Scene 1
Forêt nationale d'Olympia ; Nord Ouest de l'Etat de Washington ; De nos jours
Dyer : Tu es censé être responsable, Perkins.
Perkins : Je le suis.
Dyer : Ces hommes veulent des réponses. Quel est ton plan ? Ce truc peut tous nous tuer.
Perkins : On aurait dû partir il y a 2 jours. Personne ne m'a écouté.
Dyer : On ne savait pas ce que c'était. On ne le sait toujours pas.
Perkins : Il faut aller chercher de l'aide.
Dyer : Et ceux qui restent ? Attendre l'arrivée de l'aide ?
Perkins : L'un de nous doit partir !
Dyer : Il n'atteindra peut-être pas la route avant la nuit ! Et alors ? Je propose que nous fuyions. On se sépare, chacun pour soi.
Perkins : C'est du suicide, Dyer.
Dyer : Bien. Tu restes là, tu me raconteras comment ça s'est terminé.
Un groupe de 3 hommes se constitue finalement.
Le 3eme homme : Tu vas dans le mauvais sens !
La nuit est tombée. Tout le monde court, paniqué et Dyer tombe. Il se casse la cheville.
Dyer : Je me suis cassé un truc.
Perkins : Allez, lève-toi !
Dyer : Je n'y arriverai pas.
Perkins : On doit avancer !
Ils crient en voyant quelque chose fondre sur eux.
Dyer : On n'y arrivera pas !
Scene 2
Service des Affaires non classées ; QG du FBI; Washington, D.C.
Mulder (montrant une photo) : Regarde bien, Scully.
Scully : Qu'est-ce que c'est ?
Mulder : 30 bûcherons travaillant sur une coupe dans l'Etat de Washington. Des hommes durs, virils, dans la force de l'âge.
Scully : Mais qu'est-ce que je cherche ?
Mulder : Une chose étrange, inexplicable, improbable... un petit-ami ?
Scully : Je ne sais pas. J'abandonne, Mulder.
Mulder : Tu abandonnes ? C'est ce que l'Office fédéral des forêts a fait.
Scully : Que leur est-il arrivé ?
Mulder : Ils ont disparu. À ce qu'il semble. (ils montrent des hommes) Voici Doug Spinney et Steven Teague. Des "clés à molette", des types qui sabotent le matériel d'abattage et font la vie dure aux bûcherons.
Scully : Eco-terroristes ou activistes de l'environnement.
Mulder : Il y a 2 semaines, selon le message radio de ces bûcherons, Spinney et Teague sont partis en campagne. Sabotant le matériel, semant des embûches. Une semaine plus tard,
la communication radio fut coupée.
Scully : Savent-ils pourquoi ?
Mulder : Non. La société d'abattage a demandé à l'Office fédéral des forêts d'enquêter. Deux officiels furent envoyés. Et ils ont disparu.
Scully : Ces "clés à molette" font plus que semer des embûches.
Mulder : C'est ce que pense l'Office fédéral des forêts. Ils ont demandé au FBI d'enquêter. J'ai dû jouer du piston pour avoir l'affaire.
Scully : Pour une affaire d'éco-terrorisme ? Pourquoi ?
Mulder : En 1934, bien avant qu'on sache ce qu'était un éco-terroriste, une équipe de WPA travaillant dans cette zone a disparu. On n'a retrouvé aucun de ces hommes depuis.
Scully : Et tu soupçonnes... Quoi ? (goguenarde) Big Foot ?
Mulder : Peu probable. Ca ferait beaucoup de flanelle à avaler même pour Big Foot ! (elle sourit) Allez, Scully, ça sera une belle balade en forêt.
Scene 3
Forêt nationale d'Olympia ; Nord Ouest de l'Etat de Washington ; De nos jours
Nos agents font la rencontre du Ranger Moore.
Mulder : Salut. Fox Mulder et Dana Scully. On est du FBI.
Moore : Larry Moore, Office fédéral des forêts. Mettez votre matériel à l'arrière.
Scully : Ca doit être assez rude là où on va.
Moore : Ouais.
Mulder (avisant le pare-brise abîmé) : Est-ce un trou de balle dans le pare-brise ?
Moore : Calibre 22.
Mulder : On vous a tiré dessus ?
Moore : Il n'y a pas grand chose à chasser par ici avec un 22, sauf les Freddies.
Scully : Les Freddies ?
Moore : L'Office fédéral des forêts. Comme nous appellent les éco-terroristes.
Mulder : Vous pensez qu'ils ont tiré sur vous ?
Moore : Laissez-moi vous dire un truc. Je n'ai rien contre les éco-terroristes en principe. Je suis aussi inquiet pour la forêt et l'environnement que quiconque. C'est leurs méthodes que je désapprouve.
Scully : Iraient-ils jusqu'à tuer un homme ?
Moore : On a 30 disparus, tous ayant l'expérience de la survie. Il leur est arrivé quelque chose.
Un autre homme arrive vers eux.
Humphreys : Désolé pour le retard. Je parlais à la femme de Bob Perkins. L'un de nos bûcherons disparus. (il se présente) Steve Humphreys, chef de la sécurité de l'abattage Schiff-Immergut.
Mulder : Mulder, Scully.
Humphreys : C'est à 4 heures de route. Assez longtemps pour faire connaissance.
Ils montent dans la voiture.
Scully (murmurant à son partenaire) : J'ai l'impression qu'on a débarqué au milieu d'une guerre déjà commencée. (à voix plus haute) Pourquoi travaillent-ils aussi loin dans la nature ?
Humphreys : C'est là que sont les arbres.
Scully : Vous plaisantez, hein ?
Humphreys : Non, les écologistes ont fait en sorte que ce terrain soit intouchable. Ca nous fait prendre le bois où on peut. On plante un arbrisseau pour chaque arbre abattu.
Mulder : Alors pourquoi vous visent-ils ?
Humphreys : Ces amateurs d'arbres sont du même type que ceux qui ont fui au Canada
pendant la guerre du Viêt-nam. Des lâches.
Moore (en sentant que la voiture fait une embardée avant de s'arrêter brusquement) : Merde ! (ils sortent pour constater l'origine du problème) Une pointe à pneu faite maison : droit dans le flanc. Irréparable.
Mulder : Et la roue de secours ?
Humphreys : Le pneu droit est foutu aussi. Les activistes appellent ça un chardon. Les routes en sont truffées. Imaginez quelqu'un mettant ça dans les rues de Washington. J'aimerais savoir
s'il recevrait des félicitations !
Scully : Comment atteindrons-nous le camp ?
Moore (en attrapant ses affaires à l'arrière) : On va devoir marcher.
Après un moment, ils découvrent une cabane abandonnée.
Moore : Y a quelqu'un ?
Mulder : Ils ont oublié de finir leur assiette.
Scully : On dirait qu'ils étaient pressés.
Humphreys : Une découverte ?
Mulder : Une pochette cadeau.
Humphreys : Les véhicules ont été sabotés. Le générateur est foutu.
Scully : On a mis cet endroit sens dessus dessous.
Humphreys : Et on ne voulait pas que ça se sache.
Ils sortent et retrouvent Moore vers les voitures abandonnées là.
Moore : Les radiateurs sont plein de riz. Du sucre ou du sable dans tous les carters.
Ils ont bien fait les choses.
Humphrey : Le soleil se couche dans une heure et demie.
Moore : Parcourons les lieux avant la nuit.
Humphreys : Je vais voir si je peux réparer ce générateur.
Scully (à Mulder maintent qu'ils sont seuls) : Tu avais raison sur un point.
Mulder : Lequel ?
Scully : Ce n'était pas Big Foot.
Moore, Mulder et Scully partent ensuite en exploration et découvre un étrange et énorme cocon pendu à une branche.
Mulder: Regardez ça !
Scully : C'est quoi ?
Moore : On dirait une ruche. Peut-être une sorte de cocon.
Mulder : Fait par quoi ?
Moore : Je ne sais pas. Je n'ai jamais rien vu de pareil.
Il est décidé qu'il faut pratiqer un test dessus. Scully, plus petite et légère que les autres, grimpe à l'arbre.
Scully : Je l'ai.
Moore : Pouvez-vous le couper ?
Scully : Oui, je crois.
Elle s'apprête à le découper quand quelque chose attire son regard.
Mulder (inquiet) : Ca va, Scully ?
Elle acquisece et le cocon est descendu avant d'être éventré.
Scully : Oh, mon Dieu ! (un corps apparaît) On dirait... qu'il est desséché, dur et sec. Presque conservé. (elle l'examine de plus près)
Moore : Comme s'il était embaumé.
Scully : Non, plutôt comme si tous les fluides avaient été purgés du corps. Presque comme s'il avait été séché. Je crois... que c'est un mâle.
Mulder : À peine.
Moore : Je dirais que c'est une sorte de toile d'araignée ou de cocon d'insecte.
Scully : Quelle sorte d'insecte aurait traîné un homme jusqu'en haut de cet arbre ?
Mulder : Une minuscule araignée.
Pendant ce temps, au camp, Humphrey est abordé par l'un des bûcherons portés disparus.
Humphrey (s'armant) : Ne bougez plus ! Qui êtes-vous ? (il reconnait l'homme) Doug Spinney. Je devrais vous tuer.
Spinney : Vous feriez mieux de vous tuer.
Humphreys: Ne me mettez pas à l'épreuve. Qu'est-il arrivé à mes hommes ?
Spinney : Quels hommes ?
Humphreys : Ceux qui travaillaient dans ce camp.
Spinney : La même chose que ce qui nous arrivera quand le soleil se couchera.
Le trio arrive.
Mulder (notant la présence du nouveau venu) : Que faites-vous ?
Humphreys : Cette brute est Doug Spinney. Il est responsable des dégâts. Sans doute un assassin.
Spinney : Non.
Humphreys : Menteur !
Mulder : Ecoutons ce qu'il a à dire.
Spinney : Si nous restons ici à discuter, il n'y aura plus rien à dire. Réparons plutôt le générateur. L'obscurité est notre ennemi.
Humphreys : De quoi parle-t-il ?
Spinney : Quelqu'un veut bien m'aider ?
Humphreys : Il donne des ordres ? J'ai réparé ce truc !
Mulder (tentant de calmer le jeu) : Hé, ça va. Pourquoi l'obscurité serait notre ennemi ?
Spinney : C'est là qu'ils viennent.
Scully : Qui vient ?
Spinney : Je ne sais pas ce que c'est. Ils viennent du ciel. Ils attrapent un homme
et le mangent vivant. (tout le monde semble sceptique) Je l'ai vu.
Mulder : C'est arrivé à qui ?
Spinney : J'ai faim. Je n'ai pas mangé depuis 3 jours.
Ils rentrent dans la cabane après avoir activé le générateur.
Humphreys : C'est quoi ces salades ? Vous y croyez ?
Scully : On a trouvé un truc dans la forêt.
Humphreys : Quoi ?
Moore : Un homme pris dans une sorte de cocon d'insecte.
Ils interrogent alors Spinney.
Mulder : Que s'est-il passé ?
Spinney : Nous campions 2 vallées plus loin. Nous étions 4 ; 3 maintenant.
Humphreys : Un sot en fait cent.
Spinney : Notre batterie était à plat. On a tiré à la courte-paille qui viendrait en voler une aux bûcherons.
Mulder : Pourquoi ne pas marcher ?
Spinney : C'est à plus d'une journée de marche. On ne voulait pas être surpris par la nuit. Pas après ce qui est arrivé à Teague.
Scully : L'homme qui a été mangé vivant ?
Spinney : Ouais.
Mulder : Que faites-vous ici ?
Spinney : Du camping.
Humphreys : Votre genre de camping est un crime.
Mulder : Attendez.
Moore : Il a raison. Cet homme est un criminel. Il pourrait être arrêté.
Spinney : Et votre crime, mon ami ? Votre crime contre la nature !
Humphreys : Nous respectons la loi. Nous payons pour abattre ces arbres.
Spinney : Ah, ouais ? Vos bûcherons abattent des arbres sur lesquels personne n'a de droit. Des arbres protégés ! Alors ne me parlez pas de violation de la loi !
Moore : Ils ont abattu des arbres protégés ?
Spinney : Oui, monsieur.
Moore : Des arbres anciens ? Vous le saviez, Steve ?
Humphreys : Non. Vous croyez cet homme plutôt que moi ?
Spinney (le voyant s'apprêter à sortir) : Ne sortez pas la nuit. Croyez-moi pour ça. C'est là, dehors.
Humphreys : Si je sors, on va m'attaquer, me manger vivant et m'enrouler dans une toile ?
Spinney : Oui.
Humphreys (moqueur) : Ils sont trop polis pour venir m'attraper ici ?
Spinney : Pour une raison quelconque, ils craignent la lumière.
Humphreys : Ils craignent la lumière !
Moore : Il dit peut-être vrai.
Humphreys : Cet assassin est juste assez malin pour inventer cette histoire et fabriquer ce cocon pour sauver quelques arbres. Et je vais prouver que j'ai raison. (il sort, l'arme au poing) C'est ridicule ! Où sont-ils, Spinney ? Je pensais qu'ils allaient venir me dévorer ! Hé, me voilà !Sortez, sortez, où que vous soyez ! Ne soyez pas timides. Allez ! (rien ne se produit) C'est comme je vous l'ai dit. Il n'y a rien ici, que des arbres. Que cet homme apprécie plus que la vie humaine. Je veux le voir accusé de meurtre.
Scully (à Mulder) : Qu'en penses-tu ?
Mulder : Je pense que je vais suggérer qu'on dorme avec la lumière.
Le lendemain, Spinney les conduit à un arbre marqué d'une croix orange.
Spinney : Vous voyez ce sapin de Douglas ? Ici depuis la nuit des temps, et vos hommes l'ont abattu.
Scully : Qui marque ces arbres ?
Moore : L'Office des forêts. Vous ne devez couper que les arbres marqués d'un X bleu.
Mulder : Cet arbre a des centaines d'années.
Scully : On tire beaucoup de bois d'un vieil arbre.
Spinney : Des milliers de stères. Plus facile que de couper de petits arbres.
Humphreys : Les activistes tel Spinney sont capables de marquer les arbres.
Moore : Cet arbre a au moins 500 ans.
Mulder (montrant un cercle vert-jaune sur le tronc) : Regardez ça. Qu'est-ce que ça représente ?
Moore : Je ne sais pas. Je n'ai jamais vu d'anneau pareil avant.
Scully : Ces anneaux centraux sont les plus vieux ?
Moore : Chacun représente une saison de croissance. Vous voyez ceux-là ? Ils ont 500, 600 ans. Ils contiennent l'histoire des pluies et du climat. Mais celui-ci, je ne sais pas. Je devrais prendre une carotte.
Humphreys : On a fini cette balade écolo ? Je veux savoir ce qui est arrivé aux bûcherons.
Scully : Nous essayons de le découvrir.
Humphreys : En examinant une souche ? (il montre Spinney) Interrogez cet homme.
Mulder : Je ne pense pas qu'il l'ait fait.
Humphreys : Je veux son arrestation.
Mulder : Il ne va nulle part.
Humphreys (perdant patience) : Pas avec une arme pointée sur lui. Qu'arrivera-t-il si ses amis se montrent et vous font ce qu'ils ont fait à ces agents de l'Office des forêts ?
Moore (se voulant apaisant) : Je veux juste prendre une carotte.
Humphreys : Des familles veulent savoir ce que sont devenus leurs proches ! On ne les trouvera pas dans cet arbre !
Spinney : Le seul crime est la mort de cet arbre.
Humphreys : Nous verrons.
Il commence à s'en aller.
Moore : Steve, où vas-tu?
Humphreys : Au camion. Je vais klaxonner et attirer des gens qui feront quelque chose.
Moore : Steve !
Spinney : Laissez-le. Laissez-le découvrir par lui-même.
Les 4 membres restant regagnent la cabane et examinent l'échantillon au microscope.
Moore : C'est bizarre. Quelque chose vit dans cet anneau jaune. Une sorte de... minuscule insecte. Ca n'a aucun sens.
Mulder regarde à son tour.
Scully : Pourquoi pas ?
Moore : Eh bien, les parasites attaquent un arbre de diverses façons mais ils attaquent toujours
les parties vivantes. Les feuilles, les racines, les nouveaux anneaux. Même si c'est une sorte de térébrant, il n'irait pas aussi profond.
Mulder : Ils se nourrissent du bois de l'anneau.
Scully : Pouvez-vous les identifier ?
Moore : Une sorte d'acarien du bois. Je n'en ai jamais vu avant.
Mulder : Peuvent-ils y être depuis des siècles ?
Moore : Je ne vois pas comment. Ces anneaux internes sont du bois mort. Le système vasculaire de l'arbre se limite aux anneaux externes. Ils ont besoin d'eau pour survivre.
Scully : On dirait qu'ils sortent du bois poreux. En prenant cette carotte, vous avez dû puiser dans un grand nid.
Spinney : Peuvent-ils construire un cocon ? Teague est mort juste après que cet arbre a été abattu. Les bûcherons ont disparu à peu près au même moment.
Scully : Les acariens les auraient tués ?
Spinney : Peut-être qu'ils dormaient depuis des siècles et se sont réveillés affamés.
Ailleurs, Humphreys tente de faire fonctionner le klaxon d'un camion avant d'être attaqué et tué par les insectes.
Humphreys : (il n'y a pas de clef sur le contact) Merde ! Très bien, les "clés à molette", sortez ! Je sais ce que vous préparez !
Dans la cabine, l'absence d'Humphrey inquiète et la nuit est tombée.
Moore : Humphreys devrait être rentré.
Scully (regardant le prélèvement) : Ces insectes ne bougent plus. Ils sont morts ou endormis.
Spinney : Ils n'aiment pas la lumière.
Scully : C'est bizarre. Les autres insectes sont attirés par la lumière.
Spinney : Ce ne sont pas des insectes ordinaires. C'est le moins qu'on puisse dire.
Pendant ce temps, Mulder examine la cabane et découvre une étrange pellicule en son sein.
Mulder : Scully. Que sais-tu sur les insectes ?
Scully : Ce que j'ai appris en cours de biologie. Qu'ils sont la fondation de notre écosystème, qu'il y en a plein : 200 millions par personne sur Terre.
Mulder : Et ils existent depuis longtemps?
Scully : Environ 600 millions d'années. Même avant les dinosaures. Pourquoi ?
Mulder : Et cet arbre a quoi ? 5, 6, 700 ans ?
Moore : Ouais.
Mulder : Les anneaux indiquent les changements de climat. Donc durant cette année ou saison
de la vie de cet arbre, un événement étrange a produit cet anneau.
Scully : Comme quoi ?
Mulder : Une éruption volcanique. Cette chaîne de montagnes de Washington à l'Oregon est encore en activité. Vous vous rappelez le Mont Ste Hélène ?
Scully : Et ça explique les insectes ?
Mulder : Après l'éruption, des radiations furent libérées de l'intérieur de la Terre. Des choses étranges poussèrent. Comme une amibe capable d'aspirer un cerveau humain.
Scully : Une amibe suceuse de cerveau !
Spinney (volant au secours de Mulder que sa collègue ne semble pas prendre au sérieux) : C'est vrai. Au Lac Spirit, on a signalé des cas de nageurs infectés.
Scully : Une amibe à cellule unique peut évoluer. Mais un insecte est complexe. Une mutation prendrait des années.
Mulder : Peut-être que ce que nous avons là n'est pas une mutation. Et si cet anneau renfermait des larves d'insectes disparus, déposées par l'activité volcanique, et ramenées à la surface par les racines ? Des oeufs d'insectes antiques, vieux de milliers, de millions d'années, qui dormaient jusqu'à...
Spinney : Jusqu'à ce que les bûcherons abattent l'arbre. Ce ne serait que justice, non ? Déclencher ce qui finirait par les tuer. Et votre ami Humphreys. Et, qui sait... nous aussi peut-être. Faites de beaux rêves.
Moore (se voulant rassurant) : Humphreys est peut-être parti à pied. On n'en sait rien. Peut-être nous laissons-nous emporter avec cette histoire d'insectes.
Mulder : Ouais, peut-être.
A l'aube, Mulder voit Spinney à l'extérieur en train de trafiquer la voiture.
Mulder : Vous allez quelque part ?
Spinney : Non, je...
Mulder : Vous répariez la voiture. On dirait que vous alliez filer.
Spinney : Je dois sauver mes amis. Leur générateur ne fonctionnera que 15, 20 heures maximum. Ils vont mourir.
Mulder : Pourquoi partir furtivement ?
Spinney : Le Freddie ne me laisserait pas partir. Il ne me ferait pas confiance.
Mulder : Il n'a aucune raison de le faire. Moi non plus.
Spinney : Je peux tous nous sauver. On a une Jeep là-bas. Elle a besoin d'une batterie. Je reviendrais dans la matinée. On pourrait tous partir demain. Vous devez me faire confiance.
Mulder le laisse partir et utilise son temps pour réparer la radio. Ca fonctionne mais ça grésille.
Mulder : La radio fonctionne à nouveau.
Scully : Ca marche ?
Mulder : Pas de réception. Le récepteur est peut-être foutu.
Scully : L'émetteur ? Peux-tu envoyer un message ?
Mulder : On peut essayer. (il applique de suite la demande de sa comparse) Ceci est un appel à l'aide. Y a-t-il quelqu'un sur cette fréquence ? Ici l'agent spécial Mulder, FBI. On a une urgence et peut-être une situation de quarantaine. Notre position est... (tout à coup, le générateur cesse de fonctionner) Qu'est-il arrivé au générateur ?
Moore : Je l'ai éteint.
Mulder : Rallumez-le.
Moore : Qu'est devenu le jerrycan d'essence ?
Mulder : Spinney l'a pris.
Moore : Il l'a pris ? Vous voulez dire qu'il est parti ?
Mulder : Il a pris une batterie et de l'essence. Il reviendra demain matin.
Moore : Il s'en est porté garant ?
Mulder : Il m'a donné sa parole, oui.
Moore : L'homme qui vous a donné sa parole a fait un art du sabotage et du défi de l'autorité. C'est sans doute lui qui a mis une balle dans mon pare-brise.
Mulder : Au moins maintenant, on a une chance de s'en sortir vivants. Ca fait une de plus qu'avant.
Moore : Ou une de moins.
Scully : Comment ça ?
Moore : Mulder l'a laissé partir avec l'essence. Ce générateur n'a plus qu'un quart de réservoir.
Scully : Et les camions ?
Mulder : Leurs réservoirs sont troués ou remplis de sucre.
Moore : Par le même homme sur lequel Mulder nous demande de compter.
Scully : Essayons d'établir un contact radio et lancer un SOS.
Moore : Chaque goutte de carburant alimentera ce générateur ce soir. Je ne vais pas espérer
que quelqu'un entende notre message et voir ce truc s'arrêter vers deux heures du matin. Et vous ?
Scully regarde Mulder avec insistance mais il refuse de croiser son regard et préfère rentrer dans la cabane. Scully le suit.
Scully : Mulder.
Mulder : Ecoute, c'est fait. Je n'aurais pas dû le laisser partir. Oublions ça, OK ?
Scully : Bien. Que suggères-tu ?
Mulder : Je ne sais pas. Nous trouverons quelque chose.
Scully : Je crois que nous avons une bonne idée de qui est arrivé à ces bûcherons et au groupe de 1934.
Mulder : Ils n'ont trouvé qu'un cocon.
Scully : La forêt est vaste.
Mulder : Qu'aurais-tu fait ?
Scully : Aurais-je pris seule une décision qui concernait le groupe ?
Mulder : Laisse tomber les sermons !
Scully : Que veux-tu que je te dise ? Admettons-le, on risque de mourir. On trouvera peut-être
nos corps dans les arbres ou on ne nous trouvera pas du tout !
Mulder : Tu as raison. Et nous perdons du temps à nous disputer.
Scully : Que vas-tu faire ?
Mulder : Calfeutrer cet endroit. Si nous devons y passer la nuit, on doit s'assurer que les insectes restent dehors.
Peu après, Moore les rejoint avec de la nourriture et une ampoule.
Moore : Faites-y attention. C'est la seule ampoule qui marche.
La nuit est là désormais et le trio regarde avec inquiétude les insectes pénétrer dans les recoins d'ombre de la cabane.
Scully : Je les vois. Les gars, regardez ça. Ils passent par le mur, là où c'est sombre, vous les voyez ?
Elle passe alors dans un coin d'ombre et voit les insectes lui grimper dessus. Elle panique.
Scully (terrorisée) : Ils sont sur moi !
Mulder (voulant la rassurer) : Ca va aller, Scully. Scully, Scully
Scully : Enlevez-les ! Enlevez-les !
Moore (la voyant s'approcher dangereusement et ens e débattant près de l'ampoule) : Ne bougez pas !
Mulder : Arrête, arrête !
Scully : Tu les vois ? Enlève-les !
Mulder (la prenant par les épaules et la secouant fortement pour l'obliger à se calmer) : Ils ne sont pas que sur toi. C'est ce résidu graisseux, partout.
Scully : On était censés être en sûreté à la lumière !
Mulder : On l'est ! La lumière les empêche d'essaimer. On est en sûreté tant qu'on reste dans la lumière.
Fox s'asseoit près de Dana et ne la quitte pas une seule seconde avant de lui demander :
Mulder : Comment te sens-tu ?
Scully : Ca va. Ce sont des enzymes oxydantes. Comme les lucioles. C'est pour ça qu'ils mettent leur proie dans un cocon. Pour pouvoir oxyder les protéines puisées dans les fluides du corps. (la pâle lueur de l'aube commence à pointer le bout de son nez à l'extérieur mais le générateur donne des signes de faiblesse) Et si le générateur s'arrête ? Vont-ils grouiller ici et nous vider de notre vie ?
Mulder : Plus qu'une heure et demie avant l'aube.
Scully : Et ensuite ? Sortir d'ici prend plus d'une journée. On n'y arrivera pas à pied avant la nuit.
Mulder : Notre message a pu être entendu. Les secours sont peut-être en route.
Scully : Tu as passé cet appel il y a des heures. Les secours devraient déjà être ici.
Mulder : Eh bien, je compte encore sur Spinney. Il m'a promis de venir nous chercher.
Scully : Et sinon ?
Mulder : On trouvera quelque chose.
Le jour est levé. Mulder et Moore se rue à l'extérieur pour essayer de réparer un camion.
Mulder : Avez-vous une roue de secours dans le camion ?
Moore : Ouais.
Mulder : On peut réparer ça. Et avec votre roue de secours, on peut peut-être dévaler la montagne. Sinon, on peut utiliser la radio et les prévenir de ce qu'il y a ici.
Ils récupèrent la roue de secours et se rendent au camion. Ils y découvrent le corps d'Humphrey.
Moore : Vous voyez ça ?
Mulder : Ouais.
Ils entendent alors un faible bruit.
Moore : Ecoutez. Vous entendez ça ? C'est une voiture.
Mulder : Non, c'est une Jeep !
Spinney (au volant de la Jeep) : Partons ! Allez, allez !
Moore : Attendez ! Et le corps de Humphreys ?
Spinney : Laissez-le. J'ai envoyé un SOS.
Mulder : Qu'est-il arrivé à vos amis ?
Spinney : Ils n'ont pas survécu. On ne va pas survivre non plus à moins de se bouger le cul ! Allons-y ! (sur le chemin du retour, ils crèvent un pneu au mêm endroit que la fois précédente) Merde ! J'y crois pas !
Moore : On appelle ça marquer un but contre son équipe !
Les insectes passent à l'attaque et se ruent sur Spinney.
Mulder : Sortez de là ! Rentrez dans la voiture !
Les 3 survivants deviennent leurs nouvelles victimes. Le lendemain matin, un hélicoptère arrive tandis que trois camions s'arrêtent près de la jeep. Des hommes en descendent, tous vêtus de combinaisons de protection. Ils ouvrent la portière et regardent à l'intérieur. C'est un véritable chaos de cocons et de corps.
Secouriste : Evacuation d'urgence. Demandons une quarantaine pour deux, peut-être trois victimes d'une infection non diagnostiquée ou exposition à des agents biologiques inconnus. Je répète, évacuation d'urgence : deux, peut-être...
Scene 4
Zone de confinement ; Winthrop, Washington
Annonciateur : Attention à tout le personnel. Haut niveau de nettoyage biologique demandé au troisième étage.
Il transporte son maétirel dans une pièce où circulent plusieurs hommes en combinaison de confinement. L'un d'eux s'approche de Moore, allongé sur un brancard, branché à des machines. Il appuie sur quelques boutons, puis fait de même pour Scully. Mulder entre, gravement brûlé, vêtu de blanc, poussant une bouteille d'oxygène reliée à son nez.
Secouriste : Comment vous sentez-vous ?
Mulder : Mieux. Et le résultat des tests ?
Secouriste : Vos graphes respiratoires sont bons. Nous étions inquiets de l'étendue des dégâts causés par inhalation. Il y avait des concentrations du produit chimique luciférine.
Mulder : Qui est ?
Secouriste : L'enzyme présente dans les lucioles et les insectes bioluminescents. Nos entomologistes essaient de déterminer l'épithète des insectes que vous avez rencontrés.
Mulder se rend au chevet de sa partenaire.
Mulder : Scully ? Comment va-t-elle ?
Secouriste : Elle n'est pas sortie de l'auberge. Elle a perdu beaucoup de fluides. Encore 2 ou 3 heures d'exposition, et elle n'aurait pas survécu.
Mulder : Je lui avais dit que ce serait une belle balade en forêt. Comment allez-vous limiter ça à la forêt ? Et si l'essaim migre ?
Secouriste : Le gouvernement a lancé les procédures d'éradication. Grâce à une combinaison
d'incendies contrôlés et de pesticides, ils réussiront.
Mulder : Et sinon ?
Secouriste : Ce n'est pas une option, M. Mulder.