SCENE 1
KENWOOD, TENNESSEE, 1983
Un incendie fait rage dans un immeuble, le chef des pompiers dirige les opérations.
Chef des pompiers : Dépêchez-vous de le sortir de là. J'ai besoin de deux hommes à gauche, tout de suite. (à un ambulancier poussant un brancard) Attendez une seconde. Où allez-vous avec lui ?
Ambulancier : Il est mort.
Chef des pompiers : Eh bien, il y a une femme là-bas qui ne l'est pas, et elle a besoin d'oxygène.
L'ambulancier lache le brancard. Alors que les policiers retiennent la foule, le révérend Samuel Hartley et un jeune garçon, Samuel, se frayent un chemin jusqu'au brancard.
Chef des pompiers : (en arrière-plan) Appelez-les, dites-leur que nous pouvons dégager l'échelle dans cinq minutes.
Hartley ouvre la fermeture éclair du sac mortuaire sur le brancard, et un bras carbonisé et sans vie en tombe.
Samuel : Je veux que tu te lèves. Lève-toi et guéris !
Chef des pompiers : (s'approchant d'eux ) Mais qu'est-ce que vous faites ?
Révérend Hartley : Le garçon pratique l’imposition des mains.
Samuel : Lève-toi et accepte le miracle qu'Il t'a accordé.
Samuel tient la main sans vie dans la sienne.
Révérend Hartley : Amen. Alléluia.
Samuel : Le Saint-Esprit de Dieu est en moi ce soir.
Chef des pompiers : Vous ne comprenez pas. Cet homme est mort.
Révérend Hartley : Alors le garçon ne peut pas lui faire de mal, n'est-ce pas ?
Samuel : Car c'est le pouvoir de la foi, le pouvoir de séparer la lumière des ténèbres. De créer la vie à partir de la mort.
Révérend Hartley : Amen.
Chef des pompiers : Très bien, tout le monde ! Le spectacle est terminé ! Évacuez les lieux ! Rentrez chez vous ! Remettez cette lance dans le camion.
La foule commence à se disperser et le chef des pompiers s'éloigne. La main sans vie bouge soudainement, se tend et serre celle de Samuel.
Révérend Hartley : Alléluia, Samuel. Alléluia.
SCENE 2
Scully montre une cassette vidéo à Mulder. On y voit le révérend Hartley animer l'Eglise des Miracles dans une tente. Alors que la foule chante et applaudit, il descend l'allée vers la scène.
Révérend Hartley : Oui, en effet, oh alléluia ! Alléluia, Gloire à Dieu ! Oui, en effet, Gloire à Dieu ! Oui. Je veux que tout le monde dise « Alléluia » !
La Foule : Alléluia !
Révérend Hartley : Louez soit le Seigneur !
Scully met la cassette en pause. Une femme est allongée sur une table à côté de Hartley. Derrière eux est assis Samuel.
Scully : La femme sur la table a une tumeur maligne à la colonne vertébrale. Ce garçon va tenter de la guérir simplement en posant ses mains sur elle.
Mulder : Où as tu trouvé ça ?
Scully : Ça vient du bureau régional du Tennessee. Le nom du prédicateur est...
Mulder : Le révérend Calvin Hartley.
Scully : Tu as entendu parler de lui ?
Mulder : Le garçon est son fils adoptif, Samuel. Il prétend l'avoir trouvé bébé, couché dans les hautes herbes sur les rives boueuses du Mississippi.
Scully : Sais tu qu'il prétend également que le garçon a ramené un homme à la vie ?
Mulder : C'est plus qu'une simple affirmation. L'homme qu'il a sauvé apparaît souvent comme une attraction sous la tente du Révérend. Le garçon a accompli des miracles chaque semaine depuis dix ans. Deux fois le dimanche.
Scully : Eh bien, ce n'est pas l'avis du shérif du comté de Kenwood. Les autorités locales pensent que le révérend Hartley et son fils sont des escrocs. Elles essaient depuis un certain temps déjà de les arrêter, mais sans succès. Elles se sont donc tournées vers le FBI pour tenter d'obtenir des poursuites judiciaires.
Mulder : Pour quoi ? Fraude ?
Scully : Non, meurtre. Regarde la cassette.
Elle lance la cassette et Mulder la regarde tout en grignotant des graines de tournesol.
Révérend Hartley : Lucy Kelly a un cancer. Ses médecins disent qu'il est inopérable. Ils disent qu'il est incurable. Mais je vous dis que ce que les médecins ne peuvent pas guérir, le Seigneur le peut.
(La foule applaudit et crie « Amen »)
Oui, en effet, Dieu soit loué ! Car Dieu peut faire des miracles. Aujourd'hui, la lumière pure de l'amour guérisseur de Dieu se répand à travers les mains de Samuel.
Samuel impose ses mains sur Lucy Kelly. Scully arrête la cassette.
Scully : Vingt minutes plus tard, Lucy Kelly a été transportée en urgence à l'hôpital. Elle a été déclarée morte à son arrivée.
Mulder : Quelle était la cause du décès ?
Scully : Je ne sais pas, mais ce n'était pas le cancer. Ils ont demandé une personne ayant une formation médicale pour aider la police locale dans l'enquête. Je sais que ce n'est pas une affaire non classée...
Mulder : Quand partons-nous pour le Tennessee ?
SCENE 3
EGLISE DES MIRACLE, KENWOOD, TENNESSEE
Un panneau sur le fronton de la tente indique : “ Le révérend Calvin Hartley présente son Eglise des Miracles avec le guérisseur Samuel Hartley. Venez comme vous êtes..Repartez comme vous avez toujours voulu être. “
Mulder et Scully s'approchent de la tente, ils passent devant un stand de souvenirs vendant des t-shirts et des casquettes de baseball. Il y a une foule autour du stand et à l'entrée de la tente.
Mulder : Je crois avoir vu les mêmes personnes à Woodstock.
Scully : (en souriant) Mulder, tu n'étais pas à Woodstock.
Mulder : J'ai vu le film.
Ils donnent leurs billets à un homme à l'entrée et celui-ci leur remet des prospectus. Ils entrent dans la tente.
À proximité, le shérif Daniels sort de sa camionnette. Il se dirige vers la portière passager, où sa femme Lillian est assise.
Shérif Daniels : Ça va aller ?
Lillian Daniels : Ça ira.
Shérif Daniels : Bien. Je ne serai pas long.
Il lui caresse la joue et elle lui sourit. Le shérif s'éloigne. Après son départ, Lillian soupire et baisse les yeux.
Hartley s'adresse à la foule, dans laquelle se trouve Mulder et Scully.
Révérend Hartley : Je connais la plupart d'entre vous présents aujourdhui en tant que voisins et membres de notre Eglise. Mais certains d'entre vous viennent de loin, (il montre un côté de la foule) Pensacola, en Floride, (acclamations) et (il montre l'autre côté) Uniondale, à Long Island. (autres acclamations) Wayne Ashton et sa famille. Et c'est surtout à ceux d'entre vous qui viennent de si loin que je dois présenter des excuses du fond du cœur, car malheureusement, Samuel ne peut être présent cet après-midi. (gémissements dans la foule) Je sais, je sais à quel point chacun d'entre voux doit être profondément déçu en ce moment, mais je vous le dis, ne vous découragez pas. Ne désespérez pas. Ne perdez pas espoir... car dans deux jours , Samuel sera de retour. (acclamations) Oui, en effet, Gloire à Dieu, il sera de retour ici...
Scully : On devrait peut-être aller voir ce que le révérend a à dire.
Mulder : Non, attends, attends, c'est maintenant qu'ils font entrer Elvis.
Révérend Hartley : ... sur la foi. Car comme ces personnes bénies ici présentes vont en témoigner, Samuel peut vous guérir. Samuel vous guérira, mais... seulement si vous croyez.
la foule crie « Je crois ! ».
Le révérend Hartley sort de l'arrière de la tente. Il est suivi par Leonard Vance qui est vêtu de noir, avec des lunettes de soleil, un chapeau noir et des gants noirs. Un homme interpelle Hartley alors qu'il sort. Mulder et Scully attendent Hartley.
Homme : Beau sermon, Révérend !
Révérend Hartley : (à l'homme) Que Dieu vous bénisse !
Scully : (montrant son badge) Révérend Hartley ? Nous sommes du FBI.
Révérend Hartley : Je vois que le shérif Daniels a envoyé la cavalerie.
Scully : Nous voulons juste parler à Samuel pendant quelques minutes
Révérend Hartley : Il n'est pas là.
Mulder : Et où est-il ?
Révérend Hartley : Je ne sais pas. Je ne l'ai pas vu. Il a été un peu perturbé ces derniers temps.
Vance : Nous sommes en retard, Révérend.
Révérend Hartley : Si vous voulez bien m'excuser...
Hartley monte à l'arrière d'une Cadillac blanche. Vance fixe Mulder et Scully pendant un instant, puis monte lui aussi à l'arrière. La voiture démarre et dépasse le shérif Daniels. Daniels s'approche de Mulder et Scully.
Shérif Daniels : Agent Mulder ?
Mulder : Oui.
Shérif Daniels : Shérif Daniels. Nous nous sommes parlés au téléphone.
Mulder : Oui . Voici l'agent spécial Dana Scully.
Daniels leur serre la main.
Shérif Daniels : Bien. Vous avez demandé une copie du rapport du médecin légiste.
Scully : C'est exact. Merci.
Daniels lui tend une enveloppe. Scully l'ouvre et en lit le contenu pendant qu'ils marchent tous ensemble.
Shérif Daniels : Je vois que vous avez eu l'occasion d'assister au spectacle
Mulder : Quelque chose me dit que vous n'est pas un fan du révérend Hartley.
Shérif Daniels : Eh bien, je me souviens quand il n’était qu’un prédicateur de rue qui collectait des billets d'un dollar dans des boîtes à café. Depuis que le garçon l’a rejoint, il s'est offert une Cadillac.. achetée avec l'argent qui devrait servir à améliorer nos routes et nos écoles.
Mulder : Les gens veulent croire, vous savez.
Shérif Daniels : Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des gens dans ce monde sont des imbéciles... et le reste d'entre nous court un grand risque de contagion.
Mulder : Eh bien, même si Hartley et Samuel sont des imposteurs, on est encore loin d'accuser le garçon de meurtre.
Shérif Daniels : J'ai des témoins qui affirment que le garçon était là et qu'il a imposé les mains sur ces personnes au moment de leur mort.
Mulder : Vous pensez que c'est ainsi qu'il les a tuées ? D'un simple toucher ?
Shérif Daniels : Je ne prétends pas savoir comment ni pourquoi il l'a fait. Mais nous recherchons ce garçon depuis mardi, et il ne veut pas être retrouvé.
Scully : Eh bien, il n'y a rien d'inhabituel dans ces rapports, sauf qu'aucune autopsie n'a été pratiquée.
Shérif Daniels : Hartley a réussi à bloquer mes demandes d'autopsie pour des raisons religieuses. Le fait que le médecin légiste du comté soit un membre de l'Église des Miracles n'aide pas non plus.
Scully : Eh bien, nous pourrions peut-être faire exhumer les corps.
La nuit, Mulder, Scully, le shérif et un adjoint sont au cimetière pendant qu'une pelleteuse déterre une tombe. Mulder regarde derrière eux et voit un groupe de personnes qui s'approchent, certaines portant des bougies.
Mulder : Shérif.
Shérif Daniels : C'est le groupe du révérend Hartley. Bon sang. J'avais demandé à mes hommes de rester discrets pour éviter cela.
Mulder : On dirait que vous avez quelques croyants dans votre équipe.
Le groupe s'approche. Il est mené par Vance.
Vance : Au nom de l'Église des Miracles, nous exigeons que vous mettiez fin à ce sacrilège.
Shérif Daniels : Vous n'avez plus affaire à moi, Vance. Vous avez affaire au FBI.
Scully : Nous ne voulons pas vous manquer de respect. Nous enquêtons sur un possible homicide, et la loi fédérale nous oblige à procéder à une autopsie sur ces corps.
Vance : J'ai bien peur que nous répondions à une autorité encore plus élevée que le gouvernement américain, une autorité qui considère le fait de déterrer des tombes et de profaner des cadavres comme des péchés mortels.
Shérif Daniels : Nous obtiendrons cette autopsie,Vance, tôt ou tard. Vous savez que nous l'obtiendrons.
Vance : La famille de la défunte ne veut pas que sa tombe soit profanée.
Shérif Daniels : Carol Wallace n'avait aucune famille.
Daniels s'écarte pour parler à son adjoint.
Vance : Nous étions sa famille. Nous étions sa famille, et ça a déjà été assez difficile de l'enterrer une fois. Donc si vous insistez pour aller jusqu'au bout, nous sommes prêts à monter la garde et à faire tout ce qu'il faut pour vous en empêcher.
Shérif Daniels : Mulder ? Scully ? un de mes hommes vient d'apercevoir la voiture du garçon en centre-ville.
Scully : De toute façon, nous ne pouvons pas faire grand-chose ici.
Mulder : Allons-y.
En ville
Shérif Daniels : Ce n'est pas vraiment l'endroit idéal pour sauver des âmes.
Ils entrent dans une salle de billard. Plusieurs chaises sont renversées. Le propriétaire, Zook, est en train de les redresser.
Shérif Daniels : Où est le garçon, Zook ?
Zook : Il est aux toilettes.
Shérif Daniels : Que s'est-il passé ici ?
Zook : Ce fichu imbécile a déclenché une bagarre. Ces fanatiques religieux ne savent pas tenir l'alcool.
Samuel a titubé jusqu'à une table près du bar. Son visage est couvert de bleus. Daniels s'approche de lui. Mulder et Scully le suivent.
Shérif Daniels : Où étais-tu, Samuel ? On te cherchait.
Samuel : (allumant une cigarette) Oui. Je réfléchissais.
Shérif Daniels : Eh bien, tu vas avoir tout le temps de réfléchir maintenant, fiston. Tu es en état d'arrestation.
Samuel : Pour meurtre ?
Shérif Daniels : Pour suspicion de meurtre.
Samuel : Je peux finir ma bière d'abord ?
Shérif Daniels : Vas-y. Je vais demander à quelqu'un de prendre ta déposition. Je vais voir ce que je peux faire pour faire remorquer ta Cadillac.
Daniels s'éloigne, mais Mulder l'appelle.
Mulder : Shérif ? Quelles preuves avez-vous pour accuser le garçon de meurtre ?
Shérif Daniels : Eh bien, que voulez-vous de plus ? Le garçon est pratiquement en train d’avouer.
Mulder : Regardez-le. Il est ivre.
Shérif Daniels : Alors j'ajouterai « ivresse et trouble à l'ordre public ». Soyons clairs. La question n'est pas de savoir si le garçon est coupable, juste comment il a fait.
Mulder : Vous me laissez lui parler une minute ?
Shérif Daniels :Allez-y .
Mulder : Samuel, je suis l'agent Mulder. Voici l'agent Scully, nous sommes du FBI. On dirait que tu as pris une sacrée raclée.
Samuel : C'est une pénitence, M. Mulder.
Scully : Certains appelleraient ça une bagarre d'ivrognes.
Samuel : Vous savez ce qu'on dit : Dieu donne, puis il reprend. Quand un homme devient trop fier, ça lui fait parfois du bien de se faire tabasser. Ça évite à Dieu de s'en occuper.
Scully : S'occuper de quoi ?
Samuel : D'humilier le pécheur qui est coupable.
Mulder : Coupable de meurtre ?
Samuel : Oui, monsieur.
Mulder : Comment as tu fait, Samuel ?
Samuel : Apparemment, ma fierté et ma faiblesse ont attiré le diable. J'ai pollué la rivière de ma propre foi. Maintenant, mon don est corrompu.
Scully : Donc tu as tué ces personnes simplement en les touchant ?
Samuel : J'ai posé mes mains sur les malades. Je leur ai redonné la santé. J'ai guéri les malades. J'ai même touché les mourants et leur ai redonné la vie. Dieu m'a donné un don spécial.
Scully : Est-ce qu'il t'as aussi acheté tous ces bijoux ? Je pense qu'il manque quelque chose dans ton histoire, Samuel.
Samuel : Doutez-vous du pouvoir de Dieu, madame ?
Scully : Non. Mais je doute de la véracité de tes affirmations.
Samuel : J'ai regardé les infirmes et j'ai vu leur maladie... leur cancer. Tout comme je peux voir la douleur de cet homme (il désigne Mulder) juste ici.
Mulder : Vraiment ? Quelle douleur ?
Samuel : La douleur que vous ressentez à l'égard d'un frère ou d'une sœur. C'est une vieille douleur. Elle n'a jamais été guérie.
Scully : C'est un numéro de magie ?
Samuel : Pas de magie, madame.
Scully : (se levant) Je pense que nous devrions appeler le shérif...
Mulder : (restant assis) Je veux en savoir plus sur cette douleur. Raconte-moi.
Samuel : Je peux la voir clairement. C'était une sœur. Vous l'avez perdue, une sœur très jeune. Quelqu'un vous l'a enlevée.
Mulder : Que vois-tu d'autre ?
Samuel : Des étrangers. Une lumière vive.
Scully : Shérif ?
Samuel : Vous auriez dû venir ici plus tôt. J'aurais peut-être pu soulager votre douleur.
Shérif Daniels : Très bien, finissons-en.
Mulder : j'ai besoin d'une minute de plus avec lui.
Samuel : Je ne peux pas vous aider. Plus maintenant. Mon don a disparu.
Shérif Daniels : Menottez-le. Très bien, allons-y. Tu as le droit de garder le silence...
Tu as droit à un avocat...
Samuel : (se retournant vers Mulder) Je vais vous dire, M. Mulder. Dieu veille sur son troupeau. Il nous donne des signes tous les jours. Ouvrez votre cœur. Il pourrait bien vous ouvrir les yeux.
Alors que Samuel est emmené. Mulder est sous le choc.
Scully : Comment penses tu qu'il fait ça ?
Mulder : Je ne sais pas.
SCENE 4
TRIBUNAL DU COMTE DE KENWOOD
Audience préliminaire de Samuel. Mulder et Scully sont dans l’assistance.
L' Avocat de la défense : Compte tenu de son casier judiciaire vierge et de la nature hautement circonstancielle de cette affaire, je demande que mon client soit libéré sur parole, sans caution...
Samuel : (se levant) Monsieur le juge ! Ce n'est pas une bonne idée.
Révérend Hartley : (dans l'assistance) Samuel !
Samuel : Laissez-moi partir et vous en serez responsable !
Le Juge : (frappant son marteau) Ca suffit ! Ce n'est pas une chaire d’église ici. C'est un tribunal. C'est compris ?
Samuel : Oui, monsieur.
Il se rassoit.
l'Avocat de la défense : Désolé.
Le Procureur : Votre Honneur, bien que l'accusé ait avoué, nous ne voyons aucune raison d'imposer son maintien en prison jusqu'au procès. Mais nous demandons une caution minimale de 100 000 dollars.
Le Juge : Très bien. S'il n'y a pas d'objection, la caution est fixée à 100 000 dollars, qui doit être déposée directement sur le compte du greffe du Comté.
Alors que le juge parle, des sauterelles commencent à voler dans la salle d'audience. Des cris s'élèvent dans l’assistance. Le juge se lève et agite les mains pour chasser les sauterelles qui volent autour de lui.
Le Juge : Mon Dieu ! Mais qu'est-ce que... Bon Dieu ! Qu'est-ce que c'est que ça ?
La salle est envahie de sauterelles.
L'Avocat de la défense : Oh mon Dieu !
Samuel : (se levant et s'adressant à la foule) Que vous faut-il de plus pour croire ? Le Seigneur a témoigné contre moi. Le serpent doit-il vous mordre pour que vous compreniez ?
L'Huissier : Que tout le monde quitte la salle d'audience !
Samuel lève les bras vers le ciel et serre les poings tandis que l'assistance se précipite hors de la salle d'audience. Le révérend Hartley croise le shérif Daniels à la sortie de la salle et s'arrête, comme pour lui dire quelque chose. Derrière lui, Leonard Vance pose sa main sur l'épaule de Hartley. Hartley et Vance s'éloignent alors
SCENE 5
CHAMBRE D'UN MOTEL
Mulder et Scully sont dans la chambre d'un motel . Mulder lit la Bible tandis que Scully examine l'une des sauterelles.
Mulder : « Et quand le matin fut venu, le vent d’est apporta les sauterelles. Et les sauterelles couvrirent la surface de tout le pays, et le pays fut obscurci, et elles mangèrent toute l'herbe de la...
Scully : Pourquoi Mulder ?
Mulder : ... terre, et tous les fruits des arbres que la grêle avait laissés. »
Scully : Quelques milliers de sauterelles ne constituent pas un fléau. De plus, nous sommes dans une région agricole. Cette zone est un véritable terreau pour ce type d'invasion.
Mulder : Oui, peut-être dans un champ de maïs, mais cela s'est produit dans un tribunal.
Scully : Et ensuite ? Le massacre des premiers-nés ? Mulder, est-ce que cela a un rapport avec ce que Samuel a dit hier soir au bar, à propos de ta sœur ?
Mulder ferme la Bible et lui tend un dossier qui se trouvait sur le lit. Elle le parcourt.
Mulder : J'ai demandé à l'hôpital du comté de Kenwood de m'envoyer les dossiers de ces patients. Ceux qui sont allés voir Samuel après l'échec des traitements traditionnels.
Scully : « Rémission spontanée d'un cancer métastatique... régénération nerveuse après une paraplégie post-traumatique... »
Mulder : J'ai rencontré des dizaines de guérisseurs psychiques dans le cadre des Affaires non classées, mais aucun comme celui-ci. Je pense que le don de ce gamin est authentique.
Scully : Mulder, j'admets que c'est intrigant, mais il existe toute une variétes de livres médicaux qui traitent de cas inexpliqués.
Mulder : Eh bien, la médecine occidentale traite le corps humain en termes biochimiques, n'est-ce pas ?
Scully : Oui.
Mulder : Mais le corps peut également être traité comme un système électromagnétique.
Scully : Donc ta théorie c'est que Samuel peut réparer ce champ énergétique afin de guérir, mais il peut également le détruire afin de tuer.
Mulder : Pourquoi pas ?
Scully : D'accord, admettons que le toucher de Samuel puisse tuer. Pourquoi voudrait-il le faire ?
Mulder : Eh bien, tu l'as entendu, Scully. Il a pollué la rivière de sa propre foi. Cela signifie qu'il est...
On frappe à la porte. Mulder va ouvrir. C'est Leonard Vance.
Vance : Si vous êtes disponible, le révérend aimerait vous voir.
SCENE 6
RESIDENCE DU REVEREND HARTLEY
Mulder et Scully rendent visite à Hartley chez lui. Il est assis derrière un grand bureau, dos à la fenêtre.
Révérend Hartley : J'ai été soumis à beaucoup de stress ces derniers temps... Je sais que cela n'excuse pas mon comportement grossier d'hier, mais j'espère que vous trouverez dans vos cœurs la force de me pardonner.
Mulder : Pourquoi vouliez-vous nous parler ?
Révérend Hartley : J'ai besoin de votre aide.
Mulder : Samuel est jugé pour meurtre. Je pense que ce dont vous avez besoin, c'est d'un bon avocat.
Révérend Hartley : Samuel est innocent.
Mulder : Comment pouvez-vous en être sûr ?
Révérend Hartley : Parce que c'est mon fils.
Mulder : D’'une manière ou d'une autre, je ne pense pas que cet argument convaincra le jury. Et les aveux de Samuel n'aideront pas beaucoup non plus.
Révérend Hartley : Vous devez comprendre. Samuel est un jeune homme très compliqué. Il ressent les choses comme personne d'autre. Pour lui, une piqûre d'épingle devient une blessure béante. Son pouvoir vient de cette capacité à ressentir. Mais voyez-vous, certaines personnes craignent ce pouvoir. Et à cause de leur faiblesse et de leur peur, elles cherchent à le détruire.
Scully : Vous voulez parler du shérif Daniels ?
Révérend Hartley : Je veux dire que ce n'est un secret pour personne que le shérif Daniels essaie de me faire fermer boutique depuis que j'ai ouvert mon Eglise il y a dix ans.
Scully : Eh bien, il semble penser que votre Eglise est une imposture.
Révérend Hartley : C'est un homme sans foi, agent Scully. Sa femme souffre d'une arthrite très douloureuse, ses doigts sont tordus comme des racines amères. Pourtant, il empêche Samuel de la soigner.
Scully : Au vu des événements récents, vous ne pouvez pas lui en vouloir.
Révérend Hartley : Je ne sais pas comment ces pauvres gens sont morts. Je ne peux pas l'expliquer. C'est pourquoi je vous demande d'être là ce soir afin que vous puissiez voir par vous-mêmes Samuel accomplir l'œuvre de Dieu. Puis-je compter sur vous deux pour être présents ?
Mulder regarde derrière Hartley et aperçoit dans le jardin une jeune fille aux longs cheveux bruns, vêtue d'une robe rouge.
Scully : Je pense que oui. Mulder, qu'en penses-tu ?
Mulder : Excusez-moi.
Il part brusquement, à la surprise de Scully et Hartley. Mulder court vers la porte d'entrée et regarde autour de lui, mais ne voit aucun signe de la petite fille. Il y a un homme qui cire une des voitures dans l'allée.
Mulder : (à l'homme) Hé, où est-elle passée ?
L'homme : Qui ?
Mulder : Une petite fille.
L'homme : Il n'y a pas de petite fille par ici.
Mulder regarde à l'étage et voit Samuel debout à la fenêtre. Scully sort par la porte d'entrée.
Scully : Mulder. Qu'y a-t-il ?
Mulder :Une fille.
Scully : Qui ? Jessica Hahn ?
Mulder : Une petite fille.
Il regarde à nouveau vers la fenêtre à l'étage, mais Samuel n'est plus là.
SCENE 7
SOUS LA TENTE DE L EGLISE DES MIRACLES
Ce soir-là, les invités entrent dans la tente de l'Eglise des Miracles, ils passent devant une table où il y a des rafraîchissements. Leonard Vance les accueille.
Vance : Eh bien, mes frères et sœurs, servez-vous. Maintenant, laissez passer les personnes en fauteuil roulant, c'est ça, ne soyez pas timides.
Margaret Hohman, une jeune femme en fauteuil roulant, entre, suivie de ses parents.
Vance : Bonjour, bienvenue à l'Eglise des Miracles. Vous êtes tous venus pour voir Samuel ce soir ?
La mère de Margaret : Oui. Est-ce qu'il sera là ? Les journaux ont dit...
Vance : Oh, ne faites pas attention à ce que vous lisez dans les journaux. L'œuvre de Dieu sera accomplie. (Il tend une tasse à Margaret). Le jeune Samuel est ici pour chasser le diable et guérir les malades.
Le père de Margaret : Tu as entendu ça, ma chérie ?
Margaret Hohman : Est-ce qu'il pourra me voir ?
Vance : Eh bien, je vais te dire. Je vais glisser un mot en ta faveur, Comment t'appelles-tu, ma chérie ?
Margaret Hohman : Margaret Hohman.
Vance : Margaret ? Eh bien, Margaret, attends ici. Je vais voir si je peux trouver quelqu'un pour te mettre au premier rang. Ça te va ?
La mère de Margaret la serre dans ses bras tandis que celle-ci boit une gorgée de thé.
Dans les coulisses, Samuel est assis devant une coiffeuse. Hartley est derrière lui.
Samuel : Je ne peux pas y aller... pas après ce qui s'est passé.
Révérend Hartley : Dieu met notre foi à l'épreuve, mon fils. Et parce qu'Il t'a choisi pour agir à Son image, Il t'a soumis à l'épreuve la plus difficile qui soit. (Vance entre ) Ne renonce pas à tes dons, Samuel.
Samuel : Oh, bon sang...
Hartley soulève Samuel par les épaules et le retourne.
Révérend Hartley : Je suis prédicateur, mon fils. C'est mon don. Mais tous les sermons du monde ne pourraient égaler un seul petit miracle pour consolider la foi et l'espoir de ces gens. Laisse cet homme - (il pose une main sur l'épaule de Vance) - dont tu as sauvé la vie, témoigner ce soir de la grâce et de la bonté de ton pouvoir de guérison.
Vance : Ils t'attendent tous, Samuel.
Dans la tente, la chorale chante en boucle « Ready, you got to be ready » pendant que la foule applaudit et chante en chœur. Mulder et Scully entrent et trouvent une place.
Présentateur: Le révérend Calvin Hartley.
Hartley entre et salue sous les applaudissements.
Révérend Hartley : Oui, en effet, Dieu soit loué. Alléluia !
Tous : Alléluia !
Révérend Hartley : Loué soit le Seigneur !
Tous : Loué soit le Seigneur !
Révérend Hartley : Dieu est ici ce soir. Oh, oui !
Un assistant tend le plateau pour la quête à Mulder.
Assistant : Faites-le passer, s'il vous plaît.
Révérend Hartley : Je sens sa présence. Oh, amen.
Mulder tend le plateau à Scully, qui note la somme d'argent qu'il contient. Elle le fait passer.
Scully : Apparemment, les miracles ont un prix.
Révérend Hartley : Dieu est ici, et il est ici pour guérir !
La foule applaudit.
Révérend Hartley : Oui, guérissez. Alléluia. Il y a un homme que j'aimerais vous présenter, un homme qui a vu le visage de Dieu, mais qui ne s'est pas contenté d'aller dans ce lieu merveilleux, oh non. Non, Dieu avait une mission à lui confier ici, sur terre... comme au ciel, . (La foule applaudit) J'ai vu cet homme revenir d'entre les morts. (Il désigne Vance) Il se tient ici aujourd'hui comme un témoignage vivant de la capacité de Dieu à accomplir des miracles. Mesdames et messieurs, frères et sœurs, notre cher ami, Leonard Vance.
Il tend le micro à Vance.
Vance : Comme il est dit dans le Livre de Jean, chapitre 3, « nul ne peut accomplir ces miracles si Dieu n'est pas avec lui ». Cet homme, à qui je dois la vie, est Samuel Hartley, et il est ici ce soir pour vous guérir.
Révérend Hartley : Merci, Leonard. Mesdames et messieurs, le soldat de Dieu... Samuel Hartley.
Alors que Samuel fait son entrée sous les acclamations et les chants, Mulder aperçoit la petite fille sur le côté de la tente. Il se lève et se dirige dans cette direction.
Scully : Mulder ?
Samuel s'approche des personnes assises au premier rang.
Samuel : (touchant la joue d'une femme) Recevez l'amour de Dieu. (prenant la tête d'un jeune homme entre ses mains) Vous avez le pouvoir de Dieu.
Mulder se fraye un chemin à travers la foule, mais ne voit plus la petite fille.
Samuel s'agenouille devant le fauteuil roulant de Margaret.
Samuel : Priez avec moi.
Il touche sa joue. Les parents de Margaret, chacun une main sur son épaule, prient également.
Mulder continue à se frayer un chemin à travers la foule, mais ne voit pas la petite fille.
Samuel : Fermez les yeux.
Il continue à toucher sa joue. Margaret halète, puis commence à respirer bruyamment. Choqué, Samuel se lève et recule tandis que les parents de Margaret tentent de l'aider.
Le père de Margaret : Qu'avez-vous fait, mon garçon ?
Le révérend Hartley : Très bien, tout le monde, restez calmes. Laissons un peu d'espace à la jeune femme.
Scully se fraye un chemin à travers la foule pour rejoindre Margaret.
Scully : Je suis médecin.
Le révérend Hartley : Que tout le monde loue Dieu. Dites alléluia !
Scully rejoint Margaret et s'agenouille devant elle. Margaret est prise de convulsions.
Scully : Que quelqu'un appelle une ambulance !
Révérend Hartley : Bien, pas de paniques. Louez le Seigneur !
Le Shérif Daniels et Mulder s'approchent également. Margaret se tait et Scully vérifie son pouls, puis se relève.
Scully : (à Mulder) Elle est morte.
La mère de Margaret sanglote bruyamment et serre sa fille . Hartley éloigne Samuel, qui est également en larmes, de la scène.
SCENE 8
HOPITAL DU COMTE DE KENWOOD
Dehors, Vance s'adresse à un groupe de personnes en deuil qui portent des bougies.
Vance : ... une amie aimante. Des enfants de Dieu. Des frères et sœurs. Si vous profanez le corps, alors vous tuez l'âme. Gardons le corps de cette pauvre femme intact.
À l'intérieur, Scully parle au père de Margaret dans un couloir, tandis que Mulder s'appuie contre le mur à proximité.
Scully : Nous savons que le révérend Hartley a fait pression sur vous, mais c'est le troisième décès lié à l'Eglise des Miracles.
Le père de Margaret : Le révérend Hartley dit qu'une autopsie est contraire aux Écritures.
Scully : De quelle maladie souffrait votre fille, M. Hohman ?
Le père de Margaret : Elle avait une sclérose en plaques.
Scully : A-t-elle déjà eu des crises avant cela ?
Le père de Margaret : Pas à ma connaissance.
Scully : Vous voyez, je pense que la crise qu'elle a eue est le signe d'une sorte d'embolie ou d'anévrisme.
Le père de Margaret : Mais le garçon lui a seulement touché le front.
Scully : Et vous allez vous contenter de l'enterrer sans connaître la véritable cause de sa mort ? Sans savoir s'il y a eu un acte criminel ?
Le père de Margaret : Laissez-moi un moment.
Il s'approche et s'agenouille à côté de sa femme, qui est assise sur une chaise et pleure. Mulder et Scully s'éloignent dans le couloir et discutent à voix basse.
Mulder : Tu penses que c'est vraiment le garçon qui a fait ça ?
Scully : Non.
Mulder : Pourquoi pas ?
Scully : J'ai été élevée dans la religion catholique et je connais assez bien les Écritures. Et Dieu ne laisse jamais le Diable l'emporter.
Mulder : (souriant) Tu as dû vraiment aimer « L'Exorciste » ?
Scully : (acquiesçant et souriant) C'est l'un de mes films préférés.
Mulder s'appuie à nouveau contre le mur, l'air épuisé.
Scully : Alors, qui cherchais tu dans la foule ce soir ?
Mulder : J'ai cru voir quelqu'un que je connaissais.
Scully : Ce garçon te tracasse vraiment, n'est-ce pas ?
Mulder : Pourquoi dis tu cela ?
Scully : Au bar, Samuel a parlé de ta sœur. Est-ce ta sœur que tu as cru voir ?
Mulder : Je l'ai vue deux fois
Scully : Peut-être que tu veux simplement la voir.
Mulder : Oh... Je ne délire pas, Scully.
Scully : Mulder, ne sous-estime pas le pouvoir de la suggestion. La plus grande magie d'un guérisseur réside dans la volonté du patient d'y croire. Imagine un miracle et tu es à mi-chemin qu’il se réalise. Nous avons appris cela à la fac de médecine.
Mulder : Tu penses que c'est ce que Margaret Hohman et ses parents imaginaient ?
Ils remontent le couloir. Le père de Margaret s'approche.
Le père de Margaret : (acquiesçant) Nous allons vous aider dans votre enquête.
SCENE 9
MORGUE
Scully est en tenue chirurgicale , elle se prépare à procéder à l'autopsie. Elle aiguise un grand couteau.
Scully : (Au micro) : 23 h 21, le 7 mars. Le sujet s'appelle Margaret Hohman, femme, caucasienne, 48 kg.
Mulder tourne la tête alors qu'elle commence.
Il est maintenant 00.29
Scully : Mulder, viens voir ça.
Mulder : Je suis obligé ?
Scully : (avec un poumon dans les mains) Il y a des lésions sur les poumons ici. J'en ai trouvé partout dans le système cardiovasculaire et pulmonaire. Les muqueuses sont également très endommagées. Je pense qu'elle est morte d'hypoxie cellulaire , un manque d'oxygène dans les cellules.
Mulder : Qu'est-ce qui pourrait causer cela ?
Scully : À mon avis ? L'ingestion ou l'injection de cyanure de sodium ou de potassium, peut-être d'arsenic. Je ne le saurai pas exactement avant d'avoir effectué un dépistage toxicologique.
Mulder : Dans combien de temps ?
Scully : Les laboratoires ne seront pas ouverts avant demain matin.
Mulder : Vois si tu peux faire en sorte que cela soit fait le plus rapidement possible.
Il s'en va.
SCENE 10
PRISON DU COMTE DE KENWOOD
Samuel est allongé sur le lit dans sa cellule. Mulder s'approche avec un adjoint du Shérif.
Mulder : Samuel ? C'est l'agent Mulder.
Samuel : Oui. Que voulez-vous ?
Mulder : Je veux te parler. Si tu préfères que ton avocat soit présent...
Samuel : Peu importe. Non.
L'adjoint du Shérif ouvre la porte et Mulder entre.
Mulder : J'ai appelé le shérif Daniels. Il est en route. Je vais lui demander de te libérer.
Le gardien ferme la porte. Samuel se lève.
Samuel : Pourquoi faites-vous cela ? Vous étiez là, vous avez tout vu.
Mulder : As-tu empoisonné Margaret Hohman ?
Samuel : Est ce que je l'ai empoisonnée ?
Mulder : L'as tu empoisonnée avec du cyanure de potassium ou de sodium, car c'est ca qui l'a tuée.
Samuel : De quoi parlez-vous ?
Il s'assoit sur le lit.
Mulder :Tu es innocent, Samuel, à moins que tu n'ai un rôle dans l'administration du poison, et je ne pense pas que ce soit le cas.
Samuel : Quelle qu'en soit la cause, M. Mulder, je suis responsable.
Il s'allonge sur le lit.
Mulder : Eh bien, les preuves seront présentées demain lors de ta comparution. La loi sur l'habeas corpus obligera à te libérer, alors tu ferais mieux de rentrer chez toi et de te reposer.
Samuel : Laissez-moi tranquille, d'accord ?
Mulder : Écoute, Samuel, si tu penses que la punition pour tes péchés est la mort de ces personnes...
Samuel : Le Seigneur a témoigné contre moi, M. Mulder !
Mulder : Je ne peux pas rester ici à discuter de rhétorique biblique, mais je sais que la loi te déclarera innocent !
Samuel ne dit rien, mais baisse les yeux. Mulder s'agenouille devant lui.
Mulder : Tu as dit que tu pouvez ressentir ma douleur. Regarde-moi. (Samuel le fait) Que vois-tu maintenant ?
Samuel : Je ne vois rien. Je suis aveugle.
Mulder : Je ne te crois pas. Je l'ai vue. C'était elle, n'est-ce pas ?
Samuel : Votre sœur ?
Mulder : Tu l'as fait apparaître devant moi, n'est-ce pas ? Regarde-moi.
Samuel : (sèchement) Je suis très fatigué, M. Mulder.
Mulder : (d'une voix forte) Est-elle en vie ? C'est ce que je suis censé croire, ou est-ce un truc ?
Samuel : Vous voulez dire... un truc du Diable ?
Mulder : (soupir exaspéré) Gardien !
Mulder, agacé, sort à grands pas du bâtiment cellulaire et croise le shérif Daniels et un autre adjoint.
Shérif Daniels : Je vois que j'arrive un peu tard pour le bal.
Mulder : Je vous ai appelé ici pour vous demander de libérer le garçon.
Shérif Daniels : Sous quel prétexte ?
Mulder : Son innocence.
Shérif Daniels : N'êtes-vous pas un peu dépassé, agent Mulder ? C'est peut-être Hicksville pour vous ici, mais nous essayons de respecter la loi.
Mulder : Je ne veux pas me battre. Il semble déterminé à rester ici de toute façon.
Shérif Daniels : Qu'est-ce que cela vous fait dire ?
Mulder : Cela me fait dire que vous êtes déterminé à l'inculper, alors que le véritable suspect du meurtre est toujours en liberté.
Il s'en va.
Plus tard, l'adjoint, le même qui se tenait avec Daniels, amène deux hommes dans le bâtiment cellulaire et ouvre la porte de la cellule de Samuel.
Adjoint : J'ai de la compagnie pour toi, Sam.
Les hommes entrent, l'adjoint ferme la porte et s'éloigne. Les hommes plaquent Samuel contre la porte. Au bout du couloir, un prisonnier fixe l'adjoint du regard alors qu'il passe devant lui.
Adjoint : (au prisonnier) Qu'est-ce que tu regardes ?
De retour dans la cellule de Samuel, les deux hommes le frappent à plusieurs reprises.
SCENE 11
Le lendemain matin, l'adjoint Tyson sonne à la porte du shérif Daniels. Sa femme se dirige vers la porte dans son fauteuil roulant motorisé tandis que le shérif descend les escaliers.
Shérif Daniels : J'arrive. J'arrive.
Ils se dirigent ensemble vers la porte. Le shérif l'ouvre.
Adjoint Tyson : Madame. Shérif.
Lillian Daniels : Bonjour, Dennis. Comment allez-vous ?
Adjoint Tyson : Très bien, madame, très bien. (au shérif) Sauf qu'il y a eu un incident à la prison.
Shérif Daniels : Quel incident, Tyson ?
Adjoint Tyson : Le jeune prédicateur... il est mort.
SCENE 12
PRISON DU COMTE DE KENWOOD
À l'extérieur, le corps de Samuel est emporté sous les yeux d'une petite foule. Scully et Mulder sont avec le shérif.
Scully : Il était seul dans sa cellule quand Mulder l'a quitté ce matin. Comment cela a-t-il pu arriver ?
Shérif Daniels : Le garçon s'est battu avec deux voyous que nous avons arrêtés pour conduite en état d'ivresse. Il a reçu des coups assez violents à la tête. Il est mort avant l'arrivée de l'ambulance.
Hartley et Vance arrivent en voiture. Daniels s'éloigne.
Révérend Hartley : (au shérif) Son sang a coulé ! Et il est sur vous !
Il le pointe du doigt.
Vance : Révérend...
Le shérif s'arrête et Hartley s'approche de lui.
Révérend Hartley : Combien de temps allez-vous encore vous cacher derrière ce badge (il pointe le badge du doigt) avant que la vérité ne soit révélée ?
Shérif Daniels : J'ai du travail.
Il s'éloigne. Hartley commence à le suivre, mais Vance l'attrape par le bras. Scully s'approche d'eux.
Scully : Révérend Hartley. Nos sincères condoléances.
Révérend Hartley : (au bord des larmes) Ce garçon... il était béni. Il n'a jamais fait de mal à personne.
Vance : Allons, révérend. Nos amis découvriront la vérité sur Samuel tôt ou tard, et il vaut mieux qu'ils l'apprennent de vous. Allons-y. (à Scully) Madame.
Ils partent. Scully revient vers Mulder, qui est resté seul à regarder dans le vide.
Scully : Tu as cette expression sur le visage, Mulder.
Mulder : Quelle expression ?
Scully : Celle que tu as quand tu as oublié tes clés et que tu essaies de trouver un moyen de rentrer chez toi.
Il lui adresse un sourire crispé.
SCENE 13
SALLE DU TRIBUNAL
Plus tard, Mulder et Scully se trouvent dans la salle d'audience vide. Mulder regarde autour du banc du juge.
Scully : Que cherchons-nous exactement ?
Mulder : Des indices.
Scully : Oh.
Mulder s'approche et marche sur une sauterelle morte. Il la ramasse et l'examine.
Scully : Qu'est-ce que cela signifie ?
Ils lèvent les yeux et voient deux autres sauterelles mortes dans la bouche d'aération au-dessus de leur tête.
Mulder : Allons voir.
Sur le toit, Mulder trouve un petit morceau près de la bouche d'aération. Il appelle Scully.
Mulder : Scully. (lui montrant) C'est de la pomme de terre. (regardant dans la bouche d'aération) Quelqu'un a laissé une traînée de nourriture dans le système de ventilation, qui mène à la salle d'audience. On jette les sauterelles ici... et c'est le fléau immédiat.
Scully : Mais d'où viennent-elles toutes ?
Mulder : Les fournisseurs les élèvent généralement sur commande pour les fermes et les universités. Ça ne devrait pas être trop difficile de trouver qui les a mis là.
Scully : Et tu penses que celui qui a fait ça est responsable des meurtres.
Mulder acquiesce.
SCENE 14
RESIDENCE HARTLEY
Cette nuit-là, un orage fait rage dehors. Vance se retourne sans cesse dans son lit, dans une chambre à l'étage du manoir Hartley. Un coup de tonnerre retentit et Vance voit Samuel debout devant son lit. Une aura entoure le corps de Samuel. Vance halète et sort du lit.
Vance : Tu es mort. Ils t'ont tué.
Samuel : J'étais mort. Mais je suis là.
Vance : Non !
Samuel : Pourquoi m'as-tu trahi ?
Vance balance sa canne vers Samuel, mais ne touche rien. Samuel est maintenant derrière lui.
Samuel : Tu as assassiné ces gens. (Vance se retourne et halète à nouveau) Ils sont venus me voir pour que je les guérisse, et tu les as assassinés. Pourquoi ? Après que je t'ai rendu la vie ?
Vance : (montrant ses mains abîmées) Tu appelles ça la vie ?
Plus tard, Hartley répond à un coup frappé à la porte. C'est le shérif Daniels accompagné de Mulder et Scully.
Révérend Hartley : (au shérif) Que diable voulez-vous ?
Shérif Daniels : Nous avons un mandat d'arrêt contre Léonard Vance. Où est-il ?
Révérend Hartley : Vous devez vous tromper.
Scully : Je crains que non, révérend. Nous avons trouvé la trace d'une commande de pesticide qu'il a passée auprès d'une entreprise chimique de Knoxville. Du bromure de cyanogène, un dérivé du cyanure.
Révérend Hartley : Leonard a empoisonné ces gens ?
Alors qu'ils entrent dans sa chambre, Vance est allongé sur son lit, gémissant.
Shérif Daniels : Habillez-vous, Vance. Vous êtes en état d'arrestation.
Vance : (haletant) Je l'ai trahi.
Scully renifle le contenu d'un verre posé près de son lit.
Scully : Du cyanure. Impossible de savoir quelle quantité il a ingérée.
Mulder : J'appelle une ambulance.
Scully : C'est trop tard, nous devons l'emmener nous-mêmes à l'hôpital.
Vance : (à bout de souffle) Je me suis dit : « Pourquoi ne m'a-t-il pas laissé mourir ? » Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous vêtus d'habits de brebis, mais qui, au fond, sont des loups voraces. C'est ce que je pensais qu'il était, car qui d'autre m'aurait ramené... dans cet état là ? Il était là.
Mulder : Qui ?
Vance : Samuel.
Shérif Daniels : Cet homme délire.
Vance : Il était là, révérend. Dans cette pièce. Et il m'a pardonné.
Vance halète à nouveau et meurt.
SCENE 15
CHAMBRE DE SCULLY
Plus tard dans la nuit, Scully tape sur son ordinateur portable.
Scully : (voix off) Plutôt que de simplement tuer Samuel, Vance a préféré détruire la confiance que l'Eglise lui accordait. Nous avons des preuves irréfutables le reliant à la fois à l'infestation de la salle d'audience et à la mort par empoisonnement de trois membres de l'Eglise. L'obsession de Vance a toutefois survécu à Samuel. Sa conscience l'a hanté jusqu'à ce qu'il délire et finisse par se suicider, mettant ainsi fin à notre enquête. À la lumière de ces informations, il est très peu vraisemblable qu'il y ait jamais eu de miracles à Kenwood, Tennessee.
Mulder est dans sa chambre, en train de faire ses valises, y compris une photo encadrée de Samantha. Son téléphone sonne.
Mulder : (au téléphone) Mulder.
Alors que Scully ferme son ordinateur, on frappe à sa porte.
Mulder : (depuis l'extérieur) Scully. (Elle ouvre la porte) Le shérif Daniels vient d'appeler. Le corps de Samuel a disparu de la morgue.
SCENE 16
MORGUE
À la morgue, Mulder sort le plateau vide où reposait le corps de Samuel. Il est avec Scully, le shérif Daniels et l'adjoint Tyson.
Mulder : Y a-t-il des témoins ?
Adjoint Tyson : Un seul, pour l'instant. L'infirmière de nuit qui a fait le rapport, Béatrice Salinger.
Mulder : A-t-elle vu quelqu'un emporter le corps ?
Adjoint Tyson : Pas vraiment.
Mulder : Comment ça, pas vraiment ?
Shérif Daniels : Soyez clair, Tyson.
Adjoint Tyson : Elle n'a pas vraiment vu quelqu'un emporter le corps.
Shérif Daniels : Alors quoi ?
Adjoint Tyson : Elle... Elle prétend avoir vu Samuel sortir tout seul. Ça semble fou, je sais, mais c'est ce qu'elle m'a dit.
Mulder : (en sortant de la morgue) Vous venez, shérif ?
Mulder, Scully et le shérif discutent maintenant avec Beatrice Salinger.
Beatrice Salinger : Je buvais mon café et je passais en revue les ordres de la nuit pour mon service, quand il est passé juste à côté de moi. Son visage était tout noir et bleu.
Mulder : Et vous êtes sûre que c'était lui ?
Beatrice Salinger : Au début, j'ai cru que mes yeux me jouaient des tours, ce qui arrive souvent pendant le service de nuit. Je me suis donc levée pour regarder à nouveau, mais je l'ai perdu de vue juste au coin du couloir. Il a tout simplement disparu. Je suis alors allée vérifier à la morgue, mais son corps n'était plus là.
Shérif Daniels : Je n'en crois pas mes oreilles. C'est complètement fou. Je ne vais pas écouter plus longtemps les propos farfelus de cette femme.
Il commence à s'éloigner.
Beatrice Salinger : Je ne suis pas la seule à l'avoir vu, Shérif, donc je sais que je ne suis pas folle. D'autres personnes l'ont vu aussi. (Le shérif s'en va.)
(À Mulder et Scully.) Je ne suis pas folle. C'était Samuel.
SCENE 17
RESIDENCE DU SHERIF DANIELS
Daniels rentre chez lui le lendemain matin. Il s'arrête sur un pont en bois qui enjambe un fossé dans son jardin et s'assoit sur la balustrade, pensif.
Plus tard, sa femme lit le journal du matin, dont la une titre en gros caractères : « UN GUÉRISSEUR ASSASSINÉ RESSUSCITÉ / UNE INFIRMIÈRE AFFIRME EN ÊTRE TÉMOIN ». Le shérif s'assoit tranquillement près d'elle.
Lillian Daniels : Ce n'est pas vrai, Maurice ? N'est-ce pas ? Ce garçon était un horrible imposteur, comme tu l'as dit, n'est-ce pas Maurice ? (émue) N'est-ce pas, Maurice ?
Il la regarde mais ne répond pas. Elle se met à pleurer. On frappe à la porte. Le shérif ouvre la porte et aperçoit les gyrophares de la voiture du shérif adjoint Tyson.
Adjoint Tyson : Monsieur... je vais devoir vous demander de me suivre. Le procureur veut vous poser quelques questions concernant la mort du garçon.
SCENE 18
A L EXTERIEUR DE LA TENTE DE L EGLISE DES MIRACLES
Plus tard, Scully et Mulder se trouvent devant la tente de l'Eglise des Miracles tandis que des ouvriers transportent une grande pancarte sur laquelle on peut lire « Eglise des miracles - Samuel Sauve » ). Ils jettent également des affiches "Samuel Guérit"
Scully : Les dimanches ne seront probablement plus jamais les mêmes dans cette région.
Mulder : J'ai le sentiment que le révérend Hartley ne va pas pouvoir abandonner la chaire.
Scully : Même sans son fils ?
Mulder : Cela pourrait même renforcer sa foi. Souviens-toi, le garçon est revenu d'entre les morts. Ce genre de chose n'arrive qu'une ou deux fois tous les deux mille ans environ.
Scully : Oui, et j'ai une histoire à propos d'une invasion de sauterelles. J'espère juste que le révérend Hartley n'a pas organisé ce vol de cadavre comme son miracle suprême.
Mulder : Franchement, je ne pense pas.
Scully : Que penses-tu exactement ?
Mulder : Je pense que les gens recherchent désespérément des miracles... à tel point qu'ils finissent peut-être par voir ce qu'ils veulent voir.
Il s'approche de la voiture et déverrouille la porte. Dans la vitre, il voit à nouveau le reflet de la petite fille. Il se retourne brusquement, mais ne la voit pas. Alors qu'il scrute les environs, Scully s'installe sur le siège passager.
Tu viens, Mulder ?
Il monte et s'éloignent, passant devant une poubelle sur laquelle sont collées plusieurs affiches « Samuel guérit »
FIN