SCÈNE 1
LABORATOIRE DE PROPULSION MAHAN,
INSTITUT DE TECHNOLOGIE DE WASHINGTON, COLSON, WASHINGTON
Un concierge, Roland Fuller, nettoie le sol dans un couloir. Il glisse son badge dans un lecteur, puis tape un code sur le clavier, mais la porte reste fermée. Un autre homme, le Dr Keats, s’approche alors que Roland essaie à nouveau, sans succès. L’homme attrape impatiemment le badge de Roland.
Dr Keats : Ici, laisse-moi faire. Entre ton numéro, puis ta carte. Quel est ton numéro, Roland ?
Roland : 315.
Keats tape le code puis passe la carte dans le lecteur. La porte s’ouvre.
Dr Keats : Tu vois comme c’est facile ?
Alors que Keats entre, un moteur à réaction tourne dans une soufflerie. Les Drs Nollette et Surnow sont devant les commandes.
Dr Nollette : Efficacité du moteur ?
Dr Surnow : 94 %.
L’indicateur de Mach dépasse 13,0.
Dr Nollette : Il nous en faut plus. Comment se maintient la contre-pression ?
Dr Surnow : À ton avis ? Elle augmente.
Dr Nollette : Augmente l’inclinaison des pales. J’ai dit, augmente l’inclinaison des pales !
Dr Surnow : L'inclinaison de la lame est de Pi sur 9. Nous avons atteint la vitesse maximale.
Surnow tend la main vers un interrupteur sur les commandes, mais Nollette lui attrape la main.
Dr. Nollette : Non. Laissez tomber ! Ça va marcher !
Dr. Surnow : Le moteur va se détruire ! Je ne vais pas faire ça !
Surnow appuie sur une touche du clavier. Le moteur commence à ralentir.
Dr. Nollette : Il ne va pas se détruire. Allez, on y est presque !
Dr. Surnow : Il y a quelque chose qui ne va pas avec notre équation.
Le moteur continue de ralentir tandis que Keats s’approche par derrière.
Dr Keats : Que s’est-il passé ?
Dr Nollette : Rien. Parce que Surnow a tout arrété.
Dr Surnow : Je protège juste le bébé… et quatre ans de travail, Frank !
Dr Nollette : Quatre ans de travail qui ne mèneront à rien, parce que si on ne montre pas de progrès, ils vont nous couper les vivres, Ron.
Nollette sort.
Dr Keats : Il a raison, tu sais. On aurait dû continuer le test.
Dr Surnow : Quelqu’un va atteindre Mach 15, et je veux que ce soit nous. Je ne vais pas tout compromettre juste parce que vous êtes tous les deux impatients de voir votre nom imprimé
Dr Keats : C’est ce qui est imprimé qui apporte l’argent, Ron.
Dr Surnow : Si vous voulez vous planter ensemble, très bien. . Allez-y. Moi, je vais faire les calculs.
Keats sort.
Roland : Bonne nuit, Dr Keats.
Surnow écrit une équation au tableau blanc pendant que Roland nettoie le sol. Surnow appuie alors sur une touche et la porte de la soufflerie s'ouvre. Il entre et ouvre un panneau intérieur pour accéder aux commandes. Roland se dirige vers le clavier et appuie sur une touche. La porte de la soufflerie se referme alors que Surnow est encore à l'intérieur.
Dr Surnow : Mais qu'est-ce qui…….. ?
Il regarde par une fenêtre et aperçoit Roland au clavier.
Dr Surnow : Roland, ouvre la porte. Ouvre la porte. Roland, je veux que tu m'écoutes très attentivement. Nous devons ouvrir cette porte, Roland. Arrête de taper, Roland !
Roland continue de taper au clavier et les aubes d'entrée de la soufflerie s'ouvrent. Le moteur démarre alors et la vitesse du vent commence à augmenter.
Dr Surnow : Roland, ouvre la porte ! Qu'est-ce que tu fais ? Ouvre la porte !
L'indicateur de Mach approche de 1,0 et le bloc-notes de Surnow est emporté dans le moteur par le vent.
Dr Surnow : Roland ! Tu m'écoutes ?
Roland cesse de taper et se dirige vers le tableau blanc, tandis que Surnow lutte contre le vent pour atteindre l'entrée du tunnel. Roland efface l'équation que Surnow avait écrite. Surnow accroche ses doigts à la grille métallique au fond du tunnel tandis que le vent lui soulève les pieds. Il hurle lorsque l'indicateur de Mach dépasse 3,0. Roland commence à écrire sa propre équation au tableau. L'indicateur de Mach dépasse 4,0, et Surnow, allongé à l'horizontale, agrippé à l'écran, hurle. Roland termine d'écrire l'équation, et l'indicateur de Mach approche les 7,0. Alors que Roland retourne vers le clavier, on aperçoit par la fenêtre Surnow qui est projeté vers le tunnel en direction du réacteur. Un bruit de succion se fait entendre. Roland reprend le nettoyage du sol.
SCÈNE 2
Mulder et Scully parcourent le couloir menant à la salle de contrôle de la soufflerie.
Mulder : Comment s'est passé le mariage ?
Scully : Tu veux dire le moment où le marié s'est évanoui ou celui où le chien a mordu le batteur ?
Mulder : Tu as attrapé le bouquet ?
Scully : Peut-être (Regardant un dossier dans la main de Mulder) C'est donc de ça dont tu ne pouvais pas me parler au téléphone ?
Mulder : (lui tendant le dossier) Le projet dont tout le monde dit qu'il n'existe pas, existe bel et bien.
Scully : (lisant l'étiquette) Le projet Icare ?
Mulder : La prochaine génération de moteurs à réaction, capable de doubler les vitesses supersoniques actuelles en consommant deux fois moins de carburant. Du moins en théorie.
Scully : Et Ronald Surnow était un ingénieur aéronautique qui travaillait dessus ici, à l'université.
Mulder : Oui.
Scully : Ils sont proches du but ?
Mulder : Je ne suis pas certain, mais Surnow est le deuxième scientifique de l'équipe à mourir ces six derniers mois.
Scully : D'accord, mais en quoi est-ce une affaire non-classée ? Mulder, tu ne penses pas que cela ait quoi que ce soit à voir avec la technologie des OVNI ?
Mulder : Il y a quelque chose d'inexplicable ici, Scully, mais ce n'est certainement pas impossible à identifier.
Ils entrent dans la salle de contrôle.
Mulder : (à un homme à l'intérieur) Keats ?
Homme : (désignant Keats) Là.
Mulder : Docteur Keats ? Nous sommes du FBI. Je suis l'agent Mulder, voici l'agent Scully. (Mulder montre son badge et ils se serrent la main) Nous avons cru comprendre que vous aviez découvert le docteur Surnow ce matin.
Dr Keats : Ce qu'il en restait.
Ils entrent dans la soufflerie, où plusieurs autres scientifiques, dont Nollette, examinent le moteur.
Scully : Comment pensez-vous qu'il se soit retrouvé coincé dans la soufflerie ?
Dr Keats : Quelqu'un a dû l'y enfermer. La porte ne peut être ouverte ou verrouillée que de l'intérieur.
Scully : Par ordinateur ?
Dr Keats : Nous avons déjà expliqué cela à la police.Combien de fois devons-nous le répéter ?
Scully : Un autre membre de votre équipe est décédé il y a peu. N'est-ce pas ?
Dr Nollette : (s'approchant d'eux) Oui. Arthur Grable. Il est décédé dans un accident de voiture en novembre. Je suis Frank Nollette. Je travaille également sur ce projet.
Il serre la main de Mulder et Scully.
Scully : Êtes-vous certain qu’il s’agissait d’un accident ?
Dr Keats : Où voulez-vous en venir ?
Mulder sort de la soufflerie.
Scully : Votre travail semble être une cible idéale pour l'espionnage industriel.
Keats et Nollette échangent un regard. Mulder est dans la salle de contrôle, les yeux rivés sur le tableau blanc où sont inscrites plusieurs équations.
Mulder : (montrant la dernière ligne du doigt) Qui a écrit ça ?
Les trois autres rejoignent Mulder dans la salle de contrôle.
Dr Nollette : Ron travaillait dessus quand je suis partie.
Mulder : Voyez-vous, l'écriture ici ne correspond à aucune autre écriture sur le tableau.
Dr Keats : Ce n'est pas la miene.
Mulder : (vérifiant le dossier) Et Roland Fuller ?
Dr Nollette : Euh, Roland est le… euh… concierge.
Mulder : Eh bien, d'après le rapport de police, il était la seule autre personne présente hier soir.
Dr Keats : Roland n'a pas fait ça.
Scully : Comment le savez-vous ?
Dr. Keats : Disons simplement que Roland n'est pas vraiment un génie.
SCÈNE 3
CENTRE DE RÉINSERTION HERITAGE
COLSON, WASHINGTON
Roland lèche et applique des étoiles autocollantes sur une affiche où est écrit « Tracy ». Il la fait glisser sur la table vers Tracy.
Roland : Tiens.
Tracy : « Tracy. »
Roland : Avec des étoiles.
Mme Stodie : (entrant avec Mulder et Scully) Roland ? Il y a des personnes ici qui aimeraient te parler.
Roland : Oh,. J’ai dépassé du papier. Désolé.
Mme Stodie : Ce n’est pas grave, Roland. Tracy, voudrais-tu venir m’aider dans la salle TV?
Tracy : D’accord.
Mme Stodie et Tracy sortent.
Mulder : Salut, Roland. Ça te dérange si on s’assoit ?
Roland : OK.
Mulder : Merci. Ça te dérange si on te pose quelques questions ? Tu te souviens avoir travaillé hier soir ?
Roland : Euh
Scully : Tu te souviens avoir vu quelque chose d’inhabituel ? Vu des inconnus ? (Roland secoue la tête.) Est-ce que le Dr Surnow ou le Dr Keats ou le Dr Nollette ont fait quelque chose d’inhabituel ?
Roland : Non.
Scully : Tu dois aimer les étoiles.
Roland : Cent quarante-sept.
Scully : Pardon ?
Roland : (pointant le chemisier de Scully) Des étoiles.
Scully regarde son chemisier, qui a des étoiles dessus.
Mulder : Tu aimes aussi les nombres.
Roland a une vision soudaine dans laquelle la tête du Dr Keats est gelée. Il réagit violemment, poussant la boîte d’étoiles hors de la table. Il court partout et commence à les ramasser. Scully arrive pour l’aider.
Scully : Roland, laisse-moi t’aider.
Roland : (en ramassant les étoiles) Un, deux, trois, quatre, cinq ...
Mulder regarde un morceau de papier sur lequel Roland travaillait. Le nombre 15626 y est écrit à plusieurs endroits.
Roland : ... six ...
Mme Stodie : (entrant dans la pièce) Roland.
Roland : ... sept ...
Mme Stodie : Tout va bien ?
Roland : ... huit, neuf ...
Mulder plie le morceau de papier et le met dans sa poche.
Mme Stodie : Roland, est-ce que ça va ?
Roland : ... dix, onze, douze, treize ...
Mme Stodie : Que s’est-il passé ?
Roland : ... quatorze ...
Mme Stodie : Qu’est-ce que vous lui avez dit pour le perturber à ce point ?
Roland : ... quinze, seize, dix-sept …
SCÈNE 4
SIÈGE RÉGIONAL DU FBI, SEATTLE, WASHINGTON
Mulder et Scully consultent un graphologue qui projette l'écriture du tableau blanc au mur à l'aide d'un rétroprojecteur.
Graphologue : C’est définitivement l’œuvre d’un quatrième individu distinct. L'écriture cursive des docteurs Surnow, Keats et Nollette ne correspond pas à ce que vous avez trouvé sur le tableau.
Mulder : Pourriez-vous me rendre service et essayer ceci ?
Il tend au graphologue le papier qu'il a pris à Roland.
Scully : Qu'est-ce que c'est ?
Mulder : C'est quelque chose que Roland griffonnait chez lui.
Scully : Tu ne penses tout de même pas que Roland…
Mulder : À part Nollette et Keats, c'est la seule personne dont on peut prouver la présence au laboratoire ce soir-là.
Scully : Oui, mais on parle d'une équation complexe de dynamique des fluides. Roland Fuller a à peine un QI de 70.
Mulder : Tu as pourtant constaté ses aptitudes en mathématiques. Certains autistes ne présentent-ils pas des capacités hors du commun ?
Scully : Oui, mais même les savants se comportent comme des calculateurs humains. Je veux dire, ils peuvent effectuer certaines opérations, mais ils sont incapables de donner la valeur d'un nombre, ni même sa signification.
Graphologue : Je déteste prendre parti, mais la réponse est non. Le trait final sur le 6, le toit sur le 5… Je suis désolé. Il ne l'a pas écrit.
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Roland se tourne et se retourne dans son sommeil. Il a une vision fugace du Dr Keats aux prises avec quelqu'un. Il se réveille.
SCÈNE 5
LABORATOIRE DE PROPULSON MAHAN , BÂTIMENT 214
Keats travaille au laboratoire. Il écoute de la musique avec des écouteurs, assis à un terminal. La porte du laboratoire s'ouvre et Roland entre. Il s'approche furtivement de Keats par-derrière et lui fracasse sa tasse de café sur la tête. Il traîne ensuite Keats, inconscient, jusqu'à un grand conteneur d'azote liquide et en soulève le couvercle.
Portant des gants cryogéniques, il saisit Keats et tente de lui plonger la tête dans l'azote liquide. Keats reprend conscience et se débat, mais Roland lui attrape les cheveux et lui enfonce la tête de force dans l'azote liquide. Quelques secondes plus tard, il retire la tête gelée du conteneur et jette le corps de Keats sur le côté. Un bruit de fracas retentit. Tandis que Roland s'éloigne, des morceaux de la tête de Keats jonchent le sol. Roland marche sur ce qui ressemble à une oreille. On entend le bruit d'un clavier.
SCÈNE 6
Scully et Mulder sont sur les lieux du meurtre de Keats. Sur le sol se trouve le contour habituel du corps, sauf qu’il n’y a pas de tête. Il y a aussi une vingtaine de marques « X » autour du corps ainsi que les contours de plusieurs morceaux plus grands. Un policier, un détective et un photographe de la police sont également présents.
Scully : Un objet organique exposé à de l’azote liquide à moins 320 degrés gèle, présentant une grande résistance à la traction, mais reste vulnérable aux contraintes de compression ou d’impact. J’ai déjà vu cela sur un poisson...
Mulder : Je ne pense pas qu’ils feront cette expérience dans Beakman’s World. (il s’approche du détective et pointe l’ordinateur) Ça a déjà été relevé ?
Détective : Faites-vous plaisir.
Mulder s’assoit devant le terminal et affiche un répertoire de fichiers. Le répertoire montre que les deux dernières entrées sont KMAN.DOC et ARTHUR.DOC. En dessous se trouve une invite de mot de passe.
Mulder : Hé, Scully ! Regarde ces fichiers. KMAN, ça doit être Keats. Son fichier a été fermé à 00 h 31 la nuit dernière.
Scully : Mais regarde, quelqu’un d’autre a ouvert un fichier sous le nom d’Arthur après 00 h 31.
Mulder : Et a travaillé dessus pendant presque 5 heures.
Scully : Eh bien, ça ne pouvait pas être Keats. À en juger par la rigidité du corps, il était mort vers 00 h 30.
Mulder : Donc tu dis que quelqu’un est entré ici, a tué Keats, puis a simplement travaillé sur un ancien fichier du Dr Arthur Grable ?
Scully essaie de consulter le fichier mais obtient un message « accès refusé ».
Scully : Bon, je ne peux pas accéder au fichier ARTHUR. On va avoir besoin du mot de passe.
Mulder : Essaie 15626.
Scully a l’air perplexe mais essaie. Un graphique de la température d’entrée de la turbine apparaît à l’écran.
Scully : Comment savais-tu que ça...
Mulder : C’est le travail d’Arthur Grable sur la même équation de dynamique des fluides sur laquelle les autres travaillaient. (il fait défiler d’autres graphiques) Regarde toutes ces entrées. Quelqu’un a continué son travail pendant les six mois qui ont suivi sa mort.
Scully : Comment savais-tu quel était le mot de passe ?
Il lui montre la page de gribouillages de Roland sur laquelle est écrit 15626.
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Roland est en train de rêver :
Un petit enfant se tient sur un porche devant une femme qui dit « Fais un signe. Dis au revoir de la main. » Un autre enfant, le jumeau du premier, pleure tandis qu’une femme le met sur la banquette arrière d’une voiture. La voix de la femme continue de dire « Dis au revoir. »
Roland se réveille. Il est dans son lit mais porte ses vêtements de travail. Mme Stodie entre.
Mme Stodie : Roland ? Pourquoi as-tu dormi avec tes vêtements la nuit dernière ? Bon, allons t’habiller. Tu as des visiteurs.
Mulder et Scully entrent derrière elle.
Roland : (à Mme Stodie) Je ne suis pas censé leur parler.
Mme Stodie : Qui t’a dit ça ? Tu te souviens de cette discussion qu’on a eue sur le fait d’être timide. Ce sont des gens gentils, Roland.
Mulder s’est glissé dans le placard de Roland.
Mulder : Hé, Roland, tu as plus de chemises que moi. (il tient une chemise bleu marine avec des motifs blancs) Je pense que celle-ci aurait du style aujourd’hui. Qu’en penses-tu ?
Roland : La verte.
Mulder : La verte ?
Roland : S’il vous plaît.
Scully : Mme Stodie, puis-je vous parler une seconde ? À plus tard, Roland.
Scully et Mme Stodie quittent la pièce.
Mulder : (il sort la chemise verte) Celle-ci ? Voilà. Alors, tu aimes ton travail à l’Institut,Roland?
Roland : (en enfilant la chemise) Oui.
Mulder : J'ai entendu dire que tu étais très doué. Te souviens-tu comment tu as obtenu ton emploi?
Roland : Un homme a parlé à Mme Stodie.
Mulder : Quel homme ?
Roland : Le docteur Grable.
Mulder : Le docteur Grable était-il gentil avec toi?
Roland : Oui.
Mulder : Quand lui as tu parlé pour la dernière fois ? La semaine dernière, avant-hier ?
Roland : Le docteur Grable est décédé.
Mulder : Je suis désolé.
Roland : Oui. Les gens meurent. Ils disparaissent… et ils ne sont pas censés revenir.
Scully et Mme Stodie discutent dans une autre pièce. Tracy nettoie le sol à proximité.
Scully : Roland a-t-il déjà mentionné le nom d’Arthur ?
Mme Stodie : C’était le prénom du docteur Grable. Mais nous l’appelions simplement Docteur Grable. Je doute que Roland ait même su que son prénom était Arthur.
Tracy a interrompu son nettoyage et écoute aux portes.
Scully : Mme Stodie, puis-je obtenir une copie du dossier de Roland et de ses antécédents médicaux ?
Mme Stodie : Les dossiers de nos patients sont confidentiels.
Scully : Je comprends, mais j’ai des raisons de les obtenir, et moins nous passerons de temps au tribunal, plus nous aurons de temps pour aider Roland.
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Mulder et Scully sont assis à une table dans une bibliothèque.
Mulder : Roland Fuller a été engagé par Arthur Grable. Il s'est rendu au centre de réinsertion précisément pour y trouver une personne souffrant d'un handicap mental.
Scully : Tu insinues qu'Arthur Grable a engagé Roland pour se servir de lui ? (Mulder lève les sourcils) Et tu insinues qu'Arthur Grable n'est pas mort ?
Mulder : Eh bien, s'il avait l'intention de tuer Nollette, Keats et Surnow, pourquoi ne pas avoir fait en sorte qu'il paraisse le moins suspect ?
Scully : Oui, mais à en juger par ça, (elle brandit une photo du lieu de l'accident de Grable) il est réduit en bouillie.
Mulder : Peut-être qu'il a tout mis en scène. Cela expliquerait pourquoi son travail continue, six mois après sa « mort ».
Scully : (lisant le dossier de Grable) Cette nécrologie indique qu'Arthur Grable est né à Seattle. Son père était un grand banquier, sa mère était active dans plusieurs œuvres caritatives. Fils unique. Diplômé avec mention très bien en physique. Doctorat et post-doctorat en ingénierie aéronautique à Harvey Mudd. Un avenir brillant, tragiquement interrompu.
Mulder : (lisant le dossier de Roland) Roland est lui aussi originaire de Seattle. Il a passé la majeure partie de sa vie au centre Heritage. L’identité de ses parents est protégée par la justice. On dispose de très peu d’informations sur Roland avant l’âge de trois ans. C’est à cet âge qu’il a intégré le programme Heritage.
Scully : Est-ce que sa date de naissance est indiquée ?
Mulder : (feuilletant quelques pages) 15 juillet 1952.
Scully : (feuilletant également les pages) C’est aussi la date de naissance d’Arthur.
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Tracy et Roland sont au centre , en train de dessiner. Roland dessine un avion.
Roland : Tu n'aimerais pas pouvoir voler ?
Tracy : Je peux… quand je rêve. (elle s'approche de lui) Tu sais, les gens peuvent tout faire dans un rêve. Une fois, j'ai rêvé qu'on était mariés et qu'on vivait dans une maison. Et toi, Roland, tu rêves ?
Il a l'air agité. Tracy s'agenouille près de lui.
Tracy : Tu peux me le dire. Roland ? Qui est Arthur ?
Roland se tourne brusquement vers elle. Il a une vision où il pousse Tracy au sol et l'étrangle. Il hurle, la repousse et sort en courant de la pièce.
Tracy : (en pleurs) Je suis désolée, Roland. Je suis désolée !
Roland est monté en courant et s'est enfermé dans la salle de bain. Il s'assoit par terre.
Tracy : (frappant à la porte) Roland ! Roland !
Roland : (criant) Va-t'en !
Il a une autre vision où il étrangle Tracy.
Tracy : Roland, qu'est-ce qui se passe ?
Roland : Va-t'en ! Je ne veux pas te faire de mal. Va-t'en ! (Tracy pleure à la porte) Va-t'en.
SCÈNE 7
Mulder et Scully sont avec Nollette dans son bureau. Mulder montre une photo où l’on voit des étudiants « hippies » dans un bureau. Il y a une Volkswagen derrière eux.
Mulder : C’est vous ?
Dr Nollette : Oui.
Mulder : Sympa la coupe. C’est quoi l’histoire ?
Dr Nollette : (en soupirant) Euh, un de mes professeurs de physique quantique à Harvey Mudd m’a recalé. Il contestait les principes de l’une de mes théories — une théorie que j’ai publiée plus tard dans « Nature ». Bref, euh, pour me venger de lui, (il rit) un après-midi, on a décidé de démonter sa voiture et de la remonter dans son bureau, en la laissant en marche.
Mulder : (à Scully) Hmmm, un grand classique d'intellectuels
Dr Nollette : C’était l’idée d’Arthur Grable.
Scully : C’est Arthur Grable, là, assis sur la chaise ?
Elle désigne un homme barbu assis au premier plan.
Dr Nollette : Oui.
Scully : C’était un farceur ?
Dr Nollette : En plus de tout son génie, il avait un talent exceptionnel pour exécuter des plans complexes.
Mulder : Serait-il capable de faire croire qu’un homme avec un QI de 70 accède à ses anciens fichiers informatiques et, euh, les utilise ?
Dr Nollette : Arthur devrait encore être en vie.
Scully : Aurait-il pu simuler sa propre mort ?
Dr Nollette : Non.
Mulder : Le rapport de police sur l’accident de voiture qui a tué Arthur Grable est incomplet. Chaussée sèche, aucun problème mécanique constaté. Le corps n’a jamais été admis à la morgue du comté et il n’y a pas eu de funérailles.
Dr Nollette : (se levant) Si, euh, vous essayez de suggérer qu’Arthur Grable a tué Surnow et Keats et qu’il va s’en prendre à moi ensuite, vous êtes complètement à côté de la plaque. Art n’aurait pas pu commettre ces meurtres.
Scully : Comment pouvez-vous en être si certain ?
SCÈNE 8
FONDATION AVALON,
INSTITUT DE TECHNOLOGIE DE WASHINGTON, COLSON, WASHINGTON
Mulder et Scully discutent avec le Dr Barrington. Ils examinent un réservoir en acier inoxydable, numéroté « 18 », qui comporte un indicateur de température affichant -320 °F.
Barrington : Voici Arthur Grable. Euh… en raison des graves lésions internes causées par l’accident de voiture, nous n’avons pu conserver que la tête.
Scully : Votre client ne trouverait-il pas quelque peu gênant d'être décongelé plus tard pour découvrir qu'il n'a plus aucune mobilité fonctionnelle ?
Barrington : Nous pensons que d'ici à ce que la science trouve un moyen de ressusciter nos clients…
Mulder : …vous saurez aussi comment cloner de nouveaux corps pour eux.
Barrington : Exactement. Cette technologie progresse plus vite que quiconque ne l'aurait imaginé. Demandez à n’importe qui ici à l’université. Ainsi, tandis que pour nous, chaque seconde qui passe nous rapproche de la mort, pour nos clients, elle les rapproche de la vie.
Mulder remarque que l'indicateur de température oscille entre -319 et -320.
Mulder : Ces fluctuations de température sont-elles fréquentes ?
Barrington : Non, nous avons eu des problèmes avec la capsule du Dr Grable. Les techniciens l'ont vérifiée, mais n'ont rien trouvé d'anormal.
Mulder : Est-il possible que le cerveau soit à l'origine de ces fluctuations ?
Barrington : Non, mais nous cherchons une explication. Le patient n'est pas en danger. Il reste parfaitement conservé tant qu'il y a de l'azote liquide dans la capsule.
Scully : Pourrions-nous consulter le dossier d'Arthur Grable ? (Il lui tend un dossier.) Merci. Docteur Barrington, selon votre vision de la médecine du futur, quelles seront les conditions requises pour être donneur d'organes ou de tissus ?
Barrington : Les mêmes qu'aujourd'hui : compatibilité génétique. L'idéal est que le donneur soit un membre de la famille.
L'indicateur de température fluctue à nouveau et émet un bip. Barrington s'approche pour examiner le problème. Scully appelle Mulder.
Scully : Mulder ? Arthur Grable n’a inscrit qu’un seul donateur.
Le formulaire mentionne Roland Fuller.
Mulder : Roland Fuller et Arthur Grable sont nés le même jour. Je crois qu'ils sont jumeaux.
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Mulder et Scully travaillent avec un technicien devant un ordinateur. Ils modifient une photo d'Arthur Grable.
Technicien : Plus âgé ou plus jeune ?
Mulder : Même âge, juste moins poilu et avec une meilleure vue.
Technicien : Compris. Et la moustache ?
Scully : Non, enlevez toute la barbe.
Au fur et à mesure que le technicien tape, les lunettes, la barbe et la moustache d'Arthur Grable disparaissent.
Technicien : Et ensuite ?
Mulder : Cheveux très courts, avec un front légèrement dégarni. Enlevez les lunettes.
Le visage à l'écran ressemble trait pour trait à Roland.
Scully : C'est Roland.
Mulder : À quelques kilos près.
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Mulder parle à Roland au centre de réinsertion.
Mulder : Parle-moi de tes rêves, Roland. (Il ne répond pas.) C'est bon, je ne le dirai à personne. (Toujours pas de réponse.) Tu sais, j'ai fait un rêve la nuit dernière. J'ai rêvé que je nageais dans une piscine. Je voyais mon père sous l'eau, mais quand j'ai plongé, l'eau m'a piqué les yeux. Il y avait un autre homme à la piscine, qui me regardait. Il m'a contrarié. Il me posait des questions auxquelles je ne voulais pas répondre. Et j'ai dû partir. Je ne trouvais pas mon père.
Roland : Je ne peux pas te raconter mes rêves.
Mulder : Pourquoi ?
Roland : Mauvais.
Mulder : (posant la main sur l'épaule de Roland.) Tes rêves sont mauvais, Roland. Pas toi. Tu es quelqu'un de bien.
Roland : J'ai frappé Tracy.
Non loin de là, Tracy regarde Roland.
Mulder : Tes rêves te poussent à frapper Tracy ?
Il hoche la tête. Mulder aperçoit un vaisseau spatial télécommandé sur l'étagère. Il le ramasse.
Mulder : Tu sais comment ça marche, Roland ?
Roland : Oui.
Mulder pose le jouet par terre et donne la télécommande à Roland. Il actionne la commande et le vaisseau glisse sur le sol.
Mulder : Tu vois, la façon dont tu utilises ce jouet est similaire à ce qui t'arrive. Tu es le vaisseau, Roland, et tes rêves sont les commandes.
Roland : Mais qui… qui contrôle les commandes ?
Mulder : (lui montrant une photo d'Arthur Grable) Tu as vu cet homme récemment ?
Roland regarde la photo et réagit fortement. Il a des visions de deux petits garçons, des jumeaux, courant sur un perron. L'un, en pleurs, est installé dans une voiture, tandis que l'autre reste sur le perron. Une voix dit : « Dis au revoir à Roland. » Il voit alors la tasse de café se briser sur la tête de Keats, Surnow voler vers le réacteur, la tête de Keats gelée et Tracy étranglée. Roland hurle et se débat sur sa chaise.
Mulder : (tentant de le calmer Roland ! Roland ! Roland, arrête !
Il sort de la pièce en hurlant. Tracy le suit.
Tracy : Roland !
Scully et Mme Stodie ont entendu le bruit et sont sorties pour voir Tracy suivre Roland dans les escaliers. Roland s'enferme de nouveau dans la salle de bains.
Tracy : Roland ! Roland !
Mulder : (montant à l'étage avec Scully et Mme Stodie) Nous devons prendre des dispositions pour que Roland soit placé sous observation.
Tracy : (à la porte de la salle de bains) Roland ! Roland !
Roland a une vision de la vitre de la salle de bains brisée. Quelques instants plus tard, un bruit de fracas retentit.
Mulder : Il essaie de s'échapper.
Tracy : Roland ! Roland !
Mulder descend les escaliers en courant et sort, à la recherche de Roland.
Mulder : Roland ! Roland ! Roland ! Roland ! Roland !
Il ne le trouve pas. À l'étage, Scully regarde par la fenêtre brisée.
SCÈNE 9
LABORATOIRE DE PROPULSION MAHAN
Tard dans la soirée, Mulder et Scully se trouvent dans un couloir. Il vient de raccrocher le téléphone.
Mulder : Nollette a disparu. On devrait demander à un agent de sécurité de le retrouver.
Scully : Mulder, personne ne va t'apporter quoi que ce soit une fois que tu auras expliqué ta théorie sur la façon dont Roland Fuller a pu commettre ces meurtres.
Mulder : Tu as un frère, n'est-ce pas, Scully ?
Scully : Oui. J'en ai un plus âgé et un plus jeune.
Mulder : Eh bien, as-tu déjà pensé à appeler l'un d'eux toute la journée, puis tout à coup, le téléphone sonne et c'est l'un d'eux qui t'appelle ?
Scully : Est-ce que ce discours va finir par me permettre de réduire mes frais d'appels longue distance ?
Mulder : Je crois aux liens psychiques, et les preuves suggèrent qu'ils sont plus forts entre les membres d'une même famille, et encore plus forts entre des jumeaux qui ont partagé le même utérus.
Scully : D'accord, peut-être. Mais dans ce cas précis, l'un des frères a des liens plus étroits avec une glace au chocolat qu'avec son propre frère.
Mulder : Arthur Grable n'est pas mort. Il se trouve dans un état de conscience dont aucun être humain n'est jamais revenu. Et si cet état permettait de développer des capacités psychiques à un niveau que l'esprit conscient est trop préoccupé pour explorer ou croire ? Il pourrait utiliser ce pouvoir pour contrôler son frère et le pousser à tuer ces scientifiques.
Scully : Mais pourquoi ? Il travaillait avec ces collègues depuis des années.
Mulder : Eh bien, c'est une question à laquelle seul le Dr Nollette peut répondre.
Scully : D'accord. Allons-y. Je dois appeler mon frère.
Alors qu'ils s'éloignent, Nollette les observe sur un écran de vidéosurveillance. Il a entendu leur conversation. L'écran les montre en train de marcher dans le couloir.
Mulder : Il faut qu'on trouve Nollette.
Scully : Allons parler à la sécurité du campus.
Mulder : On va par là ?
Il pointe tout droit devant lui.
Scully : Non, on va à gauche
Mulder suit Scully.
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Plus tard, Nollette se trouve à la Fondation Avalon.
Dr Nollette : Eh bien, où que tu sois, Arthur, je suis sûr que tu apprécieras ça.
Nollette enveloppe un badge dans du papier d'aluminium et le passe devant un lecteur. La porte s'ouvre et il se dirige vers le caisson d'Arthur Grable. À l'aide d'un stylo, il appuie sur les boutons du panneau de commande. L'affichage de la température commence à monter, jusqu'à -312 °C, tandis que Nollette s'en va.
De retour au Laboratoire de propulsion Mahan, Roland écrit, à deux mains, de chaque côté d'un cahier. La température dans le caisson de Grable atteint -307 °C et Roland réagit, l'air légèrement mal à l'aise. Il continue à écrire des équations dans le cahier.
SCÈNE 10
SIÈGE RÉGIONAL DU FBI, SEATTLE, WASHINGTON
Scully et Mulder examinent le dossier. Scully lit un extrait.
Scully : Arthur et Roland Grable, nés à l'Hôpital du Puget Presbyterian de M. et Mme Louis Grable, le 15 juillet 1952. Arthur est né quatre minutes avant Roland.
Elle lui tend le dossier.
Mulder : Des jumeaux monozygotes.
Scully : Ce qui signifie qu'ils sont issus d'un seul ovule fécondé par un seul spermatozoïde.
Mulder : J'ai lu des études qui suggèrent que, dans certains cas, le jumeau identique apparaît très tôt au stade embryonnaire lorsqu'une mutation dans une cellule est rejetée par les autres cellules comme étant étrangère.
Scully : L'état de Roland serait donc peut-être dû à un chromosome endommagé rejeté par une cellule d'Arthur ?
Mulder : D'une certaine manière, cela expliquerait le génie d'Arthur et l'étrange don de Roland pour les mathématiques.
Scully : D'une certaine manière. (Le téléphone sonne) (Au téléphone) Agent Scully.
Barrington : (Au téléphone) Ici Larry Barrington de la Fondation Avalon. Nous avons un problème.
Barrington est au téléphone. Il se trouve près du réservoir d'Arthur Grable, dont la température est maintenant de -168.
Scully : Oui.
Barrington : La nuit dernière, il y a eu une intrusion dans nos locaux. C'est exact. Oui, c'est le box d'Arthur Grable. Son thermostat interne a été saboté.
Scully : Y a-t-il eu des lésions tissulaires ?
Barrington : Nous essayons de l'évaluer. La température continue d'augmenter. Quelque chose bloque l'accès au système de refroidissement.
Scully : (raccroche) (à Mulder) Quelqu'un a trafiqué la capsule d'Arthur Grable..Ils essaient de la stabiliser en ce moment.
Mulder : Nollette ?
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Au laboratoire, Roland manipule la soufflerie, tapant frénétiquement sur le clavier. Il transpire. La température du réservoir d'Arthur Grable continue de monter. L'indicateur de Mach oscille autour de 13,8 et Roland semble malade. Il tape encore quelques caractères et gémit.
Roland : Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Il se concentre, et la température du réservoir d'Arthur Grable passe de -158 à -161. Il tape à nouveau, le moteur accélère et l'indicateur de Mach grimpe jusqu'à 15,13. Une cloche retentit et Nollette apparaît derrière Roland.
Dr Nollette : « Si j'ai vu plus loin que d'autres, c'est parce que j'étais juché sur les épaules de géants. »
Roland : Non. Ce n'est pas le vôtre !
Dr Nollette : C'est incroyable. Il y a ce corps, assis là devant moi, qui parle. Mais c'est vous qui le contrôlez, Arthur.
Roland : Vous… avez volé mon travail !
Dr Nollette : À quoi vous aurait servi votre travail ? Vous êtes mort avant de pouvoir le terminer, avant de pouvoir le publier.
Roland : C'était le mien !
Dr Nollette : Et un travail brillant, en plus. Quand j'ai vu ce qui était écrit au tableau, j'ai su que quelqu'un avait trouvé la clé. Mach 15 était à notre portée. Notre avenir était assuré. Ironique, n'est-ce pas ? Vous avez fait tout le travail, et je récolte toute la gloire.
Roland : (criant) Non !
Nollette sort un pistolet de sa poche.
Dr Nollette : Oui. Oui, Arthur. J'étais là, je travaillais sur le problème d'admission d'air, à deux doigts de trouver une solution quand vous m'avez attaqué. (Il repousse Roland et s'installe aux commandes.) Heureusement, j'avais une arme sur moi. Après le meurtre de mes collègues, qui pourrait m'en vouloir ?
Roland a une vision de Nollette fonçant vers le réacteur.
Roland : Non !
Nollette regarde le travail de Roland sur l'écran d'ordinateur et tape.
Dr Nollette : C'est… c'est intéressant. (Rires) J'ai trouvé. C'est ça. J'ai trouvé.
Roland s'empare d'un clavier et frappe Nollette avec, le faisant tomber au sol.
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Mulder et Scully arrivent devant le laboratoire. Ils frappent à la porte et présentent leurs badges ; un garde les laisse entrer.
La porte de la soufflerie se referme, Nollette étant à l'intérieur. Aux commandes, Roland peine, puis se met à taper. Nollette reprend conscience dans la soufflerie au moment précis où le moteur démarre. Il se dirige vers la fenêtre et frappe dessus, fixant Roland du regard.
Dr Nollette : Arthur ! Arthur, ouvre la porte ! Arthur !
Mulder et Scully courent dans les couloirs. Nollette retourne vers l'entrée de la soufflerie tandis que l'indicateur de Mach atteint 1,0. Scully passe son badge à travers la porte et ils entrent. Nollette s'agrippe à la grille métallique de la soufflerie. Mulder se dirige vers les commandes, mais ne sait pas comment les utiliser. La vitesse du vent dépasse Mach 3,0 et Nollette est maintenant suspendu horizontalement à la grille.
Mulder : (à Roland) Arthur, comment arrêter ça ? Dis-moi comment ! Arthur !
Scully se place entre Roland et Mulder.
Scully : (à Mulder) Attend. (à Roland) Roland, nous avons besoin de votre aide. S'il vous plaît, nous avons besoin de votre aide pour arrêter la machine.
Roland a des flash-backs de la séparation des jumeaux. Une femme dit : « Au revoir, Roland. Arthur, dis au revoir à ton frère. »
Scully : Essayez de vous souvenir comment. Roland, vous devez l'aider, sinon il va mourir.
Le tunnel est à Mach 4.0. Nollette s'accroche de justesse. Roland a un flash-back de la voiture qui l'emporte tandis que la voix de la femme dit : « Fais un signe d'adieu, Arthur. » Alors que le tunnel atteint Mach 7.0, Roland se dirige vers le clavier, mais semble incertain.
Mulder : Allez, Roland.
Roland : Je ne me souviens pas.
Il finit par entrer une commande et le moteur commence à ralentir juste au moment où Nollette perd prise. Il dévale le tunnel à toute vitesse mais atterrit à quelques mètres devant le moteur. Scully pose la main sur l'épaule de Roland et lui adresse un signe de tête rassurant.
La température du réservoir d'Arthur Grable atteint -150 degrés et une alarme retentit.
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Une voiture de police de Colson est garée devant le centre de réinsertion.
Scully : Il sera placé en observation psychiatrique pour évaluation.
Mme Stodie : Est-il accusé d'un crime ?
Scully : Le procureur n'a pas encore pris de décision.
Mulder : Mais nous avons recommandé qu'il soit placé sous votre garde dès que le tribunal le jugera opportun.
Mme Stodie : Comment cela a-t-il pu arriver ? Roland n'a jamais manifesté de tendances violentes.
Mulder : Je suis convaincu qu'il n'agissait pas de son plein gré.
Scully fixe Mulder du regard.
Mme Stodie : Que voulez-vous dire ?
Mulder ouvre un carnet et le lui montre.
Mulder : C'est le travail d'Arthur Grable, le frère de Roland. C'est une nouvelle théorie de la propulsion à réaction, inachevée à sa mort. Ces deux dernières semaines, Roland a terminé les calculs.
Mme Stodie : Comment ?
Mulder s'apprête à répondre, mais Scully l'interrompt.
Scully : Nous n'en sommes pas sûrs, Mme Stodie. Tout ce que nous savons, c'est que Roland a réussi, d'une manière ou d'une autre, à terminer les recherches de son frère.
Roland plie une chemise et la range dans une valise. Tracy entre dans la pièce.
Tracy : Roland ? Où vas-tu ? Roland, ne pars pas.
Roland : Je dois y aller.
Tracy : D'accord. Très bien.
Blessée, elle se dirige vers la porte. Roland la rappelle.
Roland : Tracy. Attends.
Il prend son bocal d'étoiles et le lui tend.
Roland : Garde mes étoiles.
Elle se met à pleurer lorsqu'il passe devant elle.
Tracy : Je t'aime.
Roland : Moi aussi.
Il croise Mulder et Scully dans le couloir et leur fait un signe d'adieu. Il s'arrête devant un miroir pour se recoiffer et se regarde longuement avant de s'éloigner.
FIN