'un des meurtres les plus violents et les plus déshumanisants qu'on puisse imaginer.

Mulder lève les yeux de la page ; il se trouve désormais dans une salle d’identification.

Il se tient aux côtés de l’agent Bocks et de la deuxième prostituée.

Bocks : (à la prostituée) Regardez attentivement chaque homme.

Prostituée : (secoue la tête) Il avait l’air tout à fait normal. Il n’avait pas l’air d’un monstre.

Bocks : Vous vous souvenez du type de voiture qu'il conduisait ? De sa couleur ?

Prostituée : Je crois qu'elle était blanche.

Bocks : D'accord, vous pouvez y aller. Laissez-nous juste un numéro et une adresse où on pourra vous joindre.

Prostituée : Vous allez attraper ce type ?

Bocks : (peu convaincant) On va l'attraper.

Mulder : Ce serait peut-être le moment idéal pour prendre ces congés payés que le patron vous doit.

Prostituée : Ouais. C'est ça.

Elle quitte la pièce.

Bocks : (à Mulder) Si ce type a l'air d'un type normal et s'il n'a pas de casier, il va être pratiquement impossible à retrouver.

Mulder : Jusqu'à ce qu'il tue à nouveau. Ou jusqu'à ce qu'on arrive à déterminer ce qui le motive.

Bocks : J'ai lu votre profil. On dirait un type incapable de séduire les femmes. Ce qui expliquerait la prostituée.

Mulder : La prostituée, c'était juste un prétexte. Ce type n'est pas à la recherche de sexe. Il cherche des trophées. Sa victime était une jeune femme séduisante. Les cadavres qu'il a déterrés étaient ceux de jeunes femmes. Pourtant, il n'y a aucune trace d'activité sexuelle. Qu'est-ce qui alimente son besoin ? Pourquoi les cheveux et les ongles sont-ils si importants pour lui ? C'est comme si leur mort ne lui suffisait pas. Il doit les profaner. Il y a une psychose plus profonde à l'œuvre ici. Et de la colère envers les femmes, peut-être envers sa mère.

Bocks : Je dirais qu'elle serait plutôt furieuse contre lui, elle aussi.

Mulder : La prochaine étape consiste à appeler tous les établissements psychiatriques. Voir s'ils ont des dossiers de patients présentant des pathologies similaires. Ce genre de tueur ne se fait pas du jour au lendemain. Il nourrit ce fétichisme depuis des années.

 

SCÈNE 11

UNE SALLE DE CLASSE

LA NUIT

Le Professeur : … la nécessité des récits, des mythes ou des légendes dans une culture est presque universelle. Nous considérons les mythes comme des éléments qui divertissent ou instruisent, mais leur fonction profonde est souvent d’expliquer, ou de rendre imaginaires, des souhaits, des désirs ou des comportements que la société jugerait autrement inacceptables. Les mythes dissimulent souvent des pensées tout simplement trop terribles pour être envisagées, mais comme elles sont transmises sous le couvert d’une fausse réalité – l’histoire –, ces pensées deviennent une fiction inoffensive.

Donnie est assis au fond de la classe. Il fixe une jolie étudiante blonde aux cheveux courts assise au premier rang. Elle touche son cou ; ses ongles sont limés, longs et vernis. L’enseignant poursuit.

Le Professeur : Prenons par exemple les contes que nous racontons aux enfants, comme Blanche-Neige ou Alice au pays des merveilles. Les thèmes sous-jacents, où la reine ordonne « qu’on lui coupe la tête », ou où le prince réveille la Belle au bois dormant d’un baiser, sont ce que Freud qualifierait d’imagination de la mort/du désir.

 

SCÈNE 12

PARKING

La jolie étudiante se dirige vers sa voiture et ouvre la portière. Donnie apparaît de l'autre côté de la voiture et la surprend.

Donnie : Excuse-moi. Je suis dans ton cours de mythologie.

Étudiante : Oh.

Donnie : Je m'appelle Donnie. Je suis assis quelques rangées plus loin. Tu m'as peut-être déjà vu.

Étudiante : Je... je ne sais pas. Je...

Donnie : Je sais. Tu es assise devant. C'est juste que... (se déplaçant vers son côté de la voiture) J'allais à ma voiture, et je t'ai vue, et... est-ce qu'il nous a demandé de lire les chapitres dix et onze, ou onze et douze ?

Étudiante : Oh, je crois que c'était... (Elle fouille dans son sac pour vérifier dans son cahier.) C'était les chapitres dix et onze.

Donnie : Oh, merci.

Étudiante : (Elle remet le cahier dans son sac. Entre-temps, Donnie s'est rapproché d'elle et l'a coincée dans l'étroit espace formé par la portière ouverte.) Je dois y aller maintenant.

Elle essaie de retirer la portière de la voiture des mains de Donnie, mais n'y parvient pas.

Donnie : Ne pars pas.

Étudiante : (avec colère) Lâche la portière ! (Donnie fait un pas vers elle, et elle lui donne un coup de genou dans l'aine, suivi d'un coup de poing, qui l'envoie au sol. Elle hurle) À L'AIDE !!! QUELQU'UN !!!

 

SCÈNE 13

MORGUE DU COMTÉ

Le corps repose sur la table d'autopsie, recouvert d'un drap de satin. L'agent Scully entre, vêtue de sa tenue d'autopsie, et s'approche du corps. Elle retire le drap et, le visage horrifié, elle voit... Elle-même ! allongée sur la table d'autopsie. Du point de vue de Scully morte, on voit la silhouette démoniaque du début, là où se tenait Scully lorsqu'elle examinait le corps. Le téléphone se met à sonner.

CHAMBRE DE MOTEL

Scully se redresse d'un coup dans son lit, se réveillant d'un cauchemar. Elle répond au téléphone qui sonne.

Scully : Allô.

Mulder : Scully, c'est moi. Ils ont arrêté quelqu'un qu'ils pensent être notre homme.

Scully : (toujours sous le choc) Je m'habille.

 

SCÈNE 14

AILE DE LA PRISON

LA NUIT

Scully, Mulder et Bocks avancent dans le couloir de la prison, en direction d’une cellule.

Bocks : Il a des antécédents d’agression. Un agent de sécurité qui a été témoin de la scène a appelé le 911. Elle l’a gravement blessé.

Ils arrivent devant la cellule et jettent un œil à l’intérieur. L’homme qui s’y trouve n’est pas Donnie. Il a une entaille de couteau qui lui barre la joue et le nez.

Mulder : Qui l'a poignardé ?

Bocks : Une prostituée. Elles ont toutes des couteaux sur elles depuis ce qui s'est passé.

Ils entrent dans la cellule. Derrière eux, dans une autre cellule, Donnie se tient debout, le visage appuyé contre les barreaux. Il fixe Scully avec le même regard qu'auparavant. Au bout d'un moment, les agents quittent la cellule de l'autre homme et s'éloignent de quelques pas des barreaux.

Mulder : Ce n'est pas lui.

Bocks : Je croyais qu'on l'avait.

Ils s'apprêtent à partir, tandis que Donnie continue de fixer Scully. Elle se retourne, sentant son regard. Elle le regarde, puis se détourne, bouleversée. Ils atteignent tous la porte.

Scully : Mulder, je peux te parler un instant ?

Mulder : Oui.

Scully regarde Bocks ; elle souhaite parler à Mulder en tête-à-tête.

Bocks : (comprenant le message) : Je vous attends dehors. 

Il sort.

Scully : Je pense que je mènerais mieux cette enquête si je me concentrais sur les preuves.

Mulder : Que suggères-tu ?

Scully : Que je ramène le corps à Washington. J'aimerais le faire analyser par le laboratoire de police scientifique là-bas. Tu connais ces gars-là, ils peuvent extraire une empreinte...

Mulder : Si cette affaire te pose problème, Scully, je veux que tu me le dises.

Scully : Ça ne me pose aucun problème, Mulder.

Mulder : Je comprendrais, Scully. Ce n'est pas vraiment facile à digérer.

Scully : Tout va bien. Vraiment. Je pense juste qu'on est loin d'avoir attrapé ce type. Si on pouvait avoir une empreinte, on aurait une piste. Pour l'instant, on est dans l'impasse.

Mulder : (sachant qu'elle cache quelque chose) Je pense que c'est une bonne idée. (Il pose sa main sur son épaule.) Je ne veux juste pas que tu penses que tu dois me cacher quoi que ce soit, Scully. J'ai vu des agents avec vingt ans d'expérience s'effondrer sur des affaires comme celle-ci.

Scully : (doucement) Je vais bien, Mulder. Je peux gérer ça.

Elle s'écarte doucement de sa main, et ils partent tous les deux.

Donnie : (à l'homme de la cellule voisine, à qui les agents s'adressaient) Hé, comment tu t'appelles ?

Suspect : C'est à moi que tu parles ?

Donnie : Ouais. C'étaient des agents du FBI ?

Suspect : Ouais.

Donnie : Qu'est-ce qu'ils t'ont demandé ?

Suspect : Ils pensaient que j'étais un taré qui déterrait des cadavres. Mec, j'ai déjà assez d'ennuis comme ça.

Donnie : Comment s'appelaient-ils ?

Suspect : Qui ?

Donnie : Les agents les plus jeunes.

Suspect : Euh... Je ne me souviens pas de son nom, mais elle s'appelait Scully, comme ce commentateur de baseball.

Un gardien s'approche et ouvre la cellule de Donnie.

Gardien : Allez, venez, M. Pfaster.

Donnie : Où ça ?

Gardien : La plaignante a retiré sa plainte contre vous. On vous libère dès que vous aurez parlé à l'assistante sociale du service de psychiatrie.

 

SCÈNE 15

SIÈGE DU FBI

LABORATOIRE D'ANALYSE DES EMPREINTES DIGITALES

Expert : (examinant un morceau de satin à l'aide de lunettes grossissantes) À première vue, il n'y a pas grand-chose à exploiter. Le satin ne retient pas très bien les empreintes. Il pourrait y avoir une empreinte latente quelque part dans ces taches de sang, mais je soupçonne que le tueur portait des gants.

Scully : Le corps a été transporté sur mon vol.Il devrait être là d'ici une heure.

Expert : Nous y jetterons un œil. Combien de temps restez-vous en ville, agent Scully ?

Scully : J'ai réservé un vol de retour pour Minneapolis ce soir. Mais je vais peut-être l'annuler.

Expert : J'ai mis tout le reste de mon travail de côté.

Scully hoche la tête et sort.

 

SCÈNE 16

SIÈGE DU FBI

Scully avance dans un couloir. Elle arrive devant une porte sur laquelle est inscrit : « Programme d’aide aux employés, K. Kosseff, psychologue clinicienne agréée ». Scully jette un coup d’œil autour d’elle pour s’assurer que personne ne la regarde, puis entre. Scully est assise en face de Karen Kosseff, en proie à ses émotions.

Scully : Vous pensez avoir trouvé le moyen de gérer ce genre de choses. À la fac de médecine, vous développez une certaine distance clinique face à la mort. Pendant votre formation au FBI, vous êtes confrontée à des affaires, les plus terribles et les plus violentes qui soient. Vous pensez pouvoir regarder le mal en face. Et puis vous vous retrouvez paralysée par lui.

Kosseff : Vous rendez-vous compte que vous parlez de vous à la deuxième personne ?

Scully : Non. Vraiment ?

Kosseff : Savez-vous pourquoi ?

Scully : Probablement pour essayer, d'une autre manière, de prendre du recul par rapport à tout ça.

Kosseff : Vous êtes quelqu’un de fort. Vous avez sans doute toujours eu le sentiment de pouvoir gérer n’importe quel problème toute seule. Mais vous vous sentez vulnérable en ce moment. Savez-vous pourquoi ?

Scully : Non.

Kosseff : Est-ce à cause de votre partenaire ? Y a-t-il un problème de confiance…

Scully : (avec fermeté) Non. Je lui fais totalement confiance. Je lui confierais ma vie.

Kosseff : Pouvez-vous lui parler de ce que vous ressentez ?

Scully : Non. (pause) Je sais que ça peut paraître fou, mais je ne veux pas qu'il sache à quel point ça me perturbe. Je ne veux pas qu'il pense qu'il doit me protéger.

Kosseff : Je sais que vous avez perdu votre père l'année dernière. Et j'ai lu dans votre dossier que vous avez été très malade récemment. Que votre vie a été menacée. De telles épreuves peuvent vous rendre extrêmement vulnérable.

Scully : (les larmes lui montent aux yeux, mais elle ne pleure pas) Je sais tout cela. J'en suis consciente. Je sais que le monde est plein de prédateurs, comme il l'a toujours été. Et je sais que c'est mon travail de protéger les gens contre eux. Et je me suis appuyée sur ce fait pour avoir confiance en ma capacité à faire ce que je fais... Je veux retrouver cette confiance... J'en ai besoin.

 

SCÈNE 17

SIÈGE DU FBI

LABORATOIRE D'ANALYSE DES EMPREINTES DIGITALES

Scully entre.

Expert : Vous voilà. Je vous cherchais.

Scully : J'avais une réunion.

Expert : J'ai de bonnes nouvelles.

Scully : Qu'avez-vous trouvé ?

Expert : Eh bien, comme je m'y attendais, il n'y avait rien sur les draps. Mais on a trouvé quelque chose d'intéressant sur le corps. Au début, ce n'était pas évident. Rien sur le torse, le visage, les bras, les mains. Le type lui a coupé les doigts, n'est-ce pas ? Mais pas tous. Sur sa main droite, il a laissé un pouce. (Il tend à Scully une empreinte digitale.) J'ai prélevé ça sur le vernis à ongles. Il a dû y avoir une lutte avant qu'il ne la tue. Avant qu'il n'enfile les gants.

Scully : (enthousiaste) Je dois appeler l'agent Mulder.

Elle se dirige vers le téléphone.

Expert : Oh. Quelqu'un vous a appelée.

Scully : Qui ?

Expert : Il a dit qu'il était agent à Minneapolis. Je lui ai dit que vous étiez absente, mais que vous aviez un vol de retour prévu ce soir.

Scully : (l'air inquiet, tout en composant le numéro) C'était l'agent Mulder ?

Expert : Je n'ai pas reconnu sa voix.

Scully : Lui avez-vous parlé de l'empreinte ?

Expert : Je ne l'avait pas encore trouvée.

Mulder : (au téléphone) Mulder.

Scully : Salut, c'est moi. On a une empreinte.

Mulder : (à Bocks) Scully a trouvé une empreinte.

Bocks : Génial !

Scully : (au téléphone) Je vais te l'envoyer tout de suite par fax pour voir si tu peux trouver une correspondance.

Mulder : Tu restes là-bas, Scully ?

Scully : Non. Je rentre ce soir.

Mulder : Écoute, Scully. Je sais que c'est une affaire assez horrible...

Scully : Ça ne me dérange pas, Mulder. Tu as besoin de mon aide.

Mulder : Toujours !

Scully :(sourit faiblement, puis) Mulder ? Ni toi ni l'agent Bocks n'avez appelé ici pour me chercher tout à l'heure, n'est-ce pas ?

Mulder : (à Bocks) Avez-vous appelé l'agent Scully ?

Bocks secoue la tête.

Mulder : Non.

Scully : (curieuse) D'accord, on se voit quand j'arrive.

Elle raccroche.

 

SCÈNE 18

APPARTEMENT DE DONNIE PFASTER

Des agents en uniforme enfoncent la porte. La chambre, comme auparavant, est jonchée de fleurs. Il n'y a pas de draps sur le lit. De l'ouverture d'un oreiller dépasse une touffe de longs cheveux humains. Mulder et Bocks pénètrent dans l'appartement ; Mulder se dirige vers la cuisine tandis que Bocks parle dans son talkie-walkie.

Bocks : Le suspect ne semble pas être chez lui. Lancez un avis de recherche pour Donald Addie Pfaster, vingt-huit ans...

L'un des agents ouvre le congélateur et montre quelque chose à Mulder.

Mulder : (montrant l'objet à Bocks) Jetez un œil.

Bocks : Bon sang de bonsoir.

C'est une boîte de surgelés contenant des choux de Bruxelles, ainsi que des doigts et un long ongle peint en rouge vif.

 

SCÈNE 19

AÉROPORT

DE NUIT

Scully sort. Elle se rend dans une agence de location de voitures. Elle sort de l'agence et s'approche de la voiture qu'elle a louée. Depuis une autre voiture garée à proximité, un homme l'observe. C'est Donnie Pfaster. Scully est dans sa voiture, au volant. Derrière elle, deux phares puissants surgissent. Les lumières deviennent plus vives et se rapprochent, et Scully est prise totalement par surprise lorsque sa voiture est percutée par l'arrière. Elle agrippe le volant, essayant de redresser la trajectoire, mais sa voiture est percutée à nouveau.

 

SCÈNE 20

BUREAU DE L'AGENT BOCKS

DE NUIT

Mulder : (regardant sa montre d'un air inquiet) Elle devrait être là.

Bocks : Elle était dans l'avion. Et celui-ci est arrivé il y a trois heures.

Agent du FBI : (entrant) Nous avons retrouvé la voiture de l'agent Scully.

 

SCÈNE 21

SUR UNE ROUTE

La voiture accidentée de Scully est garée sur le bas-côté. Les agents Bocks et Mulder s’arrêtent. Mulder sort et court vers la voiture de location abandonnée de Scully. Il y a une rayure blanche sur la carrosserie. Il jette un œil à l’intérieur. L’airbag s’est déclenché et est déchiré.

Mulder : Elle a été poussée hors de la route, on dirait une voiture blanche... Demandez à l'un de vos hommes de prélever un échantillon de cette peinture et de l'envoyer par avion à Washington... Si vous vous dépêchez, on pourra connaître la marque et le modèle de la voiture d'ici demain matin... On va la retrouver.

Mulder s'éloigne tandis que Boggs le regarde.

 

SCÈNE 22

Donnie se trouve dans une maison sombre. Il avance dans un couloir et pénètre dans une salle de bains. La baignoire se remplit ; on peut deviner la température de l’eau. Il y a des petites bouteilles de shampoing et autres produits sur le rebord de la baignoire. Donnie marche à nouveau dans un couloir et entre dans une chambre. Il ouvre la porte du placard. À l'intérieur, on aperçoit Scully, recroquevillée dans un coin. Ses mains et ses pieds sont attachés, sa bouche est bâillonnée. Son visage est meurtri, ses yeux sont fermés. Elle ouvre les yeux et voit... La silhouette démoniaque de son rêve. Donnie referme la porte.

 

SCÈNE 23

BUREAU DE BOCKS

Bocks : (sur son portable) Rien d’enregistré au nom de Donald Pfaster ? Ah oui… c'est ça. Compris. (Il raccroche ; à Mulder) La peinture s'appelle Ivory Bone. C'est un émail bicouche utilisé par trois constructeurs de voitures de taille moyenne récentes. Ils estiment qu'il y a environ soixante mille voitures correspondant à cette description dans la région métropolitaine.

Mulder : (sur son portable) Rien ? Personne ne l'a vue quitter l'agence de location… ? Il n'y avait aucun employé dans les parages… ? (Il raccroche, frustré ; à Bocks) On filme les violences policières dans les rues sombres. On voit Elvis dans trois villes américaines tous les jours. Mais personne n'a vu une jolie femme se faire percuter au volant de sa voiture de location.

Bocks : Il aurait pu l'emmener n'importe où. Comment allons-nous la retrouver ?

Mulder : Il faut remonter au début. Aussi désagréable que cela puisse paraître, nous devons comprendre son mode de pensée. Où irait-il ?

Bocks : (haussant les épaules) N'importe où sauf chez sa mère, n'est-ce pas ?

Mulder : Que voulez-vous dire ?

Bocks : Vu qu'il est furieux contre elle. D'après votre profil.

Mulder : (intéressé) Où habite sa mère ?

Bocks : Je ne sais pas.

Mulder : Voyons voir.

 

SCÈNE 24

Donnie, dans cette maison sombre, se dirige vers le placard et l'ouvre.

Scully est à l'intérieur, terrifiée.

 

SCÈNE 25

BUREAU DE BOCKS

Mulder et Bocks regardent un écran d'ordinateur.

Bocks : La mère vit à Boca Raton, en Floride. Correction : elle y vivait. Elle est décédée il y a un an.

Mulder : (déçu) Avait-elle une voiture immatriculée à son nom ?

Bocks : (vérifiant) Une berline blanche récente.

Mulder : (réalisant) Il a hérité de la voiture. Boca Raton aurait pu être une résidence secondaire. Avait-elle une maison ici, à Minneapolis ?

 

SCÈNE 26

CHAMBRE

Dans le placard. Donnie est près de Scully, il examine ses ongles. Il utilise un couteau aiguisé pour couper la corde qui lui lie les pieds.

Scully : (la bouche encore bâillonnée)  Ne m’approchez pas  !

À sa grande terreur, elle voit le visage de Donnie se transformer, prenant l'apparence de différents hommes. Ce sont les hommes qu'elle a vus auparavant, dans les fichiers informatiques qu'elle a consultés. Les silhouettes se transforment ensuite en cette créature démoniaque, puis redeviennent celles de Donnie.

Donnie : N'ayez pas peur. (Donnie prend Scully, les mains toujours liées, la bouche toujours bâillonnée. Il la conduit à la salle de bain, où la baignoire est remplie d'eau et de mousse. Donnie fait le tour de la salle de bain pour vérifier les shampoings.) Diriez-vous que vos cheveux sont normaux ou secs ? (Il se retourne, tandis que Scully recule vers la porte.) Où allez-vous maintenant ?

Donnie s'approche de Scully, l'attrape, mais elle le repousse violemment dans l'eau glacée de la baignoire. Scully s'enfuit alors de la salle de bain. Donnie, trempé, se hisse hors de l'eau et se lance à sa poursuite. Il sort de la salle de bain et regarde autour de lui. Scully a disparu. Il parcourt la maison à sa recherche. Scully arrive à la porte d'entrée. Elle est verrouillée. Elle court se cacher.

Donnie : Il n'y a pas d'issue, petite fille. (Il entre dans une chambre et prend un pistolet sur la commode.) Je connais cette maison, petite fille. Il n'y a nulle part où se cacher.

Il entend alors un bruit provenant d'une des pièces et se précipite dans cette direction. Il s'approche d'une porte fermée et l'ouvre. Scully bondit en avant, son bâillon arraché, un spray à la main, les mains liées. Elle l'asperge au visage et s'enfuit, tandis qu'il trébuche en arrière. Scully court vers l'escalier, Donnie à ses trousses. Il la rattrape en haut des marches et ils dévalent tous deux l'escalier. Au moment où ils touchent le sol, le pistolet de Donnie lui échappe des mains. Scully se met à ramper pour le récupérer, Donnie la voit et lui saute dessus. Alors qu'elle pointe l'arme sur lui, elle aperçoit à nouveau le démon de son rêve, ce qui la terrifie et permet à Donnie de lui arracher le pistolet des mains. À cet instant, la porte s'ouvre brusquement et Mulder, Bocks et quelques officiers font irruption.

Mulder : (arme au poing) AGENTS FÉDÉRAUX ! LES MAINS EN L'AIR !

Donnie lève lentement les mains, et les autres hommes le maîtrisent brutalement. Mulder s'agenouille près de Scully. Elle est étourdie et tente de se relever.

Mulder : (à voix haute) Appelez les secours !

Scully : Je vais bien.

Mulder : Reste là, Scully.

Scully : (Elle insiste pour se lever, Mulder l'aide)  Je vais bien. Aide-moi juste à me délier les poignets. (Alors que Mulder commence à la délier)  Comment m'as tu trouvée ?

Mulder : Sa mère était propriétaire de la maison, elle l'a léguée à ses sœurs. J'ai suivi mon intuition. Un agent de patrouille a repéré la voiture devant la maison.

Les poignets défaits, Scully les frotte. Elle évite le regard de Mulder. Elle observe Donnie, qu'on attache au sol.

Mulder : Assieds toi  le temps que quelqu'un t’examine.

Scully : (à voix basse) Mulder, ça va.

Mulder la regarde et lui relève le menton. Elle croise alors son regard. Ses yeux s'emplissent de larmes et elle se met à pleurer. Mulder la serre dans ses bras, même si elle garde les bras croisés. Elle se laisse ensuite aller à le serrer contre elle, à laisser libre cours à ses émotions. Scully continue de pleurer dans les bras de Mulder, qui la serre fort et tendrement. Des photos de Donnie enfant et de sa famille défilent les unes après les autres, tandis que l'on entend Mulder…

 

SCÈNE 27

Voix off de Mulder : La victoire sur la peur réside dans son acceptation. Comprendre que ce qui nous effraie le plus, c'est ce qui nous est le plus familier, le plus banal. Ce garçon d'à côté, Donnie Pfaster, le petit frère ordinaire de quatre sœurs aînées, extraordinaire seulement par sa simplicité, pourrait bien devenir le diable en personne. On dit que la peur de l'inconnu est une réaction irrationnelle aux excès de l'imagination. Mais notre peur du quotidien, de l'étranger tapi dans l'ombre, du bruit de pas dans l'escalier… La peur d'une mort violente et l'instinct primitif de survie sont aussi terrifiants que n'importe quelle Affaire non-classée, aussi réels que la simple acceptation que cela pourrait nous arriver.

 

FIN











Scene 1
Janelli-Heller Funeral Home

A teenage girl stands at a pulpit, delivering a difficult eulogy.

Young Woman : ...I think we all feel an empty place not just in our hearts but in our lives. Everybody loved Jennifer, not just because she was a special person...but because she was the kind of friend who was always there for you. We'll all miss you, Jennifer. We'll miss your smile...we'll miss your laugh and your sense of humor. We'll miss the time we could have spent together. We'll keep those memories close to our hearts until we meet again in God's kingdom.

Mourners filing past the coffin. Move to Donnie Pfaster, an employee of the funeral home, standing near a door to the side of the pulpit. His eyes betray a fire of fascination. This look evaporates when Jackson Toews, his supervisor, enters near Donnie.

Toews : [quietly] The family has requested a graveside service now. I've rescheduled the burial to tomorrow afternoon. We'll keep the body overnight.

The mourners have left by now. Donnie's approaching the coffin, looking at the girl.

Donnie : [sincerely] Such a beautiful girl.

Donnie strokes the girl's hair lovingly, then closes the lid.
Cut to Funeral Home, at night. Jackson Toews enters a dark room, looking for something. He hears noise, turns, staring into the darkness.

Toews : Hello?

The room is still. A sound of a coffin being closed.

Toews : [he's really spooked now] who's there? [A shadowy form is drifting through the coffins.] I said, who's there?

The form is a silhouette of a gargoyle-like, demonic creature. Toews turns in terror, finds the light switch, flips it on. He's turning to see:

Toews : [surprised] Donnie? What the hell are you doing here this late?

Donnie : Working.

Toews : [noticing a pair of scissor in Donnie's hand] Working? at this hour? [noticing a trail of blonde hair clippings scattered on the concrete] What the hell were you doing? [opening the coffin, to find the dead girl's hair has been cut off] Get out of here, you freak! Get out of here, and don't come back!

Donnie turns and walks away, a demonic smile on his face.


Scene 2
Graveyard

Mulder, Scully and special agent Moe Bocks are walking towards a gravesite.

Bocks : ...I got the call from Minneapolis PD, saying they wanted the FBI to come out and have a look. Anything slightly freakazoid, that's the drill: call Moe Bocks. As if I'm tight with all the nut cases in town. So I shoot on down here to see what's-the-what and I'll be damned if I'm not knocked on my butt by what they show me. Twenty two years, I've never seen anything like it. I get one look at the corpse and I'm on the phone to my pal Andi Schnider down at the Mutual UFO Network. You know Andi?

Mulder : No.

Bocks : Well, he knows you.

Mulder : Why'd you call Mufon?

Bocks : I wanted to see if there'd been much UFO activity in the area.

Mulder : You think this grave was unearthed by aliens, Agent Bocks?

Bocks : It has all the telltale markings, don't you think? I mean, according to the literature.

Mulder : The literature?

Bocks : Y'know. The way the hair and nails have been cut away. Sort of like they do in cattle mutilations.

Scully is clearly disturbed by the sight of the body.

Mulder : I hate to disappoint you, Agent Bocks, but this doesn't look like the work of aliens to me.

Bocks : [disappointed] No? How can you be sure?

Mulder : I've seen this kind of thing before. When I was with the Violent Crime Section. Whoever dug this up probably used a backhoe. If you took casts of the ground in the area, you'd probably lift some clean new tracks off the garage around here somewhere.

Bocks : You think?

Mulder : He may work here, but it's not likely. Though he's probably worked at a cemetery or a mortuary at one time or another. Probably been busted before, but you're not going to find any record of it. Not real good for business when these stories get around.

Bocks : [to be sure] You're saying some human's been doing this?

Mulder : If you want to call him that.

Bocks : [embarrassed] Well, don't I feel like a dumb butt.

Scully ventures one last look into the grave, the image giving her a cold shudder. Mulder & Scully move back to their car, Bocks stays behind.

Mulder : You okay, Scully?

Scully : Yeah... I've read about cases of desecrating the dead, but this is the first time I've seen one.

Mulder : Nothing can prepare you for it. It's almost impossible to imagine.

Scully : Why do they do it?

Mulder : Some people collect salt and pepper shakers. The fetishist collects dead things. Hair, fingernails... no one quite knows why. though I've never quite understood salt and pepper shakers myself.

Scully : [looks curiously at Mulder] Sometimes you surprise me, Mulder.

Mulder : Why?

opens car door for Scully, then goes around the car to get in.

Scully : How that didn't shock you back there.

Mulder : I've prepared myself for it before we left Washington.

Scully : [gives him a look, they are in the car now] You knew it wasn't UFO related from the start?

Mulder : I had suspected as much.

Scully : Mulder, we flew three hours to get here. Our plane doesn't leave until tomorrow night. If you suspected, why -

Mulder : [pulls two tickets from his pocket] Vikings versus Redskins, in the Metrodome. Forty yard line, Scully. You and me.


Scene 3
Ficicello Family Frozen Foods

Marilyn sits behind a desk, interviewing Donnie Pfaster.

Marilyn : Have you lived in the Twin Cities area long, Mr. Pfaster?

Donnie : I grew up here. I was away for a few years.

Marilyn : What kind of work were you in before?

Donnie : Cosmotology. Hair and makeup.

Marilyn : Oh, that's interesting.

Donnie : If you don't mind my saying, that's a lovely color lipstick you're wearing. Is that Indian Summer?

Marilyn : [flattered] Yes. Yes, it is. You're applying for a job as a deliveryman -

Donnie : To put myself through school. I've gone back to school.

Marilyn : [smiles, writing this down] What are you studying?

Donnie : Comperative religions.

Marilyn : Oh. Are you religious yourself?

Donnie : Yes. Very.

Marilyn : [smiles, leaning forward] I'm probably not supposed to say this, but Mr. Ficicello feels very strongly about religious backgrounds. He prides himself on the honesty of his employees.

Donnie : Can you put that on the application?

Marilyn : I'll attach a little note.

Winks.

Donnie : Thank you.


Scene 4

Agent Bocks is sitting in his office, watching the Vikings vs. Redskins game. Scully & Mulder enter. Bocks turns the TV sound down.

Bocks : I was glad I could catch you before you left.

Mulder stares longingly at the mute screen

Bocks : [hands to Scully a file folder] We found more bodies dug up.

Scully : Did you get your forensics report on this one?

Bocks : [nodding] Somebody was down there in the grave alright. Cut the hair with a pair of pinking shears. Gotta wonder about this guy.

Mulder : How many bodies does this make?

Bocks : Three in the last two days.

Mulder : What else can you tell me about the analysis of the corpses?

Bocks : The hair was cut from the heads of two of the bodies. From the third one, the fingernails were pulled out with what looks like a pair of needlenose pliers.

Scully is looking at photos in the file, and sees herself as one of the victims! A wave of nausea comes over her. She lays the file on the desk and leaves the room. Mulder noting this.

Mulder : Alright, I want you to draft an eyes-only memo to everyone in this office, and to all law enforcement agencies in the metropolitan area.

Bocks : Saying what?

Mulder : That the Twin Cities have an escalating fetishist on their hands.

Bocks : A what?

Mulder : An escalating fetishist. Security should be tightened around the city cemeteries. Mortuaries, funeral homes and hospitals should be notified. There should be warning of a possible stalker in the area.

Bocks : [hesitating] This isn't New-York, Agent Mulder. People still leave their doors unlocked here. This is going to scare them.

Mulder : You can leave out the more gruesome aspects in your press release.

Bocks : Why do you want to alarm folks anyway? I mean, if this guy only preys on dead people...

Mulder : His compulsion is growing. He may resort to homicide to procure his corpses. Once he gets a taste of a warm body, he's probably going to want more.

Bocks : [shaking his head] Maybe I've been isolated up here in the great white north too long.

Mulder : How's that?

Bocks : People wondered why it took them so long to catch that kid in Milwaukee. Thought someone would have noticed he was killing those young boys. Truth is, no one ever believed it could happen.

Mulder : If you catch this guy before he kills, maybe they can go right on believing that.

Bocks : I'm afraid we don't have the manpower or expertise to move on this with any speed. Going to be hard to round anybody up on a Saturday. Could be Monday or Tuesday before we get our ducks in a row.

Outside of the office, Scully sits alone, with a disturbed look on her face. She's startled when Mulder leans out the door, but she's not looking at him.

Mulder : I'm going to cancel our flight. We've got some work to do here. [Scully stares forward, still not looking at him.] Scully?

Scully : I'll be right with you.

Mulder ducks back, while Scully remains there, shaken.


Scene 5
Agent Bocks' Office

On a computer screen, there's information regarding all sorts of murderers and maniacs, accompanied by photos of them.

Scully's Voice Over : A complete model or psychological profile of the death fetishist does not exist. Extrapolating from material on file at the FBI's Behavioral Science Unit, the compulsion is the result of a complex misplacement of values and a deviation from cultural norms and societal mores - often accompanied by extreme alienation from normal social interaction and traditional avenues for interaction with others. He is more likely to be white, male and of average to above average intelligence. Cases of fetishists with IQs over 150 have been documented. The progression of the pathology can be traced from the fantasy stage to the eventual acting out of fetishistic impulses, including opportunistic homicide. Agent Mulder believes strongly that the suspect in this case is escalating toward this action. It is my opinion from reading these case files that death fetishism may play a stronger role than suspected in cases of serial murder. That once he begins to murder, it is the killing that draws attention away from a deeper motive. A motive which most people, including law enforcement professionals, dare not imagine. It is somehow easier to believe, as Agent Bocks does, in aliens and UFOs, than in the kind of cold blooded inhuman monster who could prey on the living to scavenge from the dead.


Scene 6

Donnie Pfaster. Cruising in his car, down a street lined with working girls. He stops near 2 hookers, one of them (Satin) bends down, leaning on the car.

Satin : Hi.

Donnie : Hi.

Satin : Are you looking for a date?

Donnie : Yes.

Satin : Do you want to pull around the corner over there.

Donnie : I'm interested in a couple of hours.

Satin : [smiling] Where do you have in mind?


Scene 7
Donnie's Apartment

Donnie and Satin enter. Normal apartment.

Satin : [hugging herself] Don't you have any heat in here? It's freezing.

Donnie : The forced air unit is broken. I'd like to run you a bath.

Heads towards the bathroom.
Donnie's bathroom. Little bottles with shampoos and soaps neatly placed on the side of the tub. The water is running, Donnie's adding bubble bath into the water. Satin enters.

Donnie : Is your hair treated?

Satin : What?

Donnie : Do you need a shampoo for chemically treated heir?

Satin : You want me to shampoo my hair?

Donnie : I'm happy to pay extra, if that's something out of the ordinary.

Satin : [looks at him, then reaches down to take off her high-heeled shoes. Her fingernails are long and painted bright red] Nobody's ever asked me.

Phone rings from another part of the house.

Donnie : [starts to walk out of the bathroom] Excuse me. [Donnie's bedroom, he's answering the phone.] Hello.

Marilyn : Is this Mr. Pfaster?

Donnie : Yes.

Marilyn : Hi, this is Marilyn at Ficicello Frozen Foods. Sorry to bother you so late, but I'm calling to say you've been hired, Mr. Pfaster. We'd like you to start right away.

Satin : [coming down the hallway] Hey, what's going on here? The water's ice cold. [entering the bedroom, with only a towel wrapped around her. Her expression changes to one of terror] Oh God...

Donnie's bedroom is full of funeral sprays, most of them are wilting. He looks calmly at Satin.

Marilyn : [on the phone] Mr. Pfaster...?

Donnie : Yes. That's wonderful news. Thank you so much.

Hangs up the phone, looking at Satin, as she backs away into the hallway.

Satin : Don't you come near me! Get away from me!

Donnie's getting up, moving towards her.


Scene 8

An alley. Night. Police cars are all around, there's a body covered with blue satin sheets.

Bocks : We're still waiting for someone to ID the body. [approaching with Mulder & Scully] Judging from this area, I'd say she was probably a working girl.

The prostitute, that was standing with Satin when Donnie picked her up, is approaching, seeing the body, becoming hysterical.

Prostitute : Oh my God! Oh my God! Who did this to her? Who did this?

She's being pulled away.

Mulder : Was it him?

Bocks : It looks like it. Knife wound the length of her torso. All her hair was cut off. He took her fingernails. But this time, he took some fingers, too. Do you want to see the body?

Mulder starts moving towards the body, Scully doesn't follow. He looks back at her.

Scully : I need a minute.


Scene 9
Nice Neighbourhood
Daytime

Donnie Pfaster, with his delivery man uniform walks out of a delivery vehicle, with a frozen food container. He walks up to one of the houses, and knocks the door. A woman answers.

Donnie : Hi. I'm your new delivery man.

Ellen : Oh, hi. Come in. [They both enter the kitchen. Donnie starts placing the food in the freezer, while Ellen is spooning out cookie batter onto metal cookie sheets.] Did they give you Skip's old route?

Donnie : Yes, ma'am. I think so. I just started with the company.

Ellen : Skip had been delivering to us for so long, we almost took it for granted he'd always be around. Since before the kids were born.  [Lisa, Ellen's daughter enters the kitchen.] Lisa, this is...

Donnie : Donnie. Donnie Pfaster.

Lisa : Oh, hi. [to her Mom] I'm going to Steve's, Mom.

Ellen : Okay. You have a good time.

Lisa : [to Donnie] Bye.

Donnie : Bye.

Stares at her leaving.

Ellen : [to Donnie, after Lisa leaves] We have three daughters.

Donnie : Oh. [smiles politely, as he closes the freezer door] Pardon me, but can I use your washroom to wash my hands?

Ellen : Oh, sure. There's a washroom down off the service porch.

Bathroom
Donnie, thoroughly washing his hands. He dries them, and looks down at a waste-basket. He reaches down, picks it up, and puts his hand inside. He retrieves a hairball, looks at it lovingly, and brings it to his face to feel its texture. He, then, puts it in his pocket, and puts the waste-basket back down. He turns around to exit, and when he opens the door, he finds himself face to face with Ellen.

Ellen : I just wanted to tell you, if we're ever not home, we always leave the back door open here.

Donnie : Oh, Okay. I'll remember that.


Scene 10
County Morgue

A group of men (doctors and medical examiners). they stand around the body of the satin sheet covered dead hooker on the autopsy table. Scully walks in, to perform the autopsy, all men silently make room for her.

Scully's Voice Over : Death is a recorded event. For reasons natural or unnatural, when a body ceases to function, the cause of the effect can be clearly reconstructed. A body has a story to tell.

She pulls the satin sheet back, and turns on the microphone above the autopsy table.

Scully : The time is eleven fourteen AM, Monday, November 14th. The deceased is a female in her twenties...

Her voice fades.

Scully's Voice Over : If the victim was strangled, an examination of the veins in the eyes will reveal this. If the victim was shot, entry wounds and gunpowder residue can be used to reconstruct the events leading to death and help to establish a possible motive. Body temperature, preferably the temperature of the spleen, is an accurate indicator of the time of death. As are rigor, livor and levels of sodium in the blood. If the body was moved, sand, small rocks, vegetable debris, even pollen can be removed and analysed to determine the location of the original crime scene and place the position of the body at the time of death. Extracutenous stains and residues can indicate the use of poison or toxins. Hair and fibres, slivers of glass, plastic, even insect casings can serve to recreate the circumstances under which death occurred. [Scully is now seated at Agent Bocks' computer, the heard words are written on the screen by her.] It may be an irony only understood by those of us who conduct these examinations, who use these pieces to rebuild a narrative, that death, like life itself, is a drama with a beginning, middle and end.
It is my opinion, having conducted this examination, that the victim died a wrongful death for the express purpose of extracting her hair and fingernails. [We keep hearing Scully's voice over, but now we see Mulder reading a document from Scully's computer.] The time of death cannot be accurately determined due to what I believe must have been immersion in a cold environment, most likely water. Death came as a result of blood loss and trauma from a deep knife wound which severed the plimonary artery. Of the evidence examined, no one piece or combination gives a clear picture of the killer, other than the motive implied by the bizarre nature if the crime. For the record, it is also my opinion that, outside of child homicide, which may be more tragic and heinous, this is one of the most angry and dehumanizing murders imaginable.

Mulder looks up from the page, he's now in a lineup observation room.
He stands with Agent Bocks, and the 2nd prostitute.

Bocks : [to prostitute] Look at each man carefully.

Prostitute  : [shakes her head] He was ordinary. He didn't look like no freak.

Bocks : Do you remember what kind of car he was driving? What color it was?

Prostitute  : I think it was white.

Bocks : Okay, you can go. Just leave a number and address where you can be reached.

Prostitute  : Are you gonna catch this guy?

Bocks : [unconvincing] We'll catch him.

Mulder : Might be a nice week to take that paid vacation the boss owes you.

Prostitute  : Yeah. Right.

Leaves the room.

Bocks : [to Mulder] If this guy looks regular-like, and if he doesn't have a record, he's gonna be near impossible to find.

Mulder : Until he kills again. Or until we can determine what's driving him.

Bocks : I read your profile. Sounds like a guy who can't make it with women. Which would explain the hooker.

Mulder : The hooker was just convenient. This guy's not after sex. He's after trophies. His victim was a young attractive woman. The corpses he dug up were those of young women. Yet there's no evidence of any sexual activity. What fuels his need? What us important about the hair and fingernails to him? It's as if it's not enough that they're dead. He has to defile them. There's a deeper psychosis at work here. And anger toward women, possibly his mother.

Bocks : I'd say she'd be pretty fried at him, too.

Mulder : The next thing to do is call all the psychiatric facilities. See if they have any record of patients with similar pathologies. This kind of killer isn't made over night. He's been fuelling this fetish for years.


Scene 11
A Classroom
Night

Teacher : ...the necessity of the story, the myth or the legend in a culture is almost universal. We think of myths as things that entertain or instruct, but their deeper purpose is often to explain, or make fanciful, wishes, desires or behavior that society would otherwise deem unacceptable. Myths often disguise thoughts that are simply too terrible to think about, but because they are conveyed in a wrapping of untruth - the story - these thoughts become harmless fiction.

Donnie is seated in the back of the classroom. He stares at a pretty short-haired blonde coed in the front row. she touches her neck, her fingernails are filed, long and colored. The teacher continues.

Teacher : Take for example stories that we recite for children, such as Snow white or Alice in Wonderland. The subtextural themes where the Queen orders "off with her head", or the prince wakens Sleeping Beauty with a kiss, are what Freud would describe as death/wish imagining.


Scene 12
Parking Lot

The pretty coed is walking to her car, and opens the door. Donnie appears on the other side of the car and surprises her.

Donnie : Excuse me. I'm in your mythology class.

Coed : Oh.

Donnie : My name's Donnie. I sit a couple rows over. Maybe you've seen me.

Coed : I-I don't know. I -

Donnie : I know. You sit up front. I just... [moving to her side of the car] I was going to my car, and I saw you, and... did he ask us to read chapters ten and eleven, or eleven and twelve?

Coed : Oh, I think it was... [reaches into her bag, to check in her notebook] It was chapters ten and eleven.

Donnie :DONNIE: Oh, thanks.

Coed : [puts the notebook back in her bag, in the meantime, Donnie's got closer to her, and has her penned in the tight V made by the open door] I have to go now.

Tries to pull the car door from Donnie's grasp, and fails.

Donnie : Don't go.

Coed : [angrily] Let go of the door! [Donnie takes a step closer, and she knees him in the groin, followed by a punch, which sends him to the floor. screaming] HELP!!! SOMEBODY!!!


Scene 13
County Morgue

The body is lying on the autopsy table, covered with a satin sheet. Agent Scully walks in, wearing her autopsy uniform, and moves to the body. She removes the sheet from the body, and with a horror expression on her face, she sees... Herself! lying on the autopsy table. From the dead Scully's point of view, we see the demonic figure from the beginning, where the examining Scully stood before. Phone begins ringing.

Motel Room
Scully's bolting upright in bed, waking from a nightmare. She answers the ringing phone.

Scully : Hello.

Mulder : Scully, it's me. They've arrested somebody they think may be our guy.

Scully : [still under shock] I'll get dressed.


Scene 14
Jail Block
Night

Scully, Mulder and Bocks walk down the jail corridor, heading towards a cell.

Bocks : He's got a history of assault. A 911 call came in from a security officer who saw it happen. She hurt him really bad.

They arrive the cell, look inside. The man inside is not Donnie. He has a knife wound across his cheek and nose.

Mulder : Who cut him?

Bocks : A working girl. They're all carrying knives since what happened.

They enter the cell. Behind them, in another cell, Donnie is standing, his face pokes out of the bars. He's staring at Scully with the same look we've seen before. After a while, the agents leave the other man's cell, and move a few steps from the bars.

Mulder : He's not our guy.

Bocks : I thought we had him.

They start leaving, as Donnie keeps staring at Scully. She turns around, feeling his look. She looks at him, then turns away, shaken. They all reach the door.

Scully : Mulder, can I have a minute with you?

Mulder : Yeah.

Scully looks at Bocks, she wants to talk to Mulder alone.

Bocks : [gets the message] I'll be out front.

Exits.

Scully : I think I might better drive this investigation if I focused on the evidence.

Mulder : What are you suggesting?

Scully : That I take the body back to Washington. I'd like to run it through the fingerprint lab there. You know those guys, they can pull a print -

Mulder : If you're having trouble with this case, Scully, I want you to tell me.

Scully : I'm not having trouble, Mulder.

Mulder : I'd understand, Scully. This isn't exactly easy to stomach.

Scully : I'm fine with it. Really. I just think we're a long way from catching this guy. If we could get a print, we'd have something to go on. Right now we're at a standstill.

Mulder : [knowing she's hiding something] I think it's a good idea. [puts his hand on her shoulder] I just don't want you to think you have to hide anything from me, Scully. I've seen agents with twenty years in the field fall apart on cases like this.

Scully : [quietly] I'm fine, Mulder. I can handle it.

Gently, she pulls away from his touch, and they both leave.

Donnie : [to the guy in the cell next to him, whom the agents were talking to] Hey, what's your name?

Suspect : You talking to me?

Donnie : Yeah. Were those FBI agents?

Suspect : Yeah.

Donnie : What were they asking you?

Suspect : They thought I was some freak who's been digging up corpses. Man, I'm in enough trouble already.

Donnie : What were their names?

Suspect : Who?

Donnie : The younger agents.

Suspect : Um. I don't remember his name, but she was Scully, like that baseball announcer.

A jailor approaches, and opens Donnie's cell.

Jailor : Let's go. Mr. Pfaster.

Donnie : Go where?

Jailor : Lady's dropped the charges against you. They're letting you out soon as you talk to psychiatric social worker.


Scene 15
FBI Headquarters
Fingerprint Analysis LAB

Examiner : [studying a piece of satin through magnification eyeglasses] At first glance, there's not much to work with. Satin doesn't hold a print real well. There could be a latent somewhere in these blood stains, but I suspect the killer used gloves.

Scully : The body was shipped on my flight. I should be here within the hour.

Examiner : We'll take a look. How long are you in town, Agent Scully?

Scully : I've got a flight back to Minneapolis booked for tonight. But I might cancel.

Examiner : I've put all other work aside.

Scully nods and exits.


Scene 16
FBI Headquarters

Scully is walking down a hallway. She reaches a door marked: "Employee Assistance Program, K. Kosseff L.C.S.W.". Scully looks around to see no one's looking, then enters. Scully's seated across Karen Kosseff, struggling with her emotions.

Scully : You think you find a way to deal with these things. In med school, you develop a clinical detachment to death. In your FBI training, you are confronted with cases, the most terrible and violent cases. You think you can look into the face of pure evil. And then you find yourself paralysed by it.

Kosseff : Are you aware you've been talking about yourself in the second person?

Scully : No. Was I?

Kosseff : Do you know why?

Scully : Probably as another way of trying to detach myself from it.

Kosseff : You're a strong person. You've probably always felt you can handle any problem yourself. But you feel vulnerable now. Do you know why that is?

Scully : No.

Kosseff : Is it your partner? Is there a problem with trust...

Scully : [firmly] No. I trust him as much as anyone. I'd trust him with my life.

Kosseff : Can you talk to him about the way you're feeling?

Scully : No. [pauses] I know it sounds crazy, but I don't want him to know how much this is bothering me. I don't want him to think he has to protect me.

Kosseff : I know you lost your father last year. And I read in your file that you were very ill recently. That your life was threatened. Exposures like these can leave you extremely vulnerable.

Scully : [tears well up in her eyes, but she's not crying] I know these things. I'm conscious of them. I know the world is full of predators, just as it has always been. And I know it's my job to protect people from them. And I've counted on that fact to give me faith in my ability to do what I do... I want that faith back... I need it back.


Scene 17
FBI Headquarters
Fingerprint Analysis LAB

Scully enters.

Examiner : There you are. I've been looking for you.

Scully : I had a meeting.

Examiner : I've got good news.

Scully : What did you find?

Examiner : Well, as I suspected, there was nothing on the sheets. But we got something nice off the body. At first it didn't look like it. Nothing on the torso, the face, the arms, the hands. The guy cut her fingers off though, right? But not all of them. On her right hand, he left a thumb. (hands Scully a print of the fingerprint) I pulled this off the nail polish. There must have been a struggle before he killed her. Before he put the gloves on.

Scully : [excited] I've got to call Agent Mulder.

Goes to the phone.

Examiner : Oh. Somebody called for you.

Scully : Who?

Examiner : He said he was an Agent working out of Minneapolis. I told him you were out, but had a flight booked back tonight. 

Scully : [with a look of concern, as she dials] Was it Agent Mulder?

Examiner : I didn't recognize the print.

Scully : Did you tell him about the print?

Examiner : I haven't found it yet.

Mulder : [on the phone] Mulder.

Scully : Hi, it's me. We got a print.

Mulder : [to Bocks] Scully got a print.

Bocks : Fantastic!

Scully : [on the phone] I'm going to modem it out to you right away to see if you can run a match.

Mulder : Are you staying on there, Scully?

Scully : No. I'm coming back tonight.

Mulder : Look, Scully. I know this is a pretty horrific case -

Scully : I'm okay with it, Mulder. You can use my help.

Mulder : Always!

Scully : [smiles faintly, then] Mulder? You or Agent Bocks didn't call here looking for me earlier, did you?

Mulder : [to Bocks] Did you call for Agent Scully?

Bocks shakes his head.

Mulder : No.

Scully : [curious] Okay, I'll see you when I get there.

Hangs up.


Scene 18
Donnie Pfaster's Apartment

The door is broken down by uniformed officers. The bedroom, just as before, flowers all over. No sheets on the bed. From out of the zippered end of one pillow, protrudes a stuffing of long human hair. Mulder and Bocks enter the apartment, Mulder walks into the kitchen as Bocks is talking on his walkie-talkie.

Bocks : The suspect does not appear to be at home. Let's put out an APB on Donald Addie Pfaster, age twenty eight -

One of the officers opens the freezer, showing something to Mulder.

Mulder : [showing it to Bocks] Take a look.

Bocks : Holy mother of God.

It's a box of frozen food, that contains brussel sprouts, and also some fingers, and a long fingernail, painted bright red.


Scene 19
Airport
Night

Scully exits. She goes to a car rental company. She exits the rental company, and approaches her rented car. From another car nearby, a man is watching her. It's Donnie Pfaster. Scully's in her car, driving. Behind her, a pair of bright headlights looms up behind her. The lights grow brighter and nearer, and Scully is taken totally by surprise, as her car is rammed from behind. She gets hold of the wheel, trying to correct the forced swerve, but her car is being rammed again.


Scene 20
Agent Bocks' Office
Night

Mulder : [worriedly checking his watch] She should have been here.

Bocks : She was on the flight. And it arrived three hours ago.

FBI Agent : [entering] We found Agent Scully's car.


Scene 21
A Road

Scully's dented car lies on the side of the road.. Agents Bocks and Mulder pull up. Mulder jumps out and runs towards Scully’s abandonned rental car. There's a white scratch on the car. He looks inside. The airbag is out, and is torn.

Mulder : She was forced off the road, it looks like a white car... get one of your men to get a sample of this paint and get it on a plane to Washington... if you hurry we can get a make and model of the car by morning... we're gonna find her.

Mulder walks off as Boggs watches him.


Scene 22

Donnie is in a dark house. He's going down a corridor, entering a bathroom. The bathtub is filling, we can guess the temperature of the water. There are little bottles of shampoos etc. on the side of the tub. Donnie is again, walking in a corridor, entering a bedroom. He opens the closet door. Inside we see Scully, huddled in the corner. Her hands and feet are tied, her mouth gagged. Her face is bruised, her eyes are closed. She opens her eyes, and sees... The demonic figure from her dream. Donnie's closing the door.


Scene 23
Bocks' Office

Bocks : [on cellular phone] Nothing registered to Donald Pfaster? Right... right. Got it. [hangs up; to Mulder] The paint is called Ivory Bone. It's a two-step enamel used by three makers of late model mid-sized car. They estimate there may be about sixty thousand cars that fit this description in the metropolitan area.

Mulder : [on his own cellular phone] Nothing? No one saw her leave the rental agency...? There was no attendant in the area...? [presses the 'end' button in frustration; to Bocks] People videotape police beatings on dark streets. They see Elvis in three cities across America every day. But no one saw a pretty woman being run off the road in her rental car.

Bocks : He could have taken her anywhere. How're we going to find her?

Mulder : We've got to go back to the beginning. As nasty as it seems, we've got to get into this guy's head. How he thinks. Where would he go?

Bocks : [shrugging] Anywhere but his mother's right?

Mulder : What do you mean?

Bocks : Being that he's so pissed off at her. From what your profile says.

Mulder : [interested] Where does his mother live?

Bocks : I don't know.

Mulder : Let's find out.


Scene 24

Donnie in that dark house, moving towards the closet and opens it.
Scully is in there, very frightened.


Scene 25
Bocks' Office

Mulder and Bocks look at a computer screen.

Bocks : The mother lives in Boca Raton, Florida. Correction. She used to live there. She died a year ago.

Mulder : [disappointed] did she have a car registered to her?

Bocks : [checking] A late model white sedan.

Mulder : [realizing] He inherited the car. Boca Raton could have been a winter house. Was there a residence here in Minneapolis?


Scene 26
Bedroom

Inside the closet. Donnie's near Scully, he's inspecting her findernails. He uses a sharp knife to cut the rope that binds her feet.

Scully : [her mouth still gagged] Get the hell away from me!!

To her terror, she sees Donnie's face, transforming, and becoming different men's faces. Those are the men she saw before, in the computer files she checked. The figures then changes to that demonic creature again, then back to Donnie.

Donnie : Don't be afraid. [Donnie takes Scully, hands still tied, mouth still gagged. He leads her to the bathroom, where the tub is filled with water and bubbles. Donnie walks around her in the bathroom, to check the shampoos.] Would you say your hair is normal or dry? [he turns around, as Scully backs out towards the door] Now where are you going?

Donnie moves towards Scully, grabs her, but she pushes him hard straight into the freezing water in the bathtub. Scully then rushes out of the bathroom. Donnie pulls himself, wet, from the tub, and starts chasing her. He walks out of the bathroom, and looks around. Scully has disappeared. He's moving around the house, looking for her. Scully reaches the front door. It's locked. She runs for a place to hide.

Donnie : There's no way out, girly girl. [enters a bedroom, and retrieves a gun from the dresser] I know this house, girly girl. There's nowhere to hide.

He then hears a noise from one of the rooms, and rushes in that direction. He moves towards a closed door and opens it. Scully jumps forward, her gag removed, with a spray bottle in her tied hands. She sprays him in the eyes, and runs off, while he's stumbling backwards. Scully runs towards the staircase, Donnie after her. He catches her at the top of the stairs, and they both tumble down the staircase. As they hit the floor, Donnie's gun slips out of his grasp. Scully starts crawling for the gun, Donnie sees her, and leaps on top of her. As she's pointing the gun at him, she, again, sees the demon from her dream, which shocks her, and allows Donnie to snap the gun from her hands. At that moment, the door bursts open, Mulder, Bocks and a few officers rush in.

Mulder : [gun brandished] FEDERAL AGENTS! HANDS IN THE AIR!

Donnie slowly puts his hands in the air, and the other men take him forcefully. Mulder kneels down to Scully. She's dazed, as she's trying to get up.

Mulder : [loudly] Let's get the paramedics out here!

Scully : I'm okay.

Mulder : Just stay there, Scully.

Scully : [she insists on getting up, Mulder helps her] I'm fine. Just help me get my wrists undone. [As Mulder starts untying her] How did you find me?

Mulder : His Mother used to own the house, willed it to the sisters. I played a hunch. A patrolman spotted the car out front.

Her wrists untied, Scully rubs them. She doesn't want to meet Mulder's eyes. She's looking over at Donnie, who's being bound on the floor.

Mulder : Why don't you sit down until someone can take a look at you.

Scully : [quietly] Mulder, I'm fine.

Mulder looks at her, and tips up her chin. She, then, meets his gaze, and that's all it takes. Her eyes well up, and she begins crying. Mulder's holding her now, though she keeps her arms crossed in front of herself. She, then, allows herself to hold him, to fully let her emotions out. Scully continues to cry in Mulder's arms, while he holds her tight and strong. Photos of Donnie as a child, and his family, are fading one into the other, as we hear Mulder...

Scene 27

Mulder's Voice Over : The conquest of fear lies in the moment of its acceptance. And understanding what scares us most is that which is most familiar, most common place. That boy next door, Donnie Pfaster, the unremarkable younger brother of four older sisters, extraordinary only in his ordinariness, could grow up to be the devil in a buttoned-down shirt. It's been said that the fear of the unknown is an irrational response to the excesses of the imagination. But our fear of the everyday, of the lurking stranger, and the sound of foot-falls on the stairs. The fear of violent death and the primitive impulse to survive, are as frightening as any x-file, as real as the acceptance that it could happen to you.

THE END

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